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etc. etc. Il y à encore une foule d’autres associations qui s'occupent d'éducation, de religion, de médecine, de chirurgie, d'agriculture, d'industrie, ete.
Les établissements d'éducation sont très-nombreux à Paris. L'Académie Universelle où l’on trouve des écoles de droit et de médecine, et le Collége de France où les plus habiles professeurs font des cours sur les sciences exactes et naturelles, la médecine, le droit public, la philosophie, la littérature, l'histoire, les langues ; l'Ecole polytechnique, l'Ecole normale, le Conservatoire royal des arts et métiers, l'Ecole d'astronomie, etc., occupent le haut de l'échelle. Sept colléges et près de 900 écoles, salles d'asile, pensionnats et maisons d'instructions fréquentés par plus de 75,000 étudiants, dont près de 2,000 adultes, viennent
après.
Paris possède trente et quelqués biblieihèques publiques, à la tête desquelles on peut mettre celles de l’Institut, Sainte Geneviève, des Députés, du Louvre, la bibliothèque Mazarine et enfin la bibliothèque Nationale qui est la plus considérable et la plus riche de toutes. Elle est placée dans la rue Richelieu, où elle eccupe un vaste édifice borné par les rues Vivienne. Colbert et des Petits Champs. Elle contient 1,400,000 volumes imprimés, dont 700,000 à peu près à la disposition du public, 100,000 manuserits, 300,000 plans et eartes, 1,000,000 d'estampes et gravures el 400,006 iédailles La fondation en remonte trèshaut. Charlemagne que lon trouve sans cesse à ln tête de tont ce qui est utile et grand, voulant former une bibliothèque, ramassa quelques manuscrits, Küns que son dessein eût beaucoup de succès.
Saint-Louis ne réussit guère mieux,et fut
obligé de donner ses Jivres à divers couvents. Le roi Jean possédait dix volumes dont six sur l’histoire et les sciences, et quatre sur la religion. Charles V, plus heureux, porta à 900 volumes environ la collection, qui fut disperséc cependant dans les désastres du règne de Charles VI. Petit à petit, une nouvelle collection put se former sous les règnes suivants. Elle atteignait 7,000 volumes sont Louis XIII, et 70,000 sous son successeur. Jacques Anriot, les deux de Thou et Casaubon ont travaillé avec succès, dans leur temps, à l’augmenter.
C'est en 1721 qu'elle fut placée où elle est aujourd'hui.
On me montra le fauteuil de Dagobert, cs bon roi qui assassina son oncle, fit massacrer dans une nuit dix mille familles et couper la tête à tous les Naxons plus haut que son épée. Il faut
ne
avouer pourtant qu'il se traita lui-même assez rudement si l'on en juge par ce fauteuil d’airain, dont la possession lui est attribuée par une tradition du reste assez contestable. Napoléon voulut s’en servir en 1804, pour distribuer des croix d'honneur à ses soldats. Le fauteuil qui est fort petit, fut transporté à Boulogne, et le nouveatt conquérant, assis dessus, distribua ses récompenses à ceux qui allaient vaincre une seconde fois les Saxons et les Slaves,
Après avoir parcouru la bibliothèque dans tous les sens, j'allai faire visite à l’un des fidèles partisans de Charles X et de Ja restauration, M. Paulin Guérin, peintre éminent de France, à qui nous devons notre excellent artiste M. Plamondon. Il me reçnt très-bien, me montra son atelier dans lequel se trou-
vaient des toiles d'un très-grand mérite
sorties de son pinceau. Îl me parla avec
intérêt de son élève: mais il en avait fait un peintre trop parfait pour le : Canada. car M. Plamondon a été depuis obligé d'abandonner ses chevalets pour PAgriculture. Trop ami de la perfection, il donnait à ses œuvres un fini qui n'était pas apprécié et qui demandait trop de temps pour le prix qu’on lui en offrait. L'esprit commercial va trop loin en Amérique pour favoriser les beaux arts. De simples ébauches ont aux yeux de la multitude la valeur de morceaux achevés : il faut seulement savoir les faire valoir. Le Canada n'avait pas encore reçu de peintres formés sous des maîtres de l'école française. Nous ignorons si M.
