‹ Voyages et voyageurs de la renaissanceChapitre 53 sur 55 · APPENDICES · texte numérisé non relu

APPENDICES

De regimine iter agentium (Guide des voyageurs) par Grataroli i56i, Précautions a prendre en route et dans les auberges.

« Il y a des gens, et ils sont trop nombreux partout, qui sans crainte et sans connaissance de Dieu, dépourvus de pâture évangélique et de doctrine chrétienne, ou faisant partie de la race des réprouvés, des Gains et des Juifs, n'ont qu'une pensée, c'est de vivre non pas de la sueur de leur front, mais de vol et de rapine. Et pour cette cause, ils assiègent les routes habituelles des voyageurs, et fréquentent les auberges. Comme ils manquent de tout, ils font parade de leur toilette et de leur faux argent pour faire croire qu'ils sont riches. Ils vous interrogent, vous demandent où allez-vous? d'où venez-vous? que sais-je encore ? Les voyageurs prudents et bien avisés les reconnaissent aisément, les évitent ou les déjouent; mais les simples et les inexpérimentés tombent souvent dans leurs

filets, à moins que l'hôtelier soit très honnête et très vigilant. Donc le plus sûr est de cacher avec soin ce qu'on a, de dissimuler et de cheminer avec prudence : Cantabit vacuus coram latrone viator. Il y a une autre sorte de vauriens qui, voyant qu'ils ne peuvent rien tirer de vous, ne cessent de vous poursuivre de railleries, de brocards et de sarcasmes; si vous ne pouvez à coup sûr les arrêter, avisez l'hôtelier et supportez-les autant que vous pourrez, jusqu'à ce que Dieu vous donne le moyen de leur échapper. Je me souviens qu'il y a seize ans, passant la nuit dans une auberge de Milan (je ne me rappelle en ce moment ni son nom, ni son enseigne) il y avait là, comme il s'en trouve toujours dans cette grande cité, de ces gens de rebut qui se figuraient être quelque chose, parce qu'ils étaient de la ville. L'aubergiste m'avait indiqué un lit assez bien garnie dans une chambre où se trouvaient quatre ou cinq autres lits convenables; un de ces coquins, connaissant le lit qui m'était destiné, entra secrètement dans la chambre, car les portes sont presque toujours ouvertes^ et levant la couverture, plaça d'un bout à l'autre, des morceaux de verre les uns grands, les autres petits. Il pensait que j'entrerais dans le lit sans lumière et sans prendre garde, que je me blesserais et que je prêterais à rire à lui et à ses camarades. Mais, comme j'ai toujours l'habitude de visiter mon lit à la lumière, avant de m'y coucher, je découvris aisément le piège et je le montrai à l'hôtelier; personnene voulut avouer. Je sais bien pourtant que je n'avais blessé aucun d'eux, à moins que refuser de jouer ou de trinquer, soit un procédé blessant.

« Dans l'année i55o, au mois de mai, j'arrivai près de Brescia pour souper, trempé par la pluie et mon cheval fatigué, dans une auberge où il y avait plusieurs jeunes valets. Je dinai convenablement et, comme j'avais soif, je n'épargnai pas le vin qui était excellent et fort. Ce soir-là, j'avais fait affaire avec un marchand qui amenait des chevaux d'Allemagne, et je lui avais échangé mon petit cheval

contre une béte plus grande et plus jeune, en ajoutant quelques couronnes ; j'avais montre' sans me gêner mon escarcelle qui ne contenait pas moins de cinquante couronnes, et j'avais compté devant lui. Peu de temps après, on va se coucher. On me donne le lit le plus rapproché, le valet de l'hôte me retire mes chausses; je mets, sous ses yeux, mon escarcelle sous mon oreiller, et je m'endors, comme on dit, sur les deux oreilles. Le matin je cherche ma bourse, je ne la trouve pas ; j'appelle l'aubergiste, je saisis mon épée et, me tenant à la porte, je menace de ne laisser sortir personne, avant d'avoir trouvé mon bien ; il y avait là quelques étrangers. Cependant l'hôtelier se lève, arrive et me dit de chercher encore ma bourse dans mon lit. J'y vais et je la trouve placée au milieu. »

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Extraits de la relation de Tetzel.

