I. Voir page i
donner la main i, et la poignée de main n'est pas dans leurs habitudes. »
A Salisbury, chez le duc de Clarence^, un jour maigre, on sert « un plat qui devait être un poisson, mais qui était rôti et avait l'apparence d'un canard. Il a ses ailes, ses plumes, son cou, ses pieds, et le goût d'un canard sauvage. Nous devions le manger pour du poisson, mais dans ma bouche, c'était de la viande. On prétend que cela doit être un poisson, attendu qu'il naît dans la mer et provient d'un ver. En grandissant, il prend le corps d'une oie, pond des œufs qu'il ne couve pas, et cherche sa nourriture dans la mer, jamais sur la terre. C'est pourquoi cela doit être un poisson. » L'animal que Tetzel décrit d'une façon si singulière, est la macreuse ou bisette, sur l'origine de laquelle le moyen âge avait inventé les fables les plus invraisemblables.
Ce qui frappe encore nos étrangers, c'est l'étonnement provoqué par leur longue chevelure, et la badauderie des Londoniens « qui ne voulaient pas croire que ces cheveux fussent ainsi de naissance. Ils pensaient qu'ils étaient collés sur la tête avec du bitume et, quand l'un de nous sortait dans la rue, on sa pressait pour le regarder, plus que s'il se fut agi de quelque animal extraordinaire. »
1. Nous signalons plus loin, d'après Érasme, cette habitude anglaise de s'embrasser à tout propos. Voir page 70.