DOUCEUR DE CARACTERE, CANDEUR, PUDEUR
La douceur de caractère qui naît de la simplicité, de l'insouciance, n'est point vertu; c'est l'apanage des êtres nuls. Mais la bonté, l'indulgence, l'affabilité, la pitié, etc., toutes ces vertus se trouvent réunies dans la douceur de l'homme instruit et modéré par principes.
Quel secours peut prêter à autrui l'être impassible l,
1. Les préceptes de l'art dramatique excluent du théâtre les personnages parfaits, parce qu'en effet on les suppose impassibles, et l'on ne peut s'intéresser à des êtres qui ne s'intéressent à rien. (G.)
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possédant une qualité morale qui ne lui a coûté ni sacrifices, ni peines, ni combats ? C'est la tendre tleur qui croît et meurt après avoir donné indifféremment ses parfums les plus doux à l'homme, à l'insecte ou au zéphyr.
Mais l'homme qui a remporté une ample victoire sur ses penchants vicieux connaît tous les chemins qui peuvent conduire à cette douce modération qui fait le charme de la vie, qui rend l'homme moral l'ouvrage de lui-même ; qui lui ferait pardonner son orgueil naturel, si l'orgueil lui-même n'était faiblesse, si la raison enfin ne lui disait que la plus belle des vertus est d'être doux et modéré dans ses plus glorieux triomphes.
Voilà le guide qu'il faut suivre, il ne nous égarera point; ses égarements passés ont payé notre tribut à la faiblesse humaine, et ses vertus, qui les remplacent, sont pour nous l'astre de lumière qui conduit au bonheur.
La pudeur et l'innocence sont compagnes inséparables. Selon l'Écriture, Adam, le premier homme, ne s'aperçut qu'il était nu qu'après avoir péché.
« Adam, où es-tu?
— Je suis nu, Seigneur.
— Si tu n'avais pas péché, tu ne saurais pas que tu es nu. »