‹ VoyagesChapitre 6 sur 21 · OB LAPONIE W · texte numérisé non relu

OB LAPONIE W

Bb laissent «tu milieu des bois, sur le sommet •d'un arbre qu'ilfe ont coupé, toutes les munitions nécessaires ; et on entend rarement parler qu'ils aient été volés. Le pasteur, comme ^vous pouvez croire, monsieur, ne s'éloigne •pas dans ce temps ; et c'est pour lors qu'il reçoit les dîmes de peaux de rennes, de fromage, de gants, de souliers, et autres choses, suivant le pouvoir de ceux qui lui font des 'préseiïts.

Les Lapons les plus chrétiens ne se contentait pas de donner à leurs pasteurs, ils font aussi des offrandes h l'église. Nous avons vu quantité de peaux de petits-gris qui liendaient devant l'autel; et quand ils veu- 1 ient détourner quelque maladie qui afflige ' leors troupeaux, ou demander à Dieu leur fffospérité, ile portent des peaux de rennes À l'église, et les étendent sur le chemin qui con- Jduit è l'iautcl, par où il faut nécessairement que le pBôtre passe ; et ils croient ainsi s'attirer la bénédiction du ciel. Les prêtres ont 'lieauooup d'affaires pendant ce temps ; car «omœe la plupart ne viennent que cette foi»

frl^lise pendant toute l'année, il faut faire «pendant huit ou quinze Jours tout ce qu'on firait nilleurs en une année. C'est dans ce temps que la plus grande partie fi&it baptiser l0B,eitfiEiilt8, qu'ils enterrent les corps de ceux qioi sont morts pendant l'été; car lorsqu'il foeuft f uelqu'un dans le temps qu'ils sont

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▼ers la mer Occidentale, ou 'dans quelque autre endroit de la Laponie, comme ils ne sauraient apporter les corps, à cause de la difficulté des chemins, et qu*ils n'ont point de commodité pour les transporter, ils les enterrent sur le lieu où ils sont morts, dans quelque caverne ou sous quelques pierres, pour les déterrer rhi ver, lorsque la neige leur donne la commodité de les porter à Téglise.

D*autres^ pour éviter que les corps ne se corrompent, les mettent dans le fond de Teau, dans leur cercueil, qui est, comme j'ai dit, d'un arbre creux ou de leur traîneau, et ne les tirent point que pour les porter au cimetière. Ils font aussi leurs mariages pendait la foire: comme tous leurs amis sont présents à cette action, ils la di£fèrent ordinairement jusqu'à ce temps, pour la rendre plus solennelle et se divertir davantage.

Les marchandises que les Lapons apportent à ces foires sont des rennes et des peaux de ces animaux : ils y débitent aussi des peai\x de renard, noires, rouges et blanches; de loutres, gulonum^ de martres, de castora^ d'hermines, de loups, de petits-gris et d'ours; des habits de Lapons, des bottes, des gants et des souliers; de toutes sortes de poissons secs et des fromages de rennes.

Ils changent cela contre de l'eau-de-vie, de gros draps, de l'argent, du cuivre, du fer, du soufre, des aiguilles, des couteaux et des

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peaux de bœuf^ qui leur sont apportés par les Moscovites. Leurs marchandises ont toujours le même prix : un renne ordinaire se donne pour la valeur de deux écus ; quatre peaux vont pour un renne ; un limber de petits-gris, composé de quarante peaux, est estimé la valeur d'un écu ; une peau de martre autant; eelle d'ours se donne pour autant ; et trois peaux blancÈies de renard ne coûtent pas davantage. Le prix des marchandises est limité de môme : une demi-aune de drap est estimée un écu; ime pinte d'eau-de-vie autant ; ime tivre de tabac vaut le môme prix ; et quand on veut acheter des choses qui coûtent moins, le marché se fait avec une, deux ou trois peaux de petits-gris, suivant que la chose est estimée.