Hamel, qui a remplacé M. Plamondon à Québec, et qui sort des écoles de Rome, sera plus heureux.
En sortant de chez M. Paulin Guérin,
je gagnai, la rue Vivienne, au bout de laquelle se trouve la Bourse, un des beaux monuments de Paris. C’est un édifice à colonnes dans le style de la Magdeleine, et qui a plus de 400 pieds de longueur.
Soixante-six colonnes corinthiennes en font le tour, appuyées sur un soubassement de neuf pieds de hauteur, et supportant un entablement et un attique; un perron règne à chaque bout. L’'intérieur se compose d’une grande salle qui peut contenir 2,000 personnes, d’une galerie décorée de colonnes, et d'un grand nombre de bureaux. Il y avait peu de monde lorsque j'y passai.
Un autre édifice occupé par le commerce et qui mérite d’être vu, c'est, la Halle aux grains, située près de la rue de Grenelle, et bâtie sur l'emplacement de l’ancien hôtel de Soissons, dont il ne reste plus qu’une tour qui ressemble à
une colonne. La Halle est une vaste rotonde dont une coupole en fer forme le toit, et qui, à part cette coupole, me rappelait ces tours militaires élevées à l'entrée de la campagne pour protéger l'approche de Québec.
Le Jardin des Plantes où je me rendis ensuite, et qui couvre un espace considérable, est situé à une des extrémités de la ville, sur le bord de la Seine. C’est un des plus beaux monuments scientifiques de la France. Guy de la Brosse, médecin de Louis XIII, engagea ce prince à le fonder en 1625. Une foule de savants ont travaillé à en faire ce qu’il est aujourd’hui, entre autres Tournefort, Jussieu, Buffon, Daubenton, Fourcroy, Cuvier, (reoffroy- Saint-Hilaire, etc. Buffon, ce grand peintre de la nature, fit plus peut-être qu'aucun autre pour l'enrichissement du musée. Je parcourus les vastes galeries
de botanique, de minéralogie, de géologie, de zoologie et d'anatomie ; je visitai la bibliothèque, l'amphithéâtre destiné aux cours publics, le jardin, les serres et la ménagerie, et jamais je ne compris mieux l'infinie variété dans l’unité de la nature
Le cabinet d'anatomie comparée, créé pour ainsi dire par Cuvier, renferme des squelettes de toutes les espèces d'animaux, et embrasse les reptiles, les oiseaux et les poissons. Ce cabinet qui occupe une douzaine de salles, contient Je ne sais plus combien de milliers de préparations anatomiques. Le corps de l’homme y est analysé dans toutes ses parties. Ses muscles, ses organes des sensations, de la circulation et de la secrétion, ses viscères sont là développés sous vos yeux. Le cabinet de zoologie, qui est presque aussi spacieux, contient plus de 140,000 spécimens classés avec
tant de clarté que l’on peut suivre toutes les gradations de la nature animale.
depuis l'éponge jusqu'à l’homme. Plus de 50,000 échantillons forment la collection minéralogique et géologique. En parcourant les cabinets, les serres, la ménagerie et le jardin, on voit tous les senres et tous les grades depuis l’insecte microscopique jusqu’à l'animal le plus colossal vivant où empaillé, depuis la plante la plus exiguë jusqu’à l’arbre le plus élevé. Les végétaux sont classés d'après leur nature et leur famille, de même que les animaux et les oiseaux empaillés. Les oiseaux et les animaux vivants occupent un coin du jardin.
Les cabinets d'histoire naturelle et de minéralogie sont comme on voit, extrêmement riches et dignes en tout de la haute réputation scientifique de
la France. La bibliothèque qui y est
attachée embrasse toutes les parties du vaste royaume de la nature. Si l’homme peut prétendre à une étincelle du feu divin, c’est bien dans ce lieu qu'il doit aller en chercher les titres.
