‹ Voyages et voyageurs, 18371854Chapitre 9 sur 13 · V0YAO8S · texte numérisé non relu

V0YAO8S

dom (jalmet (on 4 de lui un Traité dm eaux de PhnU^ière*), « on se baignoU ftvee beaucoup pku de précaution^ on n'm* trait dam Teau que jusqu'à mi-corps ou jusqu'à la poUrini^ et 00 ne permettait pas d'y mettre les mains... » D'un aulra çôié, moitié religion^ moitié routinei la série septénaire avait préTalu dans radmioistratioii des eaux. On 7 eonsaqfaitidDgt et im jours^ ni plus ni moins. Pourquoi Tingt et vu? On voua eût trouvé alors fort curieux de le demuider» et ai^jouiMl'kal même chacun se soumet à ce vidl usage sans savoir pour^ quoi. Je trouve pourtant dans un livre imprimé à Raon-rÉ* tapo ( \ (jsges), par s>oa auleur même, aujourd'hui imprimeur à Plombières, livre très-inconnu, très-sérieux et trèsH»ingu«' lier, toute une théorie sur le chiffre 3 combiné avec le chiffre 7, qui est peut-être, quoique appliquée à un ordre d'idées fort diifL'reiit et traitée avec une imperturbable gravité de

style et de dialectique, t'expUoaUun de cet usage immémorial des vingt et un hains.

Dans le nouiltre se;)f, écril M. Docteur, se trouvent enfermées toutes les attributions cariicléristiques du feu élémentaire et du feu dss esprits... Le nombre sej^t, eu effet^ est un nombre privilégié de l'Bfiritaie stinte, et on toit dans ce litre ditin qu'il fomie en qaekpM sorte le poiirlear eu l'encadrement de tontes les pensées de Diên* C'est pour cela qu'il y a leçpt iows dans la semaine, el qye toai asi mathématiquement calculé sur ce nombre dans les scènes pitteresQwes et scellées d'un cachet divin que nous présente l'Apocalypse. T)u rnste, nous devons dire que ce n'p?t point pour atteindre le chiffre sacrajnentei et liguratif de l'Ecnture s liute que nous avons enclos dans le nombre nept les formes caractéristiques de chaque agent matériel, mm que nous y avons été conduit par l'ordre même el la nature des divers phénomènes... \ingt U un$ actions se produisent donc dans l'uniters pour produire toutes les merveiUes que nous j voyons; et ces eîsgl et m aettons. qui procèdent du nombre tro»^ se rencontrent atec la même régulanté dans le monde des e^ts ^, etc.

Quoi qu'il en soit de ces ooutumee dans le passé et de ces divagations dans U présent. Plombières nTan a pas moins été^ àtoutes les époqoes^ un i«nde»»vooa d'illnstresaiAkdai^nt il n'èn apasiBoiiiseoiisertéaaeiientètoaëiieiiieeiiM^itdaln

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mode ipi entraîne ailleurs les souffirances superficielles et les malades peu convaincus. La liste serait longue des Tisiteurs de toute classe et de toute nation qui sont venus aux eaux de Plombières^ depuis ce lieutenant de César dont le chien les découvrit en s'y brûlant les pattes^ jusqu'aux humbles bourgeois qui viennent y braver, en pleine piscine, les ardeurs dir hi canicule. Pourquoi y vient-on? Pourquoi Montaigne^ Riche*» lieu. Voltaire Boufflers, pourquoi tant de personnages illustres y sont-ils venue dans tous les temps? Il n'est guère possible de répondre à cette question que la liste de Fontanarose è la màin. On vient à i^iuiiibières à peu près pour tout; mais on y revient rappelé par le souvenir de cette inexpi i niable douceur qu'on é{>rouve à s'y livrer aux tièdes caresses de sa naïade. Cela veut dire^ en prose, qu'il n'est rien de plus voluptueusement agréable qu'un bain de Plombières. Quant aux agréments de la piscine, de ces bains en commun dont M. Francœur nous dit : « Qu'on y a les plaisirs de la société, de la conversation ; que souvent mille plaisanteries, la gaieté et les chants abrègent la lenteur des heures qu'on y passe; » quant à ces plaîsin de la communauté et aux jouissances hydroeudopathlques du inm Enfer, j'en laisse la description à de plus éprouvés et de plus habiles.

Non mihi si linguaB ceutum^ixit, oraqiie centum, Ferrea voxl...

