‹ Voyages et voyageurs de la renaissanceChapitre 2 sur 55 · PREFACE III · texte numérisé non relu

PREFACE III

qui dresse wi inventaire ou un contrat de vente, est impassible et impersonnel ; le voyageur^ lui, a ses nerfs, ses passions, sa personnalité bien tranchée. Mais ce qui donne à son journal une valeur documentaire spéciale, c'est d'abord, qu'en sa qualité d'étranger, il regarde les hoimnes et les choses du pars qu'il visite, non seulement en curieux, en observateur attentif et minutieux, mais encore sous un angle imprévu. Il découvre ainsi certains détails de mœurs qui frappent un nouveau-venu, tandis qu'ils échappent à l'habitant qui les voit et les pratique inconsciemment tous les jours. En seco?îd lieu, le voyageur parle de ce qu'il a vu : il raconte le fait, l'incident auquel il a pris pari ; c'est un témoin oculaire et, dès lors, sa déposition prend une autorité incontestable.

Parmi ces relations, les unes, sont les comptes rendus officiels tirés des archives d'Etat, et contenant tantôt la 7iomenclature des localités visitées par un souverain, tantôt le compte de ses dépenses, tantôt le récit des cérémonies, entrées, fêtes, ban-

IV PREFACE

quets etc., auxquels sa présence a donné lieu. Ce 71 est point là ce que nous cherchons et, bien que ces voyages princiers offrent un vif intérêt historique, et puissent à l'occasion fournir des indications de bonne prise, nous ne les utiliserons qu'en passant, et comme appoint. Autre chose est le récit du voyageur proprement dit, bourgeois ou gentilhomme, marchand ou magistrat, étudiant ou touriste, qui chemine sans train et sans escorte, descend à l auberge, court des aventures, voit par ses propres yeux, et écrit lui-même ce qu'il a vu. C'est lui surtout que nous voulons interroger. Nous ne lui demanderons pas des appréciations sociales, politiques ou esthétiques, mais le fait saillant, d'après nature, le détail pris sur le vif, la chose vue.

D'ailleurs nous comptons bien multiplier les citations, et leur donner tout le développement nécessaire, laissant autant que possible la parole au voyageur. C'est lui qui raconte à sa manière : nous ne faisons qu'écrire sous sa dictée. Ains! le

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lecteur pourra jugei' l'œuvre dajis sa saveur originale, faire la connaissance de l'auteur, et pénétrer avec lui dans imtimité de son temps.

Pans, Septembre iBgS.

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