Après avoir visité le jardin, la bibliothèque, les cabinets remplis d’échantillons de tous les règnes de la nature, Je me dirigeai vers le Labyrinthe, sentier qui conduit en serpentant au sommet d'un monticule ombragé par des sapins et un cèdre du Liban planté là en 1735 par Bernard de Jussieu. Du haut de ce monticule, couronné d’un kiesque, la vue découvre tout Paris. Tout près est le tombeau de Daubenton indiqué par quelques pierres brutes et une petite colonne tronquée. Ce qui me touche toujours en Europe, ce sont les monuments des orands hommes, ces tombeaux
élevés par la reconnaissance et l’admiration et qui manquent presque totalement dans les pays nouveaux.
Le reste de ce chapitre que nous regrettons de ne pouvoir reproduire en entier est consacré à la description des monuments et des principales places de Paris, à une visite au cimetière du père Lachaise, et à des observations sur les salons de Paris, les théâtres, et sur l'agriculture et Le commerce de là
France.
Dans le mois d'Aoùût l'auteur revient à Londres où M. D. B. Viger, Agent du Bas-Canada auprès du Gouvernement Anglais, le prend pour son Secrétaire.
Je comptais toujours revenir à Québec dans l'automne : mais des événements se préparaient qui allaient me retenir en Europe beaucoup plus longtemps que je n'avais songé. Le lendemain j'allai voir M. Viger que sa mission commençait à occuper sérieusement. M. Stuart que l'assemblée législative avait accusé de malversations dans l’accomplissement de ses fonctions de procureur général,
était passé à Londres pour se défendre, et avait transmis une longue justification au ministre des colonies, lord Goderich, qui fut communiquée à M. Viger, et qui nécessitait une réplique. M. Isidore Bédard, membre de l'assemblée législative comme M. Viger, et actuellement à Londres, partait pour la France et l'Italie.
Après quelques jours il fut convenu que je resterais en qualité de secrétaire auprès de l’agent diplomatique du Canada, ce que j'accueillis comme une bonne fortune, et je commençai sans perdre de temps à en remplir les fonctions.
Lorsqu'il fut décidé que je resterais à
Londres, j'écrivis à mon père et à mes
amis à Québec pour leur apprendre la cause inattendue qui me retenait en Angleterre. Je croyais encore mon pauvre père bien portant dans ce moment, et
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une pleurésie nous l'avait enlevé un mois après mon départ du Canada.
Malheureux dans toutes ses entreprises, il n'avait réussi en rien, Il emporta seulement avec lui dans la tombe la réputation d’un citoyen honnête et religieux comme l'avaient été ses pères.
Les Méditations de Lamartine et la Mort de Socrate que je lisais alors, me parurent d’un plus grand charme dans l’état où était mon esprit. J'allai à la chapelle catholique de Lincoin's Inn Field Square, où l'on entendait de la belle musique vocale, et où les fidèles, restes échappés aux persécutions religieuses des temps passés, me semblaient enveloppés du prestige que donne le triomphe de la justice sur le mort J'arrêtai un autre jour à une Synagogue.
J'y trouvai des hommes le chapeau sur la tête priant et chantant tour à tour. Ils
étaient debout et se balançaient en s’envoyant le buste en avant et en arrière comme des gens qui s'amusent. Rien n’est plus simple que la tenue d’un temple hébreu. Il y avait plusieurs vieillards à longue barbe, mais je n’y vis aucune femme. On sait qu'elles ne sont pas admises dans la Synagogue toute imprégnée des idées de l'Orient.
Le lendemain j'entrai dans une église de quakers ; elle était pleine d’un monde qu'on distingue partout à son costume.
Les quakers sont des gens industrieux et honnêtes ; quelques bizarreries n’em pêchent point qu'ils ne soient partout respectés. Du reste, les sectes peu nombreuses peuvent éloigner les mauvais sujets de leursrangs plus facilement que
les catholiques, les grecs ou les calvinistes.
Je ne saurais dire combien il y a de religions à Londres ; mais heureusement
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que personne n'ose proclamer bien haut que les fidèles de l’une soient plus vertueux et plus purs que ceux de l’autre- En général il n’y a pas grande différence à cet égard.
Pour remplir mes nouvelles fonctions. je me rendais tous les jours chez M.