Tous ces marchés ne se font plus avec la même franchise qu'ils se faisaient autrefois; et conmie les Lapons, qui agissaient avec fidélité se sont vus trompés, la crainte qu'ils ont de l'être encore les met sur leurs gardes à tel point, qu'ils se trompent plutôt euxmêmes que d'être trompés.

n n'y a rien qui fasse mieux voir le peu de christianisme qu'ont la plupart des Lapons, que la répugnance qu'ils ont d'aller à l'église pour entendre le prêtre, et pour assister à Voffice. Il faut que le baiî.li ait soin de les y faire aller par force, en envoyant des gens dans leurs cabanes pour voir s'ils y sont, û

70 wyajs»

y en a «qui, pour «'exempter d'y tfU^, Isl donnent de Tarifent ; quelques^nos croient pouvoir se dispenser d!assiâter à la pr^cation, en disant qu'ils y étaient Tannée passée, et d'autres s'imaginent avoir une eKcnse légitime de is'absenter, ^a disant qu'ils sont d'une autre église à laquelle ils ont été. Cela fait voir clairement qu'ils ne sont tdarétiens que par force, et qu'ils n^ donnent des mar- ^lues que lorsqu'on les contraint de le faire. Nous fûmes occupés le reste de ce jour, eA toute la matinée du mardi, à graver sur une pierre des monuments étemels^ qui devaient faire connattre à la postérité que trorâ Fran* çais n'avaient cessé de voyager qu'où:ia terre leur avait manqué, et que, malgré les mal^ heurs qu'ils avaient essuyés, et qui aucaient rebuté beaucoup d'autres qu'eux, ito étaient V)enus planter leur colonne au bout du monda, et que la matière avait plutôt manqué à leurg travaui^ que le courage à les souffrir* Linseaription était telle:

Gallianos gênait; yidit nos Afriea; Oangon Hausimus, £uropam(}He octilrâ iastraTimas i rCaftibus et variis acii tsrrftque n)ariq«e, Bio taad«m stetimus, nobis ubi defult orbii.

DX Fercourt, bb G0R9KR0N, lUaiuika.

^8 Aogusti 1681.

Nous gravâmes ces vers sur la pierre etanf le bois ; et quoique le lieu où nous étions ne fût pas levéritableendroitpour lesinsttre»

n:....HK„C;r

DE tAWmiR 7Ï

nous y iSEtîssftmes powtaat ce«x (jue ncraa ayicms gravés sur le bois, qui furent mi» dttn» réglise au-dessus de l'autel.

KotLS portâmes les autres arec nous pour les mettre au bout du lac de^TomotrescK^ 'V*-- A > ^'"^ d*où.ron voit la mer Glaciale, etoft ûmt'l\r- ' ' nlvers..

LfOrsque les Lapons qui devaientnous cobk duire et nous montrer le chemin furentairis»

vés de chez eux, où ils étaient allés pour prendre quelques petites: provisions, consis* tant en sept ou Iniit fromages de renne' et quelques poissons secs, nous partîmes dé eliez les prêtres sur les cinq heure» du soir et vînmes nous reposer' à un torrent impé*tueux qu'ils appellent Vaccho, où nou» arrivâmes à une heure après minuit. Nous eûmes le plaisir, tout le long dû chemin, de voir le coucher etTaurore du soleiren môme temps.

Le soleil se coucha ce jour-là à onze heure»

et se leva à dérux, sans qu'on cessât de voit aussi clair qu'en plein midîi Mais, lorsque les jours sont les plus lon<?s, c'est-à-dire trois semaines devant la Saint-Jean et trois semaines après, on le voit continuellement pendant tout ce temps, sans qu'au plus ba»

da sa course il touche la pointe des plus hautes montagnes. On est aussi, pendant les plus courts jours de l'hiver, deux mois entiers sans le voir ; et l'on monte à 1» Chandeleur sur le sommet des montagnes, pour le regarder

wfc^mli^

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poindre pendant un moment. La nuit ii*esl pourtant pas continuelle > et sur le midi il paraît un petit crépuscule qui dure environ deux heures. Les Lapons, aidés de cette lunùërs et de la réverbération de la neige, dont la terre est toute couverte, prennent ce temps pour aller k la chasse et à la poche, qu'ils nat unissent point, quoique les rivières et les lacs soient gelés partout, et en quelques endroits de la hauteur d'une pique : mais ils font des trous dans la glace d'espace en espace, e^ poussent, par le moyen d'une perche qui va dessous cette glace, leurs filets de trou en trou, et les retirent de môme. Mais ce qu'il y a de plus surprenant, c'est que bien souvent ils rapportent dans des filets des hirondelles qui se tiennent avec leurs pattes à quelque petit morceau de bois. Elles sont coomie mortes lorsqu'on les tire de l'eau, et n'ont aucun signe de vie ; mais lorsqu'on les aj^ proche du feu, et qu'elles commencent à sentir la chaleur, elles remuent un peu, puis secouent leurs ailes, et commencent à voler comme elles font en été. Cette particularité m'a été confirmée par tous ceux à qui Je l'ai demandée.

