VOY/VGES ET VOYAGEURS
Du reste, ils ne tarissent pas sur les honneurs que chacun, petit ou grand, leur a rendus pendant leur séjour; ce qui n'empêche pas Schaschek d'arriver à cette conclusion inattendue : « Je n'ai rien •de plus à dire sur les Anglais, sinon qu'ils sont, à mon avis, déloyaux, fourbes et cherchant à machiner la perte des étrangers. Bien qu'ils fléchissent humblement le genou, n'ayez pas confiance en •eux^. »
A Poole, Rozmital et son monde s'embarquent pour la France. « On prépara deux vaisseaux. Les chevaux, montés en l'air avec une corde, furent •descendus dans la cale où ils étaient étroitement serrés l'un contre l'autre. Nous partîmes à la garde •de Dieu et avec un bon vent ; mais bientôt il nous arriva une grande aventure. Deux galions de guerre anglais nous attaquèrent à coups de canon, pensant que nous étions des français. Ils montèrent à bord de nos vaisseaux, et nous emmenèrent prisonniers pendant une demi-journée. Mais quand ils eurent vu Monseigneur, qu'il se fit connaître et leur montra des saufs-conduits de Monseigneur l'Empereur, de Rois, de Ducs et de Princes, ils le relâchèrent sans rançon et lui firent des excuses, off'rant de l'escorter sur mer, s'il en avait besoin. Nous dûmes relâcher à l'île nommée Garnese (Guernesey), où nous fûmes obligés de rester •douze jours, sans rien trouver à acheter pour les