Viger, qui persistait à loger au Café de Londres, où je l'avais trouvé la première fois que je l'avais visité.
Il fallut d'abord parcourir la défense de M. Stuart, qui formait un volume folio imprimé de l'épaisseur du doigt, et que M. Viger résolut de réfuter ligne à ligne, afin de ne rien laisser sans réplique. J'étais chargé de faire deux copies de cette réfutation, l'une pour le ministre des colonies et l’autre pour le Canada.
Je suivais M. Viger dans sa rédaction.
Au bout de quelque temps, le ministre
en demanda la traduction qui fut confiée à un jeune avocat de Londres, M. Rose, et qui fut imprimée comme le reste.
Outre l’œuvre de réfutation qui devait, par ses détails, prendre nécessairement beaucoup de temps, M. Viger s’interrompait à chaque malle américaine, pour écrire à M. Papineau et quelquefois à M.
Neilson et à d’autres amis,ce qui se passait dans la métropole au sujet de notre mission et de notre pays. Il adressait aussi de temps à autre des lettres ou des mémoires au ministre sur différentes questions de politique coloniale, et obtenait souvent des entrevues avec lui ou son assistant, dans lesquelles il apprenait sans doute au gouvernement bien des choses qu'il n'aurait jamais sues, mais qui étaient plus propres, je présume, à importuner
sa conscience qu'à la tranquilliser, s’il
voulait faire disparaitre sourdement notre nationalité comme l'Acte d’(fnion, et
toute sa conduite avant et depuis ne le prouvent que trop. Bientôt M. Viger reçut un appui indirect dans l’artivée de l'agent du Haut-Canada, M. McKenzie, qui se mit à attaquer, de son côté, avec une vigueur toute nouvelle, le système suranné qu’on persistait à vouloir maintenir dans les colonies.
C'est ainsi que nous fumes occupés Jusqu'à mon départ pour revenir au Canada. Nous travaillions du matin au soir sans relâche ; après la réfutation de la défense de M. Stuart dans un premier mémoire, il fallut répliquer à une seconde défense de l'accusé tout surpris de l'attention prêtée par le gouvernement aux remontrances de la province.
Dans ce travail que je faisais presque tête à tête avec lui, j'appris bientôt à connaitre M. Viger, qui ne cessa point d'être pour moi plein d'égard et de poli-
tesse pendant tout le temps que je restai à Londres, c’est-à-dire jusqu’en 1838.
Souverft nous sortions ensemble ; nous allions généralement vers les parcs et l’ouest de la ville. Nous dinions quelquefois en route chez un restaurateur ; d’autres fois, lorsqu'il ne sortait pas, M.
Viger me retenait à diner avec lui.
Nous nous mettions à une de ces petites tables dont j'ai déjà parlé. Le Café de Londres était l’un des premiers hôtels bourgeois de la capitale. Les vins, les mets, le service y étaient excellents.
Ceux qui le fréquentaient appartenaient à tous les états entre la somptueuse noblesse et la moyenne aisance, car la vie y coûtalt de trois à quatre piastres par jour, surtout pour celui qui buvait des
vins français. (C'étaient des juges, des avocats, des rentiers, des bourgeois, des médecins, des ingénieurs et surtout des AMOR Rise etne cire CARRE
J'avais fait, depuis quelque temps, connaissance avec un jeune avocat appartenant à une société de discussion composée en grande partie de jeunes confrères. Il voulut m'y faire agréger.
On y discutait des sujets politiques, des questions de droit, etc. Plusieurs membres montraient de véritables talents pour la parole. Les sujets étaient souvent traités avec habileté et dans un style toujours convenable. Il est inutile d'ajouter que l’art était recherché avec le plus grand soin. Il n’aurait pas fallu être à Londres, à ce grand foyer de toutes les œuvres d'esprit de la nationalité anglaise, pour négliser ce qui mei le
dernier sceau à la culture de l'intelli-
gence. Ce sont ces premiers essais qui dévoilent les talents, les rassurent et les.
mettent sur la voie où ils doivent cueillir plus tard des triomphes et des lauriers.
