‹ Voyages humoristiquesChapitre 18 sur 102 · I.KS I.AIi.MKS !)!•: M A H F. I, F. I X F · texte numérisé non relu

I.KS I.AIi.MKS !)!•: M A H F. I, F. I X F

— Ili'lasl » (lit-ollo en snupiniiit.

■I;iiii,iis rcMiinc tntnipt'o, (lplai.ss(''(\ nbnndnnTK'c, n ;ivait (lil Hélas! avoc tant de douleur.

« Le premier mot de votre histoire n'est pas très-gai, lui dis-je; mais j'écoute d'autant mieux.

— Est-ce que vous vous tlgurez que je vais vous apprendre pourquoi je pleure? vous n'tHes j)as fat à demi.

— l'ourquoi pas?

— Non, jamais ! reprit-elle avec un peu de charlatanisme; c'est un secret entre Dieu, — lui — et moi !

— Je suppose que Dieu n'est j)ourrien dans cette alla ire.

— Dieu est partout, monsieur.

— .Sur la terre et SU!' l'iinde. Mais — lui, —où est-il?

— Lui? Ah! conuiii' ikhis allons lentement!

— Je comprends. Vous le trouverez à Anvers.

— Ail çà ! monsieur, qui êtes-vous donc? Il est bien étrt^nge que je me laisse aller à babiller avec vous, (piand je serais si bien seule.

— La solitude est maitvaise, surtout ici.nu le lleuve est profond.

— Ne craignez rien: ma douleur ne va pas jusquelà. Mais ne trouvez-vous pas que le vent est glacial? je vais redescendre au salon. Ah! la maudite traversée! di's capucins qui se figurent ({ue le dimanche a été institué pour changer de chemise et se laver le cou? Lst-ce (ju'il est possible que saint Pierre laisse pa.sser ^î'?' capucins llamands à la porte du paradis?

— C'est son affaire et non la nôtre. Si vous voulez un ,uili' plus digne de vous, je vous présenterai dans la

pièce réservée; ou plutôt demeurons ici, un si beau clair de lune ! »

Kt, tout en disant ces mots, je mis mon manteau sur ses épaules frissonnantes.

« Est-ce que vous allez à Paris? me demanda-t-elle en se nichant avec grâce dans les plis du manteau.

— Je voyage, lui répondis-je; je ne sais pas où je vais. Je n'ai pas, comme vous, un cœur qui m'attend sur la route.

— 0 mon Dieu! je puis bien vous raconter cette triste histoire; vous croirez m'entendre lire une belle page de roman.

— Et ce sera pourtant une page de votre cœur.

— Comme vous dites très-bien; — une page que je voudrais déchirer à jamais. »

Elle commença ainsi :

« C'était l'an passé, au bal de l'Opéra... »

Mon héroïne en était là de son histoire quand un bruit sourd et menaçant nous arriva par l'escalier; bientôt nous distinguâmes dans la confusion des voix qui criaient : A l'eau! à Veau!

« 0 mon Dieu ! dit-elle en tressaillant, le feu aura pris à la soutane des capucins. »

Je descendis. Tout le bateau était en rumeur : un mauvais plaisant avait proposé de jeter à l'eau les capucins; des charbonniers ivres avaient pris au sérieux la proposition ; il s'était trouvé des champions pour défendre les pauvres frères; le débat était des plus animés et des plus pittoresques. Le capitaine avait beau crier à tue-tête que les capucins (Haient des hommes comme les charbonniers; ou l'accusait de partialiti'', on relu-

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