«... A partir de Burgos, nous n'avons pas pris le chemin •ordinaire, mais la ligne droite, à la recherche du Roi. Nous ne faisions que chevaucher par des terres incultes, souffrant dans les hautes montagnes une chaleur insupportable ■qui se sent aussi bien en hiver qu'en été ; et comme la neige ne tombe jamais, l'ardeur du soleil est excessive. Nous cheminions des journées entières et, quand nous arrivions à des villes ou à des villages, on nous refusait l'hospitalité et nous étions contraints de camper dans le désert. Si nous voulions boire, acheter du pain ou quelque autre •chose, il fallait payer d'avance ; quant au vin, on ne trouvait que celui qui est transporté à dos de mulets à travers les montagnes, pour les bergers et les paysans des hameaux. Si nous demandions du pain, on nous donnait de la farine par livres, avec laquelle nous faisions une tourte que nous mettions sur des cendres chaudes. Si nous voulions nourrir les chevaux, il fallait aller chercher de l'herbe, la faucher et l'apporter ; de même pour le grain, que nous devions payer cher. Si nous avions envie de manger de la chair, nous ne trouvions que de la chèvre que nous étions obligés de dépecer ; encore fallait-il acheter les ustensiles nécessaires pour la faire cuire. Aussi je crois que les gitanos mêmes vivent dans tous les pays beaucoup plus magnifiquement ■que nous ne le faisions dans celui-ci. On rencontre fort peu de volailles, d'œufs, de fromages et de lait ; il n'y a point ■de vaches et on mange peu de viande, la population ne se nourrissant que de fruits... nous traversâmes ainsi un désert horrible et aride »

« Il y avait à cette époque une guerre violente à Santiago Saint-Jacques de Compostelle). Un puissant seigneur

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campait devant l'église ; ceux de Santiago étaient avec lui et tenaient l'église entièrement assiégée, tirant avec la poudre et répondant à ceux qui étaient à l'intérieur. Le seigneur et ceux dj la ville avaient emprisonné l'évêque dans un château, loin des habitants ; la mère et le frère de l'évêque, et un cardinal s'étaient renfermés dans l'église. Les gens de la ville et le dit seigneur, ennemi de l'évêque, avaient attaqué l'église le jour même de Saint-Jacques. Le Seigneur donna l'assaut le premier et fut atteint par une flèche lancée de l'église et qui pénétra dans son cou. Personne ne fut blessé que lui, bien que l'assaut fut donné par plus de quatre mille hommes ; aussi on croyait que Dieu et Saint-Jacques l'avaient puni. Personne ne pouvait retirer la flèche, ni le soigner. Frodner s'approcha et lui dit qu'il avait un emplâtre pour faire sortir la flèche, ce qu'il fit en l'appliquant sur la blessure. Comme nous devions escorter monseigneur au retour, nous obtînmes de ceux de la ville et du seigneur blessé, avec la meilleure grâce du monde, qu'ils nous donnent la permission d'entrer dans l'église. Mais ceux qui étaient dans l'église, la mère et le frère de l'Evêque, et le Cardinal, refusèrent l'autorisation, disant que nous étions leurs ennemis et ceux de l'Église, pour avoir porté secours à ses ennemis, en retirant la flèche du blessé, châtié par Dieu et Saint-Jacques, ainsi que nous l'avions vu. Ils assurèrent que nous avions encouru la peine d'excommunication majeure, et nous obsédèrent à ce point que monseigneur allait partir sans qu'on lui permit de voir l'église. Pour remédier à ce contre-temps, nous nous abouchâmes avec un certain gentilhomme qui engagea le frère, la mère de l'Évêque et le Cardinal, à laisser voir l'église par Monseigneur et sa suite, à l'exception de Frodner qui avait retiré la flèche au seigneur blessé. Ils dirent encore que nous étions tous excommuniés, et qu'avant d'entrer nous devions obtenir l'absolution de notre péché. Le lendemain les deux partis firent la paix, s'obligeant à honorer Monseigneur, sans doute parce qu'ils pensaient qu'il y

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aurait un i;rand cadeau pour l'église. Le même jour, ils décidèrent que Monseigneur entrerait par une porte, nous obligeant tous à nous déchausser et à passer par le porche de l'église où nous nous agenouillâmes.