Nous nous mîmes le mercredi matin en chemin, et, après avoir passé de l'autre côté du torrent, nous fîmes une petite lieue à pied. Nous roncontrâmes dans notre chemin la cabane d'un Lapon, faite de feuilles et de jsrazon:

toutes ses bardes étaient derrière sa eabane sur des planches, qui consistaient en quelques peaux de rennes, quelques outils pour travailler, et plusieurs filets qui pendaient sur une perche. Après avoir tout examiné, nous poursuivîmes notre route à l'ouest dans les bois, sans suivre aucun chemin. Nous trouvâmes dans le milieu un magasin de Lapon, construit sur quatre arbres qui faisaient un espace carré. Tout cet édifice, couvert de quelques planches, était appuyé sur ces quatre morceaux de bois, qui sont ordinairement de sapin, dont les Lapons ôtent Técorce, afin que particulièrement les loups et les ours ne puissent nK)nter sur ces arbres, qulls frottent de graisse et d'huile de poisson. Cest dans ce magasin que les Lapons ont toutes leurs richesses, qui consistent en poisson sec ou chair de rennes. Ces gardemanger sont au milieu des bois, à deux ou trois lieues de l'endroit où le Lapon a son habitation : le môme en aura quelquefois deux ou trois en différents endroits. C'est pourquoi, comme ils sont exposés continuellement à la foreur des botes, ils emploient toute leur adresse pour rendre leurs efforts vains; mais il arrive bien souvent, quoi qu'ils puissent faire, que les ours détruisent tout le travail d'un Lapon, et mangent en un jour tout ce qu'il aura amassé pendant une année entière, ainsi qu*il arriva à un certain que nous trou-

É-fjèA jr i F m w ii iiiiaiii I Ji " i nii ii iii rm ii Q i i ii T i i-^ ' i i fontjfi

vAmeê sur le lac â6 Tornotrescb, jet que n(xsM nuic<mtrâ,me8 à notre retour, fort désolé de ce- que les ours ayaient détruit son xuagasin, «tcidévorè tout ce qui était dedans.

Ils ont t»eoce une autre sorte de réservoir, 4^u'ils appellent tia//a, qui est pourtant coxam les Autrasau milieu des bois, mais qui n'est <yiÀid sur uuBeul pivot. Ils coupent un axbre de la bauteur de six ou s&git pieds^et xoettenk «urle tronc deux morceaux de bois en.Groix, fiur lesquels ils rétablissent ce petit édiûo^ qui fait le même effet que le colombier, et qju'ils couvrent de planches. Os n'ont d'autre 4tehelle pour monter à ce réservoir qu'ils trône d'arbre dans lequel ils icreusent cammi des espèces de degrés.

Après «voir encore marché environ use <d»mi*heure, nous arrivâmes sur.le boi:€ du i«c, . où nous troûvÀmes un petit Liston exArètmemant vieux, avec son fils» qui allait k la iptdche. Nous rinterrtogeAaïes sur quantité de choses, et particulièrement sur «cm ftge, x^iH JD» miftit pas ; ignorance oedinaiee aux Laitons, qvà presque .tous n'ont pas mâsae.k «euvenir de l'année dai» lacioeUells làirnoX, 0tq^i ne connaiiasettfc les 1»mpa que par U fittcceasion de Thiver à .l'été. Nous lui don* aâBMs du tabac et de l'eau^denvie; et il nous dit que, nous ayant Aperçue du haut de sa 4)abaBM, il s'était isauvé dans le boûa, 4'où il pouvait pourtant nous voir ; j9t'.qWajF«nt jre*

