V0TA6E
les couleurs, dé jaunes^ de bléfaes, dé Testes» de .violettes; et ces dernières nous parurentles plus pleines de métal et'les meillôures;'
Nous fîmes l'épreuve dé quantfté^de pierres dlBûmant que nous trouvâmes sur là roche; mais elles avaient perdu presque toute leur force par le feu qu'on avait fait au-dessus ou: au-dessous : ce qui ûl que nous ne voulûmes point nous en charger, et que nous diilérftmes d'en prendre à la mine de fer à notte retour; Après avoir considéré, toutes leis. machines et les pompes qui servent à élever Veau, nous»
contemplâmes à loisir toutes, les montagnes couvertes de neige qui nous environnaient.
Cest sur ces roches que les Lapons habitent l'hiver, ns lès possèdent en propre depuis Iji division de la Laponie, xiuî fat faite du temps de Gustave- Adolphe^ père de la reine . Chris- • tine. Ces terres et ces montagnes leur appartiennent, sans que d'autres puissent s'y établir; et, pour marque de leur propriété, il»
ont leurs noms écrits sur quelques pierres ou sur quelques endroits de la montagne qu'ils ont eue en propriété ou qu'ils ont habitée :
tels sont les rochers dé Luparava, Kerquerol, KiIavara,Limg, Dondere, ou roche du Tonnerre, qui ont donné le nom aux familles des Lapons qui y habitent, et qu'on ne connaît dans le pays que par les surnoms qu'ils ont pris de ces roches. Ces montagnes ont quelquefois sept ou huit lieues d'étendue; et quoiqu'il
demeurent toyjoui:» sur la. mûme roche, ils ne
laissent, pas de clia^ger forisouventde place ^lorsque ^a^nécessilé . la 4emande, . et .que les /rennes ont consommé toute la mousse qui
létait autour f de leur ihaMtation. . Quoique .cer- ;tains lapons .aient, pendant l'hiYer certaines ^ 'terresûzes, il y. en a l^eaucoup dayantage qui :«oiErenttoujours,!et desquels, on ne. saurait .trctQTer Thabitation; ils sont tantôt, dans. les abois. et tantôt, pro£lie des.^0Sy ' ^^on qu'ils ^^nt besotii 4e: pécher ou de .chasser;, et on ne .les^voit jqiue, lorsqu'ils Tiennent Thiver aux
foires, pour troquer kun^^eaux.contre autre
¥jho8e]dontils ont hesoipr.et^.pour.apportei'le iïtrihut<qu!ilS)payent^u.roLde Suède, dont ils
cuisaient. (facilement s'exempter, s'ils ne ^voulaient pas.se trouver it eea foires. Mais la ^mécesBitéiqu'ils.ontdeivfer, 4.'acier, de corde,
de couteaux et autres, les oblige à venir.en itas endroit^r où ils4roa¥ei^.ee< dont ils. ont I ilwsoin. ..Lei tnibutqu'ils: payent, esb d'ailleurs r fort peu. de chose. Les pius.riches. d'entre eux, j^andiis auraient miUe.ou douze cents reo- ,aes,- comme, il s'en rencontre quelques-uns, .nC] .payent ordinairement que deux ou trois -«^us tout au plus.
-Après, que nous nous fûmes amplement fnvfbrméade toutes ces choses^ nous reprîmes .de dfônnn. de notre cabane, et nous vîmes en croassant les forges où l'on .donne, la. première
16nte au cuivre.. C'est là. ,au:on sépare jce qu'il
y a de plus grossier; lorsqu'il a été assez longtemps dans le creuset pour pousser dehors toutes ses impuretés, avant que de trouver le cuivre qui est au fond, on lève plusieurs feuilles qu'ils appellent rosettes , oans lesquelles il n'y a que la moitié de cuivre, et qu'on remet ensuite au fourneau pour en ôter tout ce qu'il y a de terrestre : c'est la première façon qu'on lui donne là; mais il faut à Konges *qu'il passe encore trois fois au feu pour le purifier tout à fait, et le rendre en état de prendre sous le marteau la forme qu'on lui veut donner.
Le jeudi, le prêtre des Lapons arriva avec quatre de sa nation^ pour se trouver le lendemain à un des jours de prières établies par toute la Suède, pour remercier Dieu des victoires que les Suédois ont remportées ces jours-là.
Ce furent les premiers Lapons que nous vîmes, et dont la vue nous réjouit tout à i^ait. Us venaient troquer du poisson pour du ta* bac. Nous les considérâmes depuis la tête jusqu'aux pieds. Ces hommes sont faits tout autrement que les autres. La hauteur des plus grands n'excède pas trois coudées; et je ne vois pas de figure plus propre à faire rire. Ils ont la tête grosse, le visage large et plat, le nez écrasé^ les yeux petits, la bouche large, et une barbe épaisse qui leur pend sur l'estomac. Tous leurs membres sont propor^
DE LAPONia 37
tioonés à la petitesse du corp^ : les Jambes sont déliées^ les* bras longs; et toute cette petite machine semble remuer par ressorts.
Leur liabit d'hiver est d'une peau de renne îsAte comme un sac, descendant sur les genoux, et retroussée sur les hanches d'une ceinture de cuir ornée de petites plaques d'argent; les souliers, les bottes et les gants sont de môme : ce qui a donné lieu à plusieurs historiens de dire qu'il y avait des hommes vers le nord velus comme des bêtes, et qui ne se servaient point d'autres habits que de ceux que la nature leur avait donnés.
Ils ont toujours ime bourse des parties de renne qui leur pend sur l'estomac, dans laquelle ils mettent une cuiller. Ils changent cet habillement l'été, et en prennent un plus léger, qui est ordinairement de la peau des oiseaux qu'ils écorchent^ pour se garantir des moucherons. Ils ne laissent pas d'avoir par-dessus un sac de grosse toile, ou d'un drap gris -blanc, qu'ils mettent sur leur chair; car l'usage du linge leur est tout k £Etit inconnu.
Us couvrent leur tête d'un bonnet qui est ordinairement fait de la peau d'un oiseau gros comme un canard, qu'ils appellent ioom^ qui veut dire en leur langue boiteux, à cause que cet oiseau ne saurait marcher : ils le tournent d'une manière que la tête de l'oiseau