‹ Voyages, études et travaux de A.-M. GrétryChapitre 17 sur 66 · LES MARIAGES SAMNITES · texte numérisé non relu

LES MARIAGES SAMNITES

ï)rame en trois actes, en vers2, par Durosoy; donné aux Italiens, le 22 juin 1776.

L'auteur de ce poème, reçu avec acclamation par les comédiens, vint m'offrir son ouvrage3; je n'eus pas

1. Lekain, célèbre auteur tragique, né en 1728, mort en 1778, la même année que Voltaire, qui l'avait protégé à ses débuts et dont il incarna les principales créations dramatiques : Mahomet, Orosmane, etc. On lui doit la première tentative de réforme du costume au théâtre. — Jeannot ou Janot, personnage niais, dont l'acteur Volange ût un type populaire et dont le langage , caractérisé par l'interversion des membres d'une phrase, est resté célèbre sous le nom de Janotisme.

2. Il était d'abord en prose, et c'est ainsi qu'il a été gravé. (G.)

3. Le premier poème des Mariages samnites avait été refusé unanimement, et il était bien écrit. Pourquoi le second fut-il accepté ? L'auteur venait de donner Henri IV ou la Bataille d'Ivry, qui avait du succès. Les comédiens ont ordinairement trop de confiance dans l'auteur qui vient de réussir, et trop de défiance s'il n'a pas réussi. (G.)

A. -M. GRETRY

besoin de lui dire que j'avais travaillé jadis sur le même sujet : il le savait; il me pria seulement de lui laisser lire l'ancien poème des Mariages samnites; après quoi, il remarqua que le fond des deux ouvrages était absolument le conte de Marmontel mis en action; que, les situations étant partout les mêmes, ma musique pouvait servir, et que je n'avais que peu de morceaux à faire pour le rôle d'Eliane, qui était de son invention. Je lui laissai donc parodier ma musique; après quoi je fis une revue générale de l'ouvrage pour rendre la prosodie plus exacte. Cet ouvrage ne réussit point ; peut-être que le préjugé y contribua : les spectateurs ne voulurent pas s'habituer à voir sous le casque les acteurs qu'ils voyaient chaque jour dans des rôles comiques.

MATROCO

Drame burlesque, en quatre actes, en vers, par Laujon *; représenté à Fontainebleau l'année 1777, et à Paris le 23 février 1778.

J'avais peu d'envie de mettre en musique ce poème bien écrit, mais rassemblant, sans intérêt, toutes les métamorphoses, les combats de nains, de géants, enfin les forfanteries de tous les romans de la chevalerie. La musique y faisait à chaque instant épigramme, et l'épigramme sortait d'un air de vaudeville. L'ouverture était composée d'airs connus et parlants, qui expliquaient le sujet de la pièce.

Je fis cet opéra pour la cour et par complaisance ; il fut joué à Paris malgré moi, et la flamme a dévoré cette production monstrueuse, en expiation de Fatteinte que j'avais donnée au bon goût.

1. Laujon, né en 1727, mort en 1811, est surtout connu par des chansons.

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