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nommé plus haut. Il nous avait fait visite une fois ou deux, lorsqu'il nous invita à aller prendre le thé chez lui un bon soir. Nous acceptämes sa prlitesse avec plaisir, car malgré la différence d'âge, sa conversation avait beaucoup d'attrait pour moi ; et à l'heure fixée nous sonnions à sa porte dans le voisinage de St. James Square. IL nous reçut avec cette familiarité pleine d’égards que M. Derivas avait coutume de Jui