L.\ C.Il.VNSUN DE CEUX Qll > A IM E N T l'EUS
Qui l'a donc sitôt fuuclicc,
Lt lleui' (les moissons?
Qui Ta donc oflaroufliée,
La muse aux cliaiisons?
Je n'aime plus! Qu'un m'eiileire,
Le ciel s'est fermé.
Je retombe sur la terie,
Le cœur abimc.
Pouifjiioi faut-il encor vivre
Quand Tainour s'en va?
A cette page du livre,
Ci-git, tout est là.
Te souviens-tu, ma maîtresse?
Mon cœur s'en souvient.
Des soleils de notre ivresse
Déjà la nuit vient.
Faut-il que je te rappelle
Les doux alhambras Que nous bâtissions, ma belle,
En ouvrant nos bras?
Ta bouche fraîche, ô ma mie!
Ne m'enivre plus.
Déjîi la vague endormie
Est à son reflux.
Entends-tu le vent qui brame,
0 ma belle, adieu !
Adieu ! sans amour mon àme
Ne croit plus à Dieu !
Quoi! plus d'Eve qui m'enchante!
Plus de paradis !
Faut"il donc que mon cœur chante
Son De profundis ^
.Je l'écoutais avec un cliarliie funèbre. — N'aimer plus quand on a bien aimé, c'est mourir en pleine jeutiesse. Ne pas être aimé n'est rien, car quiconque aime sera aimé ; mais n'aimer plus ! — perdre son Eldorado, son oasis, son paradis et son enfer! — Voilà où elle en est, — voilà où j'en suis.
Lt: SECRET DU SPHINX 155
Car cette chanson qu'elle chante avec tant de tristesse poétique, je crois hien que c'est moi qui l'.ii ri niée.
Or que ferons-nous, — nous doux qui n'aimons plus? Pour franchir le Rubicon de la poi'sie, il faut rtre po<"te; pour franchir le lîuhicon de l'amour, il faut être amoureux.
Paris à vol d'oiseau.
Que de fois, penché à la fenêtre, n'avez-vous pas, des yeux du corps et des yeux de l'esprit, entrevu la ville universelle en travail, la grande ruche sanctifiée [uir les abeilles et dévorée par les frelons?
Allez, mon âme, déployez vos ailes, et revenez dire à ma main ce qu'il faut écrire aujourd'hui.