‹ Voyages et voyageurs de la renaissanceChapitre 47 sur 55 · Mort en · texte numérisé non relu

Mort en

Il8 VOYAGES ET \OYAGEURS

méthodique, avec son journal tiré au cordeau, divisé en chapitres et saupoudré de l'érudition banale à la mode. L'un raconte ses souvenirs intimes pour lui et les siens ; l'autre fait un livre pour le public.

Son récit, venant après celui de son frère que nous avons analysé, ne nous apprendrait rien de bien nouveau, et nous le citons seulement pour mémoire^.

Robert Dallington, secrétaire de l'ambassade d'Angleterre en France sous Henri IV, est l'auteur d'un livre intitulé A Method for travel shewed by talking the view of Fraunce as it stood in the year iSgS, imprimé à Londres chez Thomas Creede; une seconde édition porte le titre de The View of Fraunce, Londres 1604. Elle a été récemment tra-

I. Voici quelques petits détails de mœurs signalés par Thomas Platter : A Montpellier, la plupart des mariages se ■célébraient secrètement et sans témoins, dans l'église d'un village voisin, de peur des sortilèges; quant à la noce, elle se passait en ville et donnait lieu à des petites scènes où s'épanouissait librement la gauloiserie de nos aïeux. Un jeune homme enlevait la jarretière de la mariée, c'est de tradition; « quand elle était assise dans son lit en vêtements de nuit, tous les invités, hommes et femmes, jeunes et vieux allaient la trouver et l'embrassaient sur la bouche, avec force compliments et souhaits. » Lorsqu'un jeune homme épouse une vieille veuve, ou qu'une jeune fille épouse un veuf âgé, « on leur donne un charivari ; » et Platter, qui se pique d'érudition, ajoute : « Charivari est un terme qui vient du grec et signifie cassement de tête ; » ■etymologie imprévue dont nous lui laissons toute la responsabilité. Voir appendice G.

duite en français^. Le livre est dédié au lord Secrétaire Ambassadeur d'Angleterre.

Dallington ne nous aime guère. A l'entendre, le Français est « impudent, malpropre, hâbleur, bavard, menteur, familier, sautant comme un singe sur l'épaule du premier venu. » L'auteur développe gravement chacun de ces points, donne des exemples à l'appui et, comme de raison, oppose à chaque défaut français une vertu correspondante chez ses compatriotes. La France est d'ailleurs un beau pays, il veut bien en convenir; mais nos femmes sont moins fidèles qu'en Angleterre, nos ménages moins assortis, notre table moins abondante et moins bien fournie, notre paysan moins heureux, nos maisons moins commodes; les boutiques parisiennes, comparées à celles de Londres, semblent des échoppes de colporteur. En somme, dit-il avec son britannisme imperturbable, « imaginez la nation anglaise implantée en France, et vous aurez l'heureuse république de Platon. »

Ce qui le frappe surtout, c'est la passion des Français pour les exercices du corps, le jeu de paille-maille, le tir à l'arbalète, la sarbacane, la danse. « Plutôt que de manquer à une danse, les vieilles femmes elles-mêmes, de haute ou de basse condition, qui ont plus d'orteils que de dents et sont toutes déhanchées, sautent en avant, comme les touches d'un clavecin, pour en prendre leur

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