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I. Voir appendice H

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Denis. Il assiste à la procession de la Fête-Dieu et nous décrit le cortège, les rues tendues du haut en bas de tapisseries merveilleuses, les dressoirs chargés de vaisselle et d'objets précieux i, les fontaines qui jettent l'eau parmi la mousse et les roches naturelles.

En passant à Lyon, où « la plupart des maisons ont six ou sept étages en comptant les caves, avec les fenêtres garnies de papier blanc, » il rencontre à l'hôtellerie des Trois Rois « le frère du duc de Guise, jeune seigneur de 22 ans, auquel on donne pendant le souper une musique plus qu'excellente. Après souper, ce seigneur et ses compagnons, de braves et solides gentilshommes, dansèrent des courantes et des voltes dans la cour de l'hôteU lerie. »

Coryat traverse la Savoie et descend en Italie par le Mont-Cenis. La vue des ruines et des monuments antiques enthousiasme le voyageur qui profite de l'occasion pour se livrer en grec et en latin à un débordement d'archéologie aventureuse. Nous n'avons pas à le suivre sur ce terrain, et le plus

I. Cet usage d'exposer dans la rue, le jour de la Fête-Dieu, des objets mobiliers qui n'avaient rien de religieux, durait encore en 1657 • *^ -^^^ carrefours l'on dresse des reposoirs pour la Fête-Dieu) de tout ce qu'il y a de plus riche dans tout le quartier, les dais en broderie, les draps d'or et d'argent, les portraits de prix, les beaux miroirs et mille autres meubles. » [Journal d'un voyage à Paris en 1 657-58).

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mince détail sur la vie privée fera mieux notre affaire. Voici, en passant, un petit renseignement bon à recueillir: «J'ai observé dans toutes les villes ■d'Italie une coutume qui n'existe dans aucun des pays que j'ai visités, et je ne crois pas qu'elle existe •dans aucune autre nation de la chrétienté. Les Italiens, et la plupart des étrangers qui demeurent en Italie, se servent toujours aux repas d'une fourchette pour couper leur viande dans le plat; ils tiennent •d'une main le couteau et enfoncent la fourchette de l'autre. Tout individu, assis à une table en compagnie, qui, par mégarde, toucherait avec ses doigts les plats de viande dont chacun coupe une portion, choquerait la compagnie et serait vu de mauvais œil, ou même repris. Les fourchettes sont en général de fer ou d'acier, quelques-unes d'argent, mais celles-ci ne servent qu'aux gentilshommes. La raison de cette recherche est que les Italiens ne peuvent en aucune manière souffrir que l'on touche ^ux plats avec les doigts, les mains de tous n'étant pas également propres. Sur quoi j'ai moi-même trouvé bon d'imiter cette mode italienne, non seulement pendant que j'étais en Italie, mais encore en Allemagne et souvent depuis en Angleterre. Ce •qui me valut les railleries d'un savant de mes amis, qui, dans son humeur facétieuse, ne craignait pas à table de m'appeler /i/rcZ/er (porte-fourche), uniquement parce que je me servais de fourchette en mangeant. » Cette note un peu longue, — mais Coryat n'en fait jamais d'autres, — confirme ce

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que nous avons dit ailleurs * : la fourchette née en Italie et dans le pays vénitien au xvi^ siècle, introduite à la cour de France par Henri III, ne commence à se répandre en Europe qu'au début du xvii^ siècle. Avant 1608, Coryat ne l'a rencontrée nulle part, pas même dans les plus grandes maisons d'Angleterre, ni chez le prince Henry de Galles où il avait ses entrées.

Autres menus détails qui ont leur intérêt : la cuisine italienne était déjà « saupoudrée de fromage, ce qui déplaisait à Coryat et l'obligeait à laisser contre son gré sa part de bonne chère. » A Padoue, il voit pour la première fois « une chose qu'il ne connaissait que par les livres, qui a cinq noms en latin et trois en anglais, un poêle; on transpire dans la salle où il est placé ^. » C'est également à Padoue qu'il observe chez le Podestat « de très belles tentures qu'il n'avait jamais vues en Angle^ terre. Elles sont faites d'une jolie espèce de cuir et bien dorées, ce qui donne beaucoup de splen-^ deur à l'appartement. De chaque côté de la salle, on place des hallebardes magnifiques couvertes de velours cramoisi et garnies de clous dorés ; audessus de chaque hallebarde, des boucliers recouverts du même velours cramoisi. »

« Hommes et femmes ont des éventails pour se

1. Le Meuble en France au xvi' siècle, Paris, 1887. Repue des Deux Mondes, juin 1892.

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