Dft LAPONIE 7^

oomm que nous ne lui avions fait aucun dommage, et que nous n'ayions emporté aucune chose, il s'était hasardé à sortir de son fbit pour vaquer h son travail. Le hoz. traitement gênons limes à ce pauvre homme en tabae et en eaiMle^vie, qui est le plus grand régal qu'on puisse faire aux Lapons, fit qu'il nous promit de nous mener chez lui à notre retoui^ et qu'il nous ferait voir ses rennes, au nombre de soixante^x ou quatre-vingts, et tout son petit ménage.

i Nous passâmes outre, et aUftmes passer là RLuit dans la cabane' d'un Lapon qui était à firendroif où le làc commence h former le fleuve. Il y a longtemps, monsieur, que je vous parle des maisons des Lapons, sans vous en avoirftdt 1* description ; il faut contenter votre curiosité.

Les Lapons n'ont aucune demeure fixe, niais il» vont'd*un lieu à un autre, emportant Bvec eux tout ce qu'ils ont. Ce changement de: place se fait, ou pour la commodité delà pêefie, dont ils vivent, ou pour la nourriture de leurs rennes, qu'ils chertîhent ailleurs lorsqu'elle est consommée dans l'endroit où fis vivaient. Ils se mettent ordinairement pendantl'étésurle bord -des lacs, à l'endroit où sont les torrents; et l'hiver ils s'enfoncent davantage dans les bois, aux endroits où il»

croient trouver de quoi (Yasser. Ils n'ont paa de p^ne à déménager promptement : en un

quart d'heure ils ont plié toute leur maison, et chargent tous leurs ustensiles sur des rennes, qui leur sont d'un merveilleux secours; ils en ont en cette occasion cinq ou six sur lesquels ils mettent tout leur bagage, comme nous faisons sur nos chevaux, et les enfants qui ne sauraient marcher.

Ces rennes vont les uns après les autres ; le second est attaché d'une longue courroie au col du premier, et le troisième est lié au second; ainsi du reste. Le père de famille marche derrière ces rennes, et précède tout le reste de son troupeau, qui le suit comme on voit les moutons suivre le berger. Quand on est arrivé en un lieu propre pour demeurer, l'on décharge les botes, et l'on commença à b&tir la maison. Ils élèvent quatre perch(;s qui font le soutien de tout leur b&timent. Ces bâtons sont percés h. l'extrémité d'en haut; et joints ensemble d'un autre sur lequel sont appuyées quantité d'autres perches qui forment tout Tédiûce^ et font le môme effet que lerait une cloche. Toutes ces perches servent à soutenir une grosse toile qu'ils appellent waldmar, qui fait ensemble et les murailles et le fort de la maison. Les plus riches emploient ime double couverture pour mieux se garantir des pluies et des vents, et les pauvres se servent de gazon. Le feu est au milieu de la cabane, et la fumée sort par un trou qu'ils laissent pour cela au sommet. Ce

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feu est continuellement allumé pendant Thiver et pendant Tété : ce qui fait que la plupart des Lapons perdent la vue lorsqu'ils arrivent sur l'âge. La crémaillère pend du iiautdu toit sur le feu: quelques-unes sont faites de fer: mais la plupart sont d'une branche de bouleau, au bout de laquelle il y a un crocbet. On voit toujours un chaudron qui pend sur le feu, et particulièrement Thiver lorsqu'ils font fondre la neige; et lorsque quoiqu'un veut boire, il prend de la neige dans une grande cuiller et Parrose de cette eau bouillante, jusqu'à ce qu'elle soit entièrement fondue. Le plancher de leur ca« bane est fait de branches de bouleau ou de pin, qu'ils jettent en confusion pour leur ser« vir de lit. Voilà, monsieur, quelles sont le» habitations des Lapons. Là sont les vieux comme les jeunes, les hommes et les femmes, les pères et les enfants. Ils couchent tous ensemble sur des peaux de rennes, tout nus, ce qui occasionne bien souvent des désordres fort dangereux. La porte de la cabane est extrêmement étroite, et si basse qu'il y faut entrer à genoux; ils la. tournent ordinairement au midi, aûn d'être moins exposés au vent du nord.

Il y a encore une autre sorte de cabane, <Ini ' est fixe, et qu'ils font de figure hexagone, avec des pins qu'ils emboîtent les uns sur les autres, et dont les fentes sont bouchées de mousse.