On vient donc à Plombières, malade, pour la guérison; on

y revient, guéri, pour le plaiin\, j'entends le plaisir de s'y baigner; car Plombières, je l'ai dit plus haut, ne s'ingénie guère à vous en pr{jcurer d'autres. Plombières est une rolonie de petits propriéiaure^ hospitaliers qui n^ vivent que pour

* Il faut lire dans la Correspondancr de Voltaiie (juin 173'() le récit du curieux séjour qu'il lit dans i abbaye de Senonnes, eu cotnpafçnîe de dom Calraet, avant de se rendre à Plombières, où Farrivée inopinée de Maupertuis, dont il fut prévtnu par sa tssèoè^ rempèdiA quelque temps de s'itaMir.

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loger les gens^ sécher leurs chemises de laine et leur faire la cuisine.

On devient cuisinier^ mais en natt rôtisseur.

Tout le monde, à Plombières, est rôtisseur plus ou moins, tout le monde est logeur. Les femmes qui brodent, les hommes qui polissent le fer et l'acier avec un art délicat qui a rendu ces deux industries jusleinent célèbres, ne sont que l'ornement de cette société dont les logeurs sont le fond résistant. c( C'est une bonne nation, libre, sensée, officie 0:^0, w disait Montaigne en 1o80; — race honnête et intelligente, dirai -je à mon tour, et serviable jusqu'au dévouement, celle de ces aubergistes-amateurs, nullement avides, cordialement polis, jamais envieux ni rivaux, personne ne cherchant à attirer la clientèle du voisin ni à disputer l'achalan* dage de sa maison ; si bien ijue tous n'êtes pas plutôt chez un de ces logeurs de l'âge d'or^ que tous lui appartenez corps et âme. Vous chercheriez en yain un antre logis; la ville entière TOUS est fermée. Et désormais tu m'appartiens l Vous êtes» s'il est permis de comparer la réalité à la fable^ comme Robert sons la redoutable main de Bertram.

Par bonhem*, Bertram est ici quelque bon homme d'hôle ou quelque femme attentive et vigilante qui ne vous laisse manquer de rien et qui vous fait la vie douce. La maison est petite mais agréable, piccola ma garbala; le linge est blanc, les lits sont moelleux; vuus èles aux antipodes de Télegauce et du luxe, dans le royaume de la propreté, La tabh; est abondante, la chère excessive, la pâtisserie succulente, l'entremets sucré foisonne, les truites et les anguilles font partie de l'ordinaire, et il ne tient qu'à vous d'être malade du régime si TOUS ne l'êtes de la maladie. Vous savez le mot de cet ancien : « La table a tué plus de monde que Tépée )> (plures gula quàm gladius). Les tables d'hôte à Plombières sont la contradiction permanente des prescriptions de la médecine thermale. Mais les truites de la Moselle se moquent de la Faculté^ èt le rôtisseur fait oublier le médecin. « On mange trop à Plombières, » dit énergiquement M. Francoeor, et il a raison.

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Mais que faire en un gite^ à moins que Ton û*y songe?

Et que faire à Plombières, après s'être baigné, si on n'y mangeait pas? Aussi combien de gens viennent à Plombières, de tous les départements voisins, uniquement pom* aller boire du kirschenwasser coupé de lait à la fonUiinc Stanislas, et dîner à bon compte à la table d'hùle ! Combien de gens qui viennent y prendre leurs vacances par anticipation^ sous prétexte de prendre les eaux, et qui en rapportent, après quelques semaines de ce régime pantagruélique, la gastrite qu'ils n'airaient pas! J'ai eu la curiosité de chercher, sur les listes qui 8ont distribuées aux baigueurs, le point de départ des quinze cents voyageurs qui sont venus cette année à Plombières, de* puis le commencement de juin jusqu'à ce jour. C'était le moyen de savoir comment se forment ces courants périodiques qui y amènent^ presque à jour fixe, une si nombreuse dientèle. Sur cette liste, je vois des étrangers venus de tous les coins du monde, de Suisse, de Belgique, d'Allemagne, d'Italie, d'Angleterre, d'Irlande, des États-Unis, de la Nouvelle- Orléans; un baigneur même arrive de Smyrne, un autre de Sainte-Hélène ; — le tout ne s'élève pas à une cinquan laine, dont deux Anglais si^iilement. Quant à Paris, il n'a pas fourni au delà de deux cents baigneurs ; les déparlements éloignés, un nombre à peu près égal; tout le reste, cest-à-dire les deux grands tiers de la population nomade de Plombières, venait des départements voisins ; Meuse, Meurthe, Moselle ou Vosges. Plombières est, à proprement parlei*^ la baignoire de la Lorraine.

