‹ Voyages et voyageurs de la renaissanceChapitre 16 sur 55 · I. Jacqueline de Luxembourg · texte numérisé non relu

I. Jacqueline de Luxembourg

demoiselles d'honneur, et tous ceux qui servaient la reine, même les comtes les plus puissants, se tenaient constamment à genoux, aussi longtemps qu'elle mangea ; et elle mangea trois heures. Il v aurait encore bien à raconter à ce propos. Tout le monde gardait le silence et personne ne disait mot.

« Après le dîner, il y eût un bal pendant lequel la reine demeura sur son siège, sa mère se tenant à genoux devant elle ; de temps en temps, elle lui disait de se relever. »

Voilà bien des cérémonies et bien de l'apparat ; mais cette étiquette un peu froide et guindée, qui contraste avec l'aisance fastueuse et la bonhomie de la cour de Bourgogne, était de tradition à la cour d'Angleterre; nous la retrouverons plus loin chez la reine Elisabeth K

Revenons à nos voyageurs. A Londres, ils remarquent la richesse des églises; l'abondance des belles femmes et des belles filles « qui traînent des robes à longues queues, telles qu'ils n'en ont jamais vues ; » la quantité extraordinaire des orfèvres dont les maîtres seuls sont au nombre de quatre cents ; l'excellence des musiciens, et la cherté de la vie.

Dans les hôtelleries, dès qu'un voyageur arrive, « il faut qu'il embrasse l'hôtesse et toute sa famille ; car chez eux embrasser est la môme chose que

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