■-.:;^:iii,s^2ë;^sssè^'^r'^'^^ ^ ^:'o.^^^Go6^'f

7ft yeitiAêM

cell$3-lèi flppartîemiesiitactxpiuaricfaesv (fArm^ laissent pas de changée de demeure oommv' \ds autres, mais qui reyienneot' toujoitfs «a: oout de qu^que temps au même endroit^ que est ordinairement sur le bord des cataracte»

qui «^perlent une gzunde comÉood^ pourla»^ pôeàe.

Ce fut dans ims de cesi cabanes i queinoQ».

pass&mes^ la nuit. BUie n'étaiir eouivert» qm de branches entrèhicéesr qui soutenaient dar la mousse. Nbuay rencontrâmesfCtoasrliaiyiB»

que nous saluftinesfen'leur dunnant Iftiaiàn» et leur disazit pourisf,.qm est la siiiitxtioD laponne, qui veut' dire bimnerm. Ce» paHm»

geos nous saluèrent de môme et nim^renâi-^ rent le saint par le Xûxstpmrist eni, s^ez Ir biei»erm 4mssié Hsaceomj^agsièreDt ces* mot»

de leur révénence ordinaire, qu'ils f^t àllb. mode des< Meeeoviles^ en déchissaat les <te«s. geuoaiL Nous ne manqui^nes pas, ponr foirer connaissance, de leur donner: de reaunde^fse: et de cinq ou sis sortes; de manièffe qu*eQ< ayant trop pris pour leur tête, et la eert^Uer commençant à. leur tourner, un d'eux TotdulE faire le sorcier, et prit, son tambour. ConomB cet article est le point de leur superstitionilv plus essentiel, vous voulez bien, monsienc^ que je vous parle de leur religion.

Tout le monde sait que les peuples les plui^ voisins du Septentrion ont toujours été adm^» nés à ridolfttrie et à la magie. Les Finlam-

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û$âa 7 ont exoêUô par^âessas tonsiles flutres,

«i on les dinôt awsi sayants dans cet art dia*

'l^olîque, que «Ils a¥aieiit eu, pour maître Zo-

Toastre ou Circé; Les- «Befens les connaissaient

pour tels; etxtn iantetxr daasoia, en pariant

des Finlandais, desquels les Lapons sont «or-

tis, disait: Tune Biarmenses, arma aritbu9 pcr-

* fmdanks^'cai'fninibus m mmbos eéivere oœlwn,

imtmnque aeris faeieni ^rUti imbrium asperyine

-eonfùâerwnt. « Les Biarmiens, employant leur

^«rt au défaut des armes, éhongent les temps

sereins en tempêtes crueHee, et remplissait

le-^ielde nuages;p8r leurs enchantements. »

'€e)a fait connàittFe que les Biam^ens qui

«ont les ^Finlandftis d'à présent, étaient

^ussiméehants soldats qu'ils étaient grands

'xnagidens. n en peiAe eneore ea un autre

«idrott en ces 'termes : Bmi '^imi ûltimi septen -

irionis tpapuH-; vix qviâem hab^abihm orbis

ierrarumpartem cvdfura ^eomplent : aeer Hsdem

-iélorum est usus mon tUia gens prûmpHoreJaeuland;

periiiafruHur; grandibus et iatts sagittis^ dimietmt^

ineantationiÊm studits incumhunt, etc. « Les Jln-

!andaiS"Sont, dit-il, les derniers peuples qui

habitent vers le Septentrion; ils viventdans

"^ partie du monde ht moins habitable, et se

^eivcnt si Wen de traits, qu'il n'jr a pas de

nation plus adroite à tirer de Tare ; Hecom-

'battent avectles flèches fort longues et fort

larges, et s'étudient aux enchantements. »

Bi les Finlandais étaient autrefoiAfli «don-

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nés à la magie, les Lapons, qui en 93scendent« ne le sont pas moins aigourd'hui : ils ne sont chrétiens que par politique et pat* force. L'idolâtrie, qui est beaucoup plus palpable, et qui frappe plus les sens que le culte du vrai Dieu, ne saurait être arrachée de leur cœur.

