‹ Voyages et voyageurs de la renaissanceChapitre 51 sur 55 · Voir la note plus haut, page · texte numérisé non relu

Voir la note plus haut, page

l34 VOYAGES ET VOYAGEURS

rafraîchir le visage pendant les chaleurs. La plupart sont des objets très élégants qui consistent en un morceau de papier peint, fixé à l'extrémité d'un petit manche de bois. Le papier est orné de chaque côté de peintures excellentes, qui représentent tantôt des sujets de galanterie avec des vers spirituels ou des devises, tantôt des vues de quelque ville notable d'Italie avec une brève description d'icelle. Ces éventails sont de petit prix*. Beaucoup d'Italiens portent aussi d'autres ustensiles d'un prix bien plus élevé ; on les appelle communément en Italie umbrellas, c'est-à-dire des objets qui donnent de l'ombre pour s'abriter contre la chaleur brûlante du soleil. Ils sont faits de cuir dans le genre d'un petit pavillon (de lit), et garnis à l'intérieur de petites éclisses de bois qui développent Vumbî^ella sur une assez large circonférence. Les cavaliers surtout s'en servent et les tiennent à la main, quand ils sont à cheval, en attachant l'extrémité du manche à leur mollet '-.»

1. Voir Henry Estienne, Dialogues du nouveau françoys italianisme. « Les esventails font compagnie aux dames. Et plusieurs les aiment bien tant, de la façon qu'elles les font faire maintenant, que, l'yver venu, elles ne les peuvent abandonner. Mais s'en estant servies l'esté pour se faire vent et contre la chaleur du soleil, les font servir l'yver contre la chaleur du feu ; estans ces deux chaleurs dommageables au beau teint. » Plus loin^ Henry Estienne parle encore des esventails « faictz de pelures .copeaux) de bois fort tenues et toutes regredillonnées^ et d'autres faictz de plumes de paon, ronds et larges comme un plat.

Page 1