«Alors arriva le Cardinal en procession, avec beaucoup de prêtres. Nous nous découvrîmes ; le cardinal purifia Monseigneur et tous ses compagnons et prononça beaucoup d'oraisons devant nous. Ensuite, prenant des cierges allumés, nous parcourûmes tous l'église. Monseigneur demanda qu'on laissât entrer Frodner, qui fut aussi oblige de se soumettre à la purification indispensable... L'église est belle et vaste. On y voyait des chevaux et des vaches ; tous les assiégés y habitaient, y dormaient et y faisaient la cuisine... »

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Voyage de Ch.vrles-Quint en Espagne de iSiy à i5i8, par Laurent Vital Chroniques belges inédites, nr, 102).

« En la villette de Lyonne .^Lianes) ne séjourna le Roy que deux nuictz; et le lendemain qu'il fut arrivé, alla oyr la messe en la grande église, pour cause qu'il estait le jour du saint dimenche; et l'asprès-disner, après vespres, le Roy alla voir chasser les torreaux, où il y eût du grand déduit, pour ce que les dits torreaux estoient tiers, mauvais et felles raéchants^^ à merveille, comme bien le monstrèrent puis après qu'ils estoient eschauffez, là où ils blessèrent plusieurs gens, entre lesquels il y eut un homme mis en danger de mort.

« Or, pour ce que plusieurs fois vous ay parlé de la chasse des torreaux, si ne les avez autrefois veu, ou autrement ne vous soit déclaré, point ne sçauriez comment cette chasse s'exécute. Donc, pour vous donner à entendre que c'est de ce jeu, on choisit quelque place ample et spacieuse, pour mieux voir le déduit et courir les torreaux; lequel lieu se clôt pour la sûreté des regardans, et estre préservez des dangiers qui leur pourroient advenir, aussi afin que nul ne entre dedans le parc et clôture, que ceux qui y sont députez, lesquels sont un nombre de rades ('agiles; compagnons, bien à pied, tous en pourpoint, pour mieux courir et eux défendre contre les dits torreaux, ayans chacun la rapière en la main. Puis, quand on est prêt à faire courre les torreaux, on en fait sortir un et entrer dans le parc. Et combien qu'il soit estonné de voir tant de gens de tous leez (côtés), parce que partout où il va il trouve le passage clos, encore, pour le plus engaigner (provoquer) et eschauffer, lés compagnons lui dardent des gaules de dix pieds de long qui ont au bout une pointe de fer bien poindante comme