Les erreurs des Lapons se peuvent réduire à deux chefs : on peut rapporter au premier tout ce qu'ils ont de superstitieux et de païen et au second leurs enchantements et leur magie. Leur première superstition est d'observer ordinairement les jours malheureux»

pendant lesquels ils ne veulent point aller chasser, et croient que leurs arcs se rompraient ces jours-là, qui sont les jours de Sainte-Catherine, Saint-Marc et autres. Qa ont de la peine à se mettre en chemin le jour de Noël, qu'ils croient malheureux. La cause de cette superstition vient de ce qu'ils ont mal entendu ce qui se passa ce jour-là, quand les anges descendirent du ciel et épouvantèrent les pasteurs ; et ils croient que des esprits malins se promènent ce jour-là dans /es airs, qui pourraient leur nuire* Ils sont encore assez superstitieux de croire qu'il reste quelque chose après la mort, appelé mânes, qu'ils appréhendent fort; et lorsque quelqu'un meurt en dispute avec quelque autre, il faut qu'un tiers se transporte au lieu de la sépulture, et qu'il fasse l'accord de pacification entre celui qui est vivant et celui qui est

DK LÂPONIE &1

mort. Cestlà proprement Terreur des païens, qui appelaient mânes gtMsi qui maneant posi ùbitum. Tout cela n*est que superstition; mais TOUS allez voir ce qu'ils ont d'impie, de païen, de magique.

Premièrement, ils môlent indifféremment Jésus-Christ avec leurs faux dieux, et ils font un tout de Dieu et du diable, qu'ils croient pouvoir adorer suivant leur fantaisie. Ce mélange se remarque particulièrement sur leurs tambours, où ils mettent Storiunehar avec sa famille au-dessus de Jésus-Christ et de ses apôtres. Ils ont trois dieux principaux : le premier s'appelle Thor, ou dieu du tonnerre ; le second Storiunehar ; et le troisième Parjute, qui veut dire le soleil.

Ces trois dieux sont adorés des Lapons de Lula et de Pitha seulement, car ceux de Kimiet et de Tomo, parmi lesquels j'ai vécu, n'en connaissent qu'un, qu'ils appellent Sey ta, et qui est le môme chez eux que Storiunehar chez les autres. Ces dieux sont faits d'une pierre longue, sans autre figure que celle que la nature lui a donnée, et telle qu'ils la trouvent sur le bord des lacs ; en sorte que toute pierre faite d une manière particulière, raboteuse, pleine de trous et de concavités, est pour eux un dieu; et plus elle est extraordinaire, plus ils ont de vénération pour elle.

Thor est le premier des dieux; et c'est celui

qB^ûB croient maître da tonnem et ita'âs 'armrat à'vai marteasi. Sfaoriiisctor est le eecoBd, qui est le ^ricaiie du premier; ««omme qui dirait '£hoTjmsàïBat^ iiâuimemt êe Thor.

n préside à tovn.les 'Hjtlnmifx, tmx oieeatxx eomme aux peieaona; et eonnae je'est 1 «eelLii doDrt ils <mt le !^m iKSOin, c'est ii lu ^SRBSsi k <}Qi ite font ptos de sa«riâees pousse âe rendre favorable. Ite ie mettant orâ^- -aaipement sur le bord jAbs laes et danales forêts, où il étesid sa juridietiQn e^fsât voii *60n pouvoir. Le troisième dieu, qu'ils ont de commun avec • q«eh|ues lautres ptiXem, sest.ie sotoil, pour lequel ils/ont une ^r^ande vénération, à cause âas ^^randes com- "dod^ltés qu'ils jsh ra^veot. C'est e^ui de "tous les trois qu'as ont, ce me semble, le plus ^c sujet d^dorer. Premdèranent il chasse, c à «on^proche, le froid qui les a tourmenl^s pendant plus i de meuf mois; il découvre la "terre et doMM lanourritnre k leurs rennes; il ramène un Jour qui dure quelques mois, et dissipe les ténèbres dans lesquelles ils ont '^té ensevelis fort longtemps : œ qui faitqu'en «on absente ils ont un grrandrespeot pou£le féu, qu'ils prennent pour une vive représentation du soleil^ ot qui fait en^terre ee que loutre fait dans les deux.

Quoique chaque famille ait ses dieux particuliers, les Lapons ne laissent pas d'avoir

DE UJPOKIE S^

des endroit&ï géxiéraux où iU en. ont <le com^ num». Je.Tous parlerai dans la suite d'un. de. ces lieux où i'ai été moi-même voir leurs k^ tels; et.&'est là qu'ils font ordinairementies sacriûcefir dans Ja manière suivante.