Cela n'ôte rien à la vertu de ses eaux, à Tattrait de ses promenades, à l'agrément de son hospitalité; — au contraire; mais je cherd&ais> en commençant, pourquoi Plombières est encore si peu à la mode^ tandis que d'autres établissements du même genre et d'ime vertu moins éprouvée attirent la foule dorée des baigneurs de haut parage. Nous le savons maintenant. Plombières est un lieu de grande simplicité, de vie paisible, de guérison patiente, j'allais presque dire une terre d'innocence et d'égalité. Cette simplicité révolte quelques parvenus et inspire un protond mépris aux importants

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et aux |)égueoles; elle est ncceptéa p$r les g^s du meUleur ton. On n'aime à Plombières ni le bruit^ ni Tétalage, ni même le tcanéale. Si Ton y médit, c'est du bout des lèm^ et si roQ y danse, c'est pour n'en pas perdre l'habitude. Telles sont les mceurs des babitanls de Plombières; on iFolt que ce sont les l)onne8. Les bourgeois lorrains s'en arrangent. Les Parisiens et « les étrangei's tle distinction » (comme on appelle tous les étrangers qui vont aux eaux) demandent en général autre chose. Je n y contredis pas. Lue saison h lladen ou à llnrnliourg est une chose en soi tort amusante; niais rien de plus calmant qu'ai u' saison à Plombières. On ne trouve là ni ces prétentions mondaines, ni cette vie étourdissante, ni ces plaisirs somptueux, ni cette ostentation de la grandeui* et de la richesse^ ni tout ce bruit que faitTorgueilde Tlionime en regard de ses infirmités les pins faites pour le ralmisser. Plombières seulement pousse à Texcès peut-être ce dédain des mœurs élégantes et cette insouciance des plaisin moodaios. Son Coiino est un fort beau bâtiment dû à la rouniflceuce du roi Stanislas^ ce roi qu'on retrouve partout eu Lorraine» et dcmt le peuple se souvient, n'en déplaise à M. Turck (ce n'est pas là une opinion, c'est un sentiment) . Bh bien I pour avoir un bon orchestrej au lieu d'un mauvais, dans ces beaux salons, il suffirait d'y augmenter un peu la modique souscription dont on paye le droit d'y entrer. On aime mieux se passer de bonne musique que de hou marché. Le théâtre aussi a l'air d'avuir été construit pour les acteurs de M. Comte exclusivement, et la salle de concert est d'une surdité déses^ pérante. On est donc réduit, pour tout plaisir, à part cehii des promenades et des causeries avec quelques liaigneurs préférés, — à la loterie du dimanche que la philanthropie municipale a instituée, qu'elle défraye largement avec les produits de l'industrie locale, et dont profitent les nombreux indigents de la ville et du canton. Ce plaisir des âmes cbarif tables manque d'entrainement pour les mondains.

Telle est, malgré tout, la physionomie de Plombières ; et puisse Plombières, même avec ce qui lui manque, la eonserrer encore longtemps I Plombières est avûoiurd*bui à quinie heum de Psiii, et la route qui y conduit de Nancy à Remiremont,

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en travcmnt la vallée de la Moselle^ est une des plus riantes que je connaisse, une allée de parc sur le l»ord d'une rivière. Qui sait ce que de pareilles facilités, venant en aide à tous les motifs de sérieuse hygiène qui attirent les baigneurs raisonnables à Plombières, peuvent ajouter à la vogue de cet incomparable séjour ! Plombières a eu la vogue autrefois quand le roi Stanislas y conduisait sa cour; quand rimpcratrico Joséphine y venait chercher la santé et peut-être la consolation solitau e de cruels mécomptes ; quand la duchesse d'Angoulème s'y ai rètait avec une prédilection manifeste; quand la duchesse d'Orléans^ dans une si grande et si juste confiance de sa destinée, y venait passer nri mois de cette fatale année 1842 qui a commencé les malheurs de la France!... Cette vogue que dlUustres patronages lui ont successivement donnée, un jour de fantaisie^ un caprice de grande dame peut la rendreà Plombières. Mais ce que Plombières ne perdra jamais, si ce n'est par la fin du monde, c'est son riant paysage, ses fraîches montagnes» ses eaux fécondes et salutaires, sa population hospitalière et industrieuse; et c'est tout cek qu'il lui importe de conserver sans altération et sans mélange.

je termine ici cette revue plus pittoresque que littéraire. J'en demande pardon aux auteurs estimables que mon séjour à Plombières a faits pour un instant les justiciables de mo!i humble et insuffisante critique. Mais c'est un pou leur iaute si j'ai oublié, par le plaisir de les lire, le soin de les juger; ieui's livres m*ont fait pénétrer dans les secrets de clIIc intéressante contrée, et ce sont leurs livres qui m'auraient appris à l'aimer, si mon penchant ne m'y eût porté. Et maintenait, bergers, aux écluses! voici Teau qui déborde dans la prairie*

Glanditeiain rivob^ pueri; sat prata bibenmt.

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