I. Contes d'Eutrapel
rière le grillage de son guichet; il a fait souche.
A ces divers moyens de transport, il faut ajouter la navigation fluviale. Barques et bateaux de toute forme, conduits par des rameurs ou hâlés par des chevaux, descendaient et remontaient sans cesse la Loire, la Seine, le Rhône, la Saône, la Garonne, chargés d'hommes, de chevaux et de voitures ; car le fleuve off'rait encore la voie la plus sûre et la plus commode à des gens qui n'étaient pas, à beaucoup près, aussi nerveux et aussi pressés que nous.
Dans un de ses meilleurs dialogues, Iter et egiius^, Louis Vives met en scène une bande d'écoliers qui profitent d'un jour de congé pour faire une excursion aux environs de Paris, un vrai petit voyage avec toutes ses péripéties.
« Voulez-vous que nous allions en partie à Boulogne qui est auprès de la Seine? — Nous ne voulons pas mieux. J'ai une haquenée. — Et moy un cheval de louage. — Et moy j'irai en chariot avec Planètes. Les autres si bon leur semble, nous suivront à pied ou en barque. »
On se prépare ; le garçon d'écurie bride le cheval de travers : « Et maugré-bieu de vous ! Engorgezvous la bride rude au petit cheval ? Mettez-luy plustost ceste bride légère, avecques les bossetes, » Le harnais est tout rompu, il faut le racommoder tant bien que mal avec une corde; bref, on se met en route. Les chevaux vont cahin-caha, suivis des