Lorsque les Lapons ont connu, ps^ rex<»

pLoratioia du tambour, qjie leur dieu est altéré de sang, et qu'il demande une Oilrande^, ils conduisent la victime, qui est.un renna. m&le, à l'endroit où est l'autel du dieu k qjuii ilâ veulent sacrifier ,. et ne permettent à. aor cmie£emme ou fille d'approclier de ce lieu^ ki qui il est aussi défendu de sacrifier : ila; ! tuent la victime au pied, de l'autel, ea lui perçant le co&ur d'un coup de couteau. qu!il«f lui enfoncent dans le côté ; puis, approchant de l'autel avec respect, ils prennent de la graisse de l'animal, et dusan^ lepluspro* che du cœur, dont ils frottent. leur dieu avec, révérence, en lui faisant des croix avec 1« même sang. On met derrière, l'idole la oorn»t des pieds, les os^ et les cornes; on pend d'uax côté un fil rouge orné d'étâin, et de l'autren les parties avec lesquelles l'animal augmente son espèce* Le sacrificateur emporte clzez lui tout ce qui peut ôtre mangé, et laissa:^ saulement les cornes à son dieu. Mais quand.

. il. arrive que l'autel du dieu. à qui ils veulent sacrifier est sur le sommet des montagnes'

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sang de la victime, ils prennent une petite pierre qu'ils trempent dedans, et la jettent au lieu où ils ne sauraient aller.

Ils n'offrent pas seulement des sacrifices aux dienx ; ils en font aussi«ux m&nes de leurs parents ou de leurs amis, pour les empêcher de leur faire du mal. La différence qu'ils apportent dans le sacrifice des mânes est que le fil, qui est rouge k l'autre, est noir h. celui-ci, et qu'ils enterrent les restes des bêtes, comme sont les os et le bois, et ne les laissent pas découverts comme ils font sur les autels.

Voilà, monsieur, ce qu'ils ont de semblable avec les païens : voyons présentement ce qu'ils ont de particulier dans leur art magique. Quoi que les rois de Suède aient pu faire par leurs édits menaçants, et par le cb&ti* ment de quelques sorciers, ils n'ont pu abo« lir entièrement le commerce que les Lapons ont avec le diable; ils ont fait seulement que le nombre en est plus petit, et que ceux qui le font encore n'osent le professer ouvertement.

Entre plusieurs enchantements dont ils sont capables, l'on dit qu'ils peuvent arrêter un vaisseau au milieu de sa course, et que le seul remède pour empocher la force de ce charme est de répandre des purgations de femme, dont l'odeur est insupportable aux malins esprits. Us joeuvent aussi changer la

fiice du ciel et le couvrir de nuages ; et ce qu'ils font le plus facilement, c'est de vendre le vent à ceux qui en ont besoin ; et ils ont pour cela un mouchoir qu'ils nouent en trois endroits différents, et qu'ils donnent à celui qui en a besoin. S'il dénoue le premier, il excite un vent doux et supportable; s'il a besoin d'un plus fort, il dénoue le second ; et s'il vient à ouvrir le troisième , il excitera pour :lors une tempête épouvantable.

L'on dit que cette manière de vendre le vent est fort ordinaire dans ce pays, et que les moindres petits sorciers ont ce pouvoir, pourvu que le vent dont ils onb besoin commence un peu à soufrer, et qu'il faille seu« lement l'exciter. Comme je n'ai rien vu de tout ce dont je parle, je n'en dirai rien : mais pour ce qui est du tambour, je vous en puis 4tire quelque chose de plus certain.

Cet instrument, avec lequel ils font tous 'i^urs charmes, et qu'ils appellent kannus, est fait du tronc d'un pin et d'un bouleau qui croit en un certain endroit, et dont les veines doivent aller de l'orient au couchant. Ce kannus n'est fait que d'un seul morceau de bois creusé dans son épaisseur, en ovale, et dont le dessous est convexe, dans lequel ils font deux trous assez longs pour passer le doigt, et pour pouvoir le tenir plus ferme.

Le dessus est couvert d'une peau de renne, sur laquelle ils peignent en rouge quantité

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