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On a cherché à établir des sociétés semblables au Canada : mais elles n’ont pas eu beaucoup de succès jusqu'à présent. La réputation et la fortune s’y acquièrent à bon marché pour qu'on se livre constamment à de pareils travaux.
Ce qui peut expliquer pourquoi l’on trouve si peu de valeur réelle dans les discours de la plupart de nos notabilités politiques lorsque le moment de l’excitation est passé. Nous ne parlons pas de littérature parce qu'à proprement parler il n’y en a pas encore sur les rives du Saint-Laurent, où laruineet l’oubli ne tardent pas d'accueillir ceux qui osent s'y livrer.
J’assistais quelques fois aux cours de
justice, J’entrai un jour, par hasard, à
celle de chancellerie, où je trouvai lord Brougham sur le tribunal. Je pus le
voir tout à mon aise, étant peu éloigné
Te
de lui. Ce grand orateur, cet homme
d’une si grande science, était excessive-
ment laid. Il avait un nez retroussé qui s’avançait en pointe, et de petits yeux enfoncés et perçant se serrant à la racine de ce nez qui a tant amusé les caricaturistes. Sa perruque officielle de laine grise à trois boudins, mise de travers sur sa tête, n'était pas faite pour cacher ces défauts. Mais l’ensemble de sa figure était vive d'intelligence et de lumière ; sa voix était pénétrante, et son geste facile et expressif. Il me parut sur son siége plein d’égards pour le barreau, et il mettait en parlant aux avocats dans le moment cette bonhomie qui rappelait l’ancienne amitié du confrère et lu haute considération pour leur science. Cela me frappait d'autant plus que je n'étais pas accoutumé à voir toujours au Canada cette politesse familière et affectueuse
régner entre les juges et le barreau. Je
me rappelais le ton de morgue que prenaient trop souvent, disait-on, nos juges envers ceux qui les approchaient, bien que faute de lumières sur certaines choses, quelques uns de ces juges écrivissent même leur langue assez imparfaitement. Je voyais là que la véritable science, dans une haute civilisation, rapproche les hommes et les rangs. Je voyais devaut moi l’un des plus savants hommes de l'Angleterre, revêtu de la plus haute charge judiciaire du royaume, discuter savamment avec les avocats, comme avec des collèones ou des amis, les points qui les occupaient.
Il ne faut pas que j'oublie de parler ici d’un homme à qui le Canada doit de la reconnaissance. M. Hume vient de descendre dans la tombe entouré de la considération générale. J'ai entendu plusieurs fois cet homme d'état dans la
chambre des communes et dans les assemblées publiques de la ville. Il s’est montré en tout temps l’ami et le défenseur désintéressé du Canada, et surtout de ses habitants français. M.
Viger le vit plusieurs fois, et toujours il eut lieu d’être satisfait de ses bonnes intentions pour nous. C’est donc avec regret que j'ai vu dernièrement la résolution de nos représentants de s'abstenir de toute expression de sympathie pour l'épouse de l’ancien défenseur de nos droits les plus chers. L'avenir de notre race n'est pas encore assez assuré pour manquer sitôt de reconnaissance. La gratitude n'a jamais fait de mal à personne.
M. Hume était un homme plus gros que grand, parlant toujours sensément, et versé surtout dans les questions d'économie, Na grande fortune lui
permettait d'employer plusieurs secrétaires pour recueillir les renseignéments dont il pouvait avoir besoin dans toutes les questions qui s'agitaient dans le parlement, de sorte qu’il n’était jamais pris au dépourvu. Les services de M. Hume ne seront pas méconnus par l'histoire.
Je connus M. Roebuck et M. McGregor chez M. Viger.
M. Roebuck était un petit homme fort actif, plein de talents, qui faisait son chemin en dépit presque de la fortune.
Il avait recu une partie de son éducation au Canada, où sa mère devenue veuve et
qui s'était remariée avec un fonctionnaire public, avait passé avec son mari.
