‹ VoyagesChapitre 9 sur 21 · OTAGE · texte numérisé non relu

OTAGE

la mine vénérable de tons ces prêtres armés de barbe, et les habits finlandais de tous les conviés, qui sont aussi plaisants qu'on les puisse voir. Il y avait entre autres un petit vieillard avec de courts cheveux, une barbe épaisse et chauve sur le devant de la tôte. Je ne crois pas que l'idée la plus vive de quelque peintre que ce soit puisse mieux réprésenter la figure de saint Pierre. Cet homme avait une robe verte doublée de jaune, sans façon, et faisant l'effet d'une draperie, retroussée d'une ceinture. Je ne me lassai point de contempler cet homme, qui était le frère du délimt.

Pendant que je m'arrêtais à considérer ce^ homme, les autres avaient des occupations plus importantes, et buvaient en l'honneur du défunt, et à la prospérité de sa famille d'une manière surprenante. Les prêtres^ comme les meilleurs amis, buvaient le plus vigoureusement; et après avoir bu des san« tés particulières, on en vint aux rois et aux grands. On commença d'abord par la santé des belles-filles^ comme c'est la mode par toute la Suède, et de là on monta aux rois.

Ces santés ne se boivent que dans des vases proportionnés par leur grandeur à la condition de ces personnes royales; et pour m'exciter d'abord, on me porta la santé du roi de France', dans un pot qui Siurpassait autant tous les autres ^i hauteur, que ce grand

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prince surpasse les autres rois enpuissance.

C'eût été un crime de refuser cette santé. Je la bus, et vidai ce pot fort courageusement.

11 n'y avait pas d'apparence, étant ea Suède» d'avoir bu la santé du roi de France, et d'oublier celle du roi de Suède. On la but dans un vase qui n'était guère moins grand que l'autre, et après avoir fait suivre plusieurs santés k celle-ci, tout le monde se tut pour faire la prière.

Il arriva malheureusement dans ce temps qu'un de notre compagnie dit im mot plaisant, et nous obligea à éclater de rire si longtemps, et d'une m^ère si haute, que toute rassemblée, qui avait les yeux sur nous, en fut extrêmement scandalisée. Ce qui était de plus fâcheux, c'est que tout le monde avait été découvert pendant le repas à cause de nous, et qu'on avait emporté nos chapeaux, en sorte que nous n'avions rien pour cacher le ris dont nous n'étions pas les maîtres ; et plus nous nous efforcions à l'étouffer, et plus il éclatait^ Cela fit que ces prêtes, croyant que nous nous moquions de leur religion, sortirent de la salle et n'y voulurent plus rentrer. Nous lûmes avertis par un petit prêtre, qui était plus de nos amis que les autres, qu'ils avaient résolu de nous attaquer sur la religion. Nous évit&mes pourtant de parler avec eux siir cette matière, et nous les all&mes trouver dans un autre lieu où. était passée l'assemblée

pour toner, tandis qu'on letaît les tables.

On apporta ponr dessert des pipes et xiu tabac, et tous les prêtres burent et fumèrent jusquti ce qu'ils tonibassent sous la taMe.

Oe fut ainsi qu'on arrosa la tombe de Joannes TomaBus, et que la fête finit. Olaûs Oraim, gendre du dôftint, se traîna le mieux qu'il put pour nous conduire^ et notre bateau, le pot èi la main ; mais les Jambes lui manquèrent : il s'en fallut peu qu'il ne tombât dans la rivière ; et par nécessité, deux hommes le ramenèrent par-dessous lel bras.

Nous croyions que toute la cérémonie fût terminée, quand nous vîmes paraître le lendemain matin Olatts Graan, suivi de quelques autres prêtres, qui nous^ venait prier de mm trouver au lendemain.

Je vous assure, monsieur, que cela me sorptit : je n'avais jamais eirtendu parler de lendemain qu'aux noces, et je ne croyais pas qu'il en fût de même aux enterrements. Il làilttt se résoudre è; y aller ime sçconde Yois, et nous eteies une conférence avec Olaûs ' Oraan, pendant le bon intervalle qu'il souffrit entre l'ivresse passée et ia fcttore.

Cet OlaQs ^raan, gendre du défont, est prêtre de la i^ovineetie Pitha, lionjme savant, ou se disant tel, géogrn4>he, cMmiste, chirurgien, mathématieicDi, et se piquant surtout de sav(^ la langue fhmçtuse, qu'il parlsdt comme vous pouvez juger par ce i^mpliment

qall nous fit : La grajikle ci6l (nous répéta-t^ il plusieurs fois) consenre tous et votre applicabilîté tout le temps qi;e vous verrez vos . gris cheveux, n oous montra deux médailles, , l'une de la reine Christine^ et l'autre était im 8icle des Juifs» qui représente, d'uo^ côté la verge de Holse, et de Tautre une coupe d'où sort une manière d'enc^is. Entre toutes les autres qualités, il prétendait avoir, celle dou posséder en ptffectian,la.p^annacie,. et pour, noua, le prouver^ il tinif xle pluaieucs poches quantité de hottes, de. toutes girandeurs, , de con£ortatifs^ et a8seE.pour lever une houtique. d'a^ot^caire* û me.donna un morceau det testicule de castor, et m'assura qu'il tirait une. huile.admicaUe.de la queue de* cet animal, q^i servait à toutes, sortes de maladies.

Quan4Q^re.conversation fut ânie, onnous reconduisit où nous avions été le jour précédent,, où chacun, pour faire honneur audéfunt, hut. épouvaulAhlement; et.ceux.<îgl purent s'en retournèrent chez..eux.

Nwm demeurâmes k Tomo, à notre retour :

de U^nie, pendant huit jours*

Lemercredi et la jeudi se passèmntii Ten* / >^' ^''/ terremtnt.

Le vendredi^ samedi et dimanche ne furent '* ' remaarqualdes q^apar les visites continuellea . que nous reçûmes, oiVIl fallait faire boiretout lennmde»

Le lundi, le bourgmestre nous doima à

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