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une alenne. Quand les terreaux se sentent ainsi pointoyez et hoginez blessés' et abayez invectives par la foule) de tous leez où ils fuyent, là se courchent se courroucent""! et eschauffent tellement et si sont si furieux pour détruire une personne, si rataindre le pouvaient. Aussi bruyent-ils et courent comme tous forcenés, pour les angoisseuses pointures que ces compagnons leur jettent; et les verriez courir à la fois avec i5 ou 16 darts qui leur pendent à la peau et les blessent de plus en plus qu'ils courent. Là se met la bête à courir après l'un de ces compagnons qu'elle a remarqué pour lui vouloir nuire, lequel ne sait où sauver, tant rade le poursuit la dite béte.. Et quand les compagnons vovent que ce compagnon se commence à fouler et recrandir se fatiguer^, avant que la béte lui vienne à nuire, tous les compagnons la poursuivent en lui donnant des taillades et grands coups de rapières; en sorte que la béte est contraincte de laisser son homme pour aller sus et après les autres compagnons, Vi où bien souvent les aucuns tombent par terre, afin de éviter le coup et hurt de la corne de cette bête, quand autrement échapper ne peuvent. Et quand la bête les a bonne pièce ainsi chassé et poursuivv, et qu'ils ont fait aux regardans du déduit assez, de peur que la dite bète ne blesse ou occhie vilainement l'un d'iceux, lors ces compagnons de leurs rapières lui coupent les garetz jarrets et donc est contrainte la bête de se trainer et finalement coucher, parce que ne se peut plus tenir sur ses jambes; et puis l'occhient et traînent dehors, pour en faire autant à un autre, et voir lequel sera le pieur du hot [le plus méchant de la troupe et qui aura donné à la seigneurie plus beau déduit. Ainsi que avez ouy se exécute lâchasse des torrcaux. »

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DE L.\ RENAISSAN'CE I4Q

Voyage de Charles-Quint en Espagne i5 1 y-i5 18. (Chroniques belges inédites vol. III, 24-2.;

« De unes joiistes qui se firent depant le palais du Roy. — « Le lendemain que Madame Catherine d'Austrice fut arrivée à Vailledoly Valladolid , qui fut un dimenche iS" de mars, se commença la joute qui se disoit de l'emprinse entreprise) amoureus, laquelle dura trois jours, commençant chacun jour environ douze heures après dîner, jusqu'à douze heures après minuit de midi à minuit de quatre entrepreneurs jouteurs contre tous venans, qui pour l'honneur des dames recevoient tous nobles hommes, de quatre courses de lances à fer émoulu et en harnois de guerre, tant mariez que à marier, qui passeroient par l'une des quatre portes d'amoureuse condition. Lesquelles portes furent gardées trois jours entiers par hérauts et officiers d'armes, pour recevoir les noms des gentilshommes qui, pour l'amour des dames, voudroient toucher à cette gracieuse et amoureuse emprinse. En effet, tant y comparurent de nobles hommes, que les entrepreneurs eurent assez et trop affaire à y pouvoir fournir.

« Deux manières de joutes se firent lors. L'une se nommoit la joute réaile royale), à laquelle les entrepreneurs et coureurs estoient à l'antique, c'est-à-dire à la mode du temps jadis, ayant mantelinnes par-dessus leurs harnois à gros plis, et ne passoient que demi-quartier outre la ceinture, ayans grandes targes et les lances amornées (émoussées). L'autre joute étoit à heaume et harnois de guerre, les lances du fer esmoulu, qui estoit une fort périlleuse joute comme bien y parut, parce qu'il y en eut plusieurs blessés, qui eurent leurs harnois faussés et percés à jour. Entre lesquels jouteurs en y eût un qui eût l'épaule percée

de part en part, tellement que le tronçon de la lance, de deux pieds et demi de long, lui demeura dedans l'épaule, et en partoit sang en grande abondance. Et y eût là des aussi rudes coups de lances donnés que on sauroit, et tout plein de lances rompus, plusieurs gentilshommes endormis engourdis), et tout plain de portés (jetés' par terre. A la vérité c'estoit un triomphe de là voir les triomphans accoutremens, tant des entrepreneurs que des autres.

« Icelles joutes se achevèrent devant le Roy et devant les dames, là où il y avait tout plein de belles tilles... Et si je ne eusse sur la mer perdu le papier de mes mémoires, plus à plein vous deviseroie d'icelles deux joutes, tant de leurs touches et atteintes que de leurs accoustremens, qui valoient bien le reciter. »

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Jean Second. Voyage de Malines en Espagne (extrait .

