‹ Voyages, études et travaux de A.-M. GrétryChapitre 15 sur 66 · LA ROSIÈRE DE SALENCI A · texte numérisé non relu

LA ROSIÈRE DE SALENCI A

Comédie pastorale, en vers, paroles de Pezai; représentée à Fontainebleau, en quatre actes, le ; et à Paris, en trois actes, le

28 février 1777.

Lorsque l'artiste ne confond pas tous les genres clans un même ouvrage, il reste une couleur pour chacun

qu'il sait toujours développer par une action vive et intéressante, Sedaine a laissé au répertoire du Théâtre-Français deux chefs-d'œuvre : le Philosophe sans le savoir, la Gageure imprévue; et comme modèles à l'Opéra- Comique : le Déserteur et Richard. Cœur de lion. Sedaine fut membre de l'Académie française. — Voyez plus loin l'article à propos de la pièce intitulée le Comte d' Albert.

1. Salenci, on le sait, est le village où saint Médard, qui y était né, institua la cérémonie du couronnement de la rosière. Or donc, à Salenci,

134 A.-M. GRETRY

d'eux. La pastorale, qui lient de si près à la simple nature, offre cependant des difficultés, parce que la candeur, la douceur de ses accents ne présentent pas des contrastés assez frappants ni des couleurs assez vives pour l'optique du théâtre. Je voulais faire une pastorale en ma vie ; on m'offrit la Rosière de Salenci, dont tout le monde aimait le sujet. Ce ne fut qu'après mille changements que cette pièce fut fixée au répertoire. Pour monter ma tête au ton de la pastorale, les poésies de Gesner m'occupèrent pendant tout le temps que j'employai à composer la musique de la Rosière. Je crois même que l'on doit remarquer le fruit de cette lecture par la douceur, et j'ose dire la piété des chants qui caractérisent cet ouvrage.

Sans s'y porter en foule, le public a toujours vu avec satisfaction les représentations de la Rosière; il a repoussé les actrices dont les mœurs étaient peu régulières, lorsqu'elles se sont présentées pour remplir le rôle de Cécile; celles au contraire dont la sagesse embellissait le talent ont reçu des applaudissements flatteurs, surtout à l'instant du couronnement; ce qui prouve que les hommes rassemblés aiment la vertu.

Page 1