CB LAPON
Ce fut pour lors que commença la graiiâe et' principale oraison funèbre, récitée par Joannes Plantinus^ prêtre d'Uma, qui eut une canne d'argent pour sa peine. Je ne puis pas dire s'il rayait méritée, mais je sais qu'il cria beaucoup, et que, pour rendre tous les objets plus tristes, il s'était même rendu M* deux, en laissant ses cheveux sans ordre, et pleins de plusieurs bouts de paille qu'il n'avait pas eu le temps d'ôter. Cet homme dit toute la vie du défunt, dès le moment de sa * naissance jusqu'au dernier soupir de sa vie. H cita les lieux et les maîtres qu'il avait servis, les provinces qu'il avait vues, et n'oublia pas la moindre action de sa vie. C'est la mode en ce pays de faire une oraison funèbre aux laquais et aux servantes, pourvu qu'ils aient un écu pour payer l'orateur.
Je me suis trouvé, à Stockholm, k l'enterrement d'une servante où la curiosité m'avait conduit. Celui qui faisait son oraison funèbre après avoir cité le lieu de sa naissance et ses parents, s'étendit sur les perfections delà défunte et exagéra beaucoup qu'elle savait parfaitement faire la cuisine, distribuant les parties de son discours en autant de ragoûts qu'elle savait, faire; et.forma cette partie de son oraison, en disant qu'elle n'avait qu'un Beul défaut, qui était de faire toujours trop ealé ce qu'elle apprêtait, et qu'elle montrait par là l'amour qu'elle avait pour la prudence.
, jm' -.■** •>* " -, ^A* j^ •
.-Gôbgfë"*
146 TOTAfiB
4(mtle s^' est la i^rM)olBi; etso& pm ^itiiaehe aux biens^de ce monde^^qa'elle ;)et« l\ en profusion. .
Vous TO^z par rlà^ xnoosieusv q^^il^ 7 s î>en dé gpBS. qui na^ puiiasaiiitdQaunr maâièTe de faÈ» kleuar mortiunt oiaidon. funèbre^ et un beau champ à mt orateur d'exarcer son élo^ qiseitce. Maia celui^or airait' use > plus belle manière. Joeones Tomœns était un homme sanant; il avait vojmgéi et ^uiait môme^ébé en fiance préoepteor éà comrte Charles OiuiBB^ tiem*
Qfuand l'oraison fanèbk*e^ut finies on nous- Tint faire encore un comidiiiient lattu^ponr ctoieurer au festin. Quoi^usnoua n'entendis^ sions pas davantage à ce> second compliment qu*au premier, n^us xt'eûmea pas de peineà BOUS imaginer; ce qu^il.nouB< Y(»ilait dim.* nos vôtres ne noi» disaient que tnop ce que ce pouvait être ; etils) se plaignaient si hant qu'il étaitprès detiiois houresqu'llan'avaiant manfré^ qu'il ne fut' pas plus difElcile à coe. ^na d'entendre leuv langage qu'à nous le.
leoar.'
On nous mena daaatuiegrandfisalle» àifi* séeea larois longue» taUes;^ et c'était le.lifiEt dlionneur. lïj en avait ciiKiioa six autres «icore plus pleines qusj celle-ci, pour rece^ voir teus les gens qui s^ypséseataient.
Les préludes du repas fuirent de i'6auHde«vie 4e bièrei et uae autre' liqueur qnlfai ajptpem
lent eakhxUy faite a^ec dô la bîère> du Tin, et âa socre^ deux aussi môolmiites boissons qui poiSBent entnN; dans le ccm^s Immain. On Bervitensniteles tables, et«n nous fit asseoir «u plus haut bout de 1» i»emière table, iavec les prôtres du premier «rdre, tels qu'étaient le père prédicateur et autres. On oommençtr le repas dans le silosee comme partout ailleurs^ et wmme le sujet le 'demandait: ee 4ipû. fit dire à Plarutin, cpiiétaità côté de umdï,^ -qulls appelaient les con^iriés NeUû N sig^âe, Neque vox, née termo Bffriditwr ex^ote eorum^ioquebantur vûrHs iHnguis; inwnmm éerram tiâv^ sontts eorum.
Toutes ces paroles étaient tirées de l'Ecritâre, et je ne crois pas 'quVm les puisse mieux faire venir qu'à, <9Bt endroit ; car <m ne peut se figuier une image plus vtve des noces de Cana, que le tableau qnenous en vîmes représanter 'devant nos yeux, i^us beau et plus naturel que celui de Paul Yéronèse. Les tables étalât couvâtes de viandes partieulières, et, si je l'ose dire, antiques, car il y avait pour le moins huit joursqu'elles étaient euites. Des gtands pots de différentes matières, faits la plupart comme ceux qu*4m portait aux sacrffîces anciens, paraient oMà table et falsaientpar leur nombre ui^ confusion semblable à celle que nous voyons laussi aux anciens banquets.
Mais ce qui adievait cette peinture, c'étfât
__ Digitiz^yGoOgk;^