M. Roebuck qui avait pris la profession d'avocat, s'établit à Londres. Il se mit à écrire dans les journaux et dans
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on
les revues: Son talent d'écrivain attira l'attention des libéraux sur lui. Il était aussi bon orateur qu'écrivain. Il fit sensation dans les assemblées publiques et fut reconnu pour un homme infatigable qui serait d’un grand service à son parti. On le fit élire à Bath qu'il représente encore, je crois, dans le parlement.
Il va sans dire qu'il était l’ami des libéraux du Canada et de la chambre d’assemblée. Il fut prié de plaider leur cause en parlement chaque fois que l’occasion s'en présenterait ; etils’acquittait de sa mission avec autant de zèle que d’habileté.
La première fois que je le vis, il entra à pas précipités chez M. Viger, avec un tas de papiers sous le bras. Il s’assit un instant, resta debout plus longtemps, et l'expression de sa figure faisait connaitre sa pensée avant l'expression des paroles.
Je le vis ensuite plusieurs fois, toujours chargé de papiers et toujours doué de cette rapidité d'esprit et de cette abondance d'idées qui le distinguent. M.
Roebuck est devenu l’un des principaux orateurs sur le grand théâtre parlementaire, jouant aujourd'hui un grand rôle dans la question d'Orient. J'étais fier que cette jeune plante se füt développée au soleil du Canada.
M. McGregor était un homme fort instruit et doué aussi de grands talents.
Il s'occupait surtout de commerce et d'économie politique. Son ouvrage sur
les colonies anglaises de l'Amérique du
Nord, le meilleur qui eût paru dans ces derniers temps, et dans lequel il parle avec bienveillance des Canadiens, attira l'attention de l'Angleterre et surtout du gouvernement sur iui; car on ne peut trop le dire à la gloire de la France et de
l'Angleterre, les vrais talents ont une grande influence sur l'opinion publique de ces deux pays, et par contre coup sur le pouvoir lui-même. M. McGregor fut bien accueilli des hommes d'état; plus tard il devint membre de la chambre des communes, et aujourd’hui il occupe un poste important dans le Bureau du commerce, ani forme, Comme on sait, partie du gouvernement.
M. McGregor se maria pendant que
j'étais à Londres, t quelque temps après je fus invité avec M. Viger à aller passer
la soirée chez lui. Nous fûmes accueillis avec cette politesse exquise et simple qui adoucit tant les rapports de la vie. Nous y trouvâmes quelques dames et queiques messieurs. Madame McGregor fut d’une amabilité parfaite. M. McGregor, en sa qualité d'homme de lettres et d’économiste distingué, laissait de teanps à autre
briller à la surface de sa conversation les idées qui l’occupait dans son cabinet.
Madame McGrescor mêla la musique à nos causeries : elle joua du piano et chanta plusieurs jolies mélodies écossaises, qui donnèrent un nouvel élan à la conversation. On parla du caractère national des peuples et de l’enjouement naturel de la race celtique, à laquelle appartenait M. McGregor qui venait des montagnes d’Ecosse,
lette gaité cependant, en Ecosse comme en Irlande, se voile aujourd'hui de plus en plus. On s'aperçoit que la
conquête et le mélange des races ont
passé par là.
Plus tard, je fus invité à une soirée où je rencontrai madame Gore, l’auteur de plusieurs ouvrages estimés en Angleterre. (C'était une dame de très-belles
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manicres, et quin’avait pas du tout la froideur que l’on reproche souvent aux beaux esprits. Son léger embonpoint relevé par un coloris brillant, donnait un air élevé à sa figure, que voilaient aussitôt son esprit et ses grâces. Elle fut charmante toute la soirée sans'laisser paraître le moindre petit plis de bas bleu, comme on désigne souvent à Londres, les dames qui ont la faiblesse d’imiter les hommes en faisant imprimer leurs pensées ou les gracieuses distractions de leur imagination.
Je connaissais encore depuis quelque temps un ancien officier à demie-paie, qui vivait à Londres en vieux garçon.
Le colonel Home, c'était son nom, avait fait toutes les campagnes d'Espagn?. A la paix, il avait vécu quelques années en France, où il avait connu la famille de M. Derivas, le commensal que j'ai déjà