‹ Voyages et voyageurs de la renaissanceChapitre 49 sur 55 · DE LONDRES A VENISE · texte numérisé non relu

DE LONDRES A VENISE

WRYAT'S crudtties, being the Observations made by M^ Thomas Coryat., in five îîîonths, 7nostfy on foot, from his native place of Odcombe in Somersetshire, through France, Savoy, Italy, Rheiia, Helvetia or Snni^erland, some parts of High Germany and the Netherlands, making in the jphoîe ig-jS miles, tel est le titre bizarre du journal de Thomas Coryat, un original qui fît en 1608 le voyage de Londres à Venise par la France et retour par l'Allemagne et les Pays-Bas, allant presque toujours à pied, avec une seule paire de souliers et une seule chemise hélas! c'est lui-même qui le dit. Les Crudités de Coryat, imprimées en 161 1, ont été réimprimées en 1776. Le livre est précédé d'une soixantaine de pièces composées par les premiers

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écrivains du temps, sonnets, poèmes, acrostiches, morceaux de chant, vers cabalistiques, etc., en anglais, en latin, en grec, en français, en italien, en espagnol, en dialecte cambrien, en langue utopienne et en langue macarpnique, où l'honnête Coryat est l'objet d'intarissables plaisanteries. On l'accable d'éloges hyperboliques, de calembours gréco-latins, de galimatias et de bouffonneries telles que les contemporains de Shakespeare pouvaient en inventer. On l'appelle tantôt the most single-soled and siîigle-shirted, tantôt the leg-stî'eîche?', ou bien le voyageur polypode. Une image représente ses deux souliers réunis par une couronne de lauriers. On invente pour lui les superlatifs les plus 3iUdi3iC\Qu\, pedesterrimiis, peragrantissimus^ itinerosissimiis, montiscandentissimus . Il est «.l'héroïque géant d'Odcombe, » il dépasse Ulysse, Don Quichotte, Termagant, Amadis, que dis-je! la Pucelle d'Orléans, » Coryat est le seul à ne pas s'apercevoir qu'on se moque de lui ; c'est un naïf; d'une vanité enfantine, passionné pour la réclame, et convaincu que toute l'Angleterre a les yeux sur lui.

Bien que son journal soit écrit d'un ton de bonhomie passablement ridicule, et gâté par le fatras d'érudition à la mode, il ne manque pas d'un certain intérêt. Coryat a des observations curieuses sur le Louvre, les Tuileries ^ Fontainebleau, Saint-

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