« Le 28 mai i534 j'ai commencé mon voyage en Espagne, joyeux d'une part à la pensée que ce voyage me promettait quelque gloire, mais plongé d'autre part dans le chagrin le plus amer, parce qu'il me fallait quitter tout ce qui m'était le plus cher. La matinée se passa dans les adieux aux amis et les tristes embrassements, si bien que le soleil était déjà levé quand nous quittâmes Malines. Jusqu'à Bruxelles, la route fut heureuse, et le ciel semblait applaudir à nos efforts». Là le poète fait ses derniers adieux aux amis qui l'avaient escorté jusque-là, «nous consolant mutuellement, comme si notre mort était proche. Car, si mourir c'est être séparé de la société des hommes, au point de ne plus avoir le moindre lien avec eux, chacun est presque mort pour le pays d'où il est arraché. La communication par lettres et les salutations lointaines ressemblent trop bien à ces devoirs que nous rendons aux morts, à ces prières, à ces cérémonies sacrées, à tous ces souvenirs glacés et éphémères. Si l'on nous enlève encore tout espoir de revoir à l'avenir la terre que nous avons abandonnée, il faut regarder ce genre de mort comme plus dur que la mort même. Des sages ont cru que nous revivrions après notre mort, pour échanger notre vie contre une condition meilleure ; mais une fois que l'homme a quitté sa patrie, — à moins qu'il y revienne quelque temps après, ou qu'il sache qu'il est libre d'y revenir facilement, — quelle espérance lui restera-t-il après cette espèce de mort ? »

Jean Second voyage en compagnie de quelques amis, les uns à pied, les autres à cheval. A Quiévrain, il quitte son cheval et fait la route à pied, « autant pour prendre de l'exercice, que pour faire plaisir à un compagnon de route

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qui était évidemment fatigué de voyager à pied. En peu d'heures, j'arrivai à Valenciennes avant nos cavaliers. » Dans cette ville, notre voyageur achète un arc, « pour sa sécurité et pour son plaisir; » il avoue qu'il est bon tireur et qu'il tient à justifier la renommée de « ses compatriotes de Malines qui se prétendent avec raison supérieurs dans le tir de l'arc. » 11 repart avec son cheval et arrive à Lvon le 19 juin, vingt-deux jours après le départ de Malines, en passant par Reims, Chàlons, Troye et Dijon.

« Nous nous hâtâmes de gagner Lyon, cette ville célèbre de la France. La route était charmante ; parfois nous nous élevions sur des hauteurs d'où la vue s'étendait sur des montagnes délicieuses qui semblaient envelopper la ville d'une ligne tracée au compas. Descendus de la montagne par un long circuit, pour prendre une route en plaine et y gravir une dernière montagne, nous étions entrés dans la ville avant de la voir, tant elle est ensevelie dans la vallée et trompe le voyageur...

Nous eûmes de la peine à trouver une hôtellerie, par suite de l'arrivée du Roi François l") ; mais le logis ne nous paraissant pas assez commode, nous errâmes pendant près de quatre heures dans tous les coins de la ville sans pouvoir rien trouver à notre convenance, tant la ville était remplie par la gendarmerie royale, ce qui nous permit de remarquer la puissance et la grandeur du monarque. Un heureux hasard nous fit rencontrer Hilaire le poète, et Corneille le peintre, d'anciens amis avec lesquels nous passâmes cette nuit joyeusement.

Le lendemain fut employé à courir ça et là. à regarder la pompe et l'éclat de la Cour, et à contempler le Roi luimême. Une partie des nôtres dîna et soupa chez l'Ambassadeur de l'Empereur (Charles-Quint . Quant à moi, je dînai et soupai avec de bons amis que j'avais rencontrés. Après souper, nous passâmes la Saône dans des barques qui sont toutes prêtes pour aller plus vite et nous pénétrâmes, grâce à un ami, dans le palais du Roi, Là nous

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pûmes voir des jeux variés et des danses de toutes sortes menés par les plus nobles seigneurs de la France, et par les plus nobles damoiselles de France et d'Espagne, en grand apparat. A toutes ces fêtes présidaient le Roi et la Reine, assis l'un et l'autre sur un siège élevé comme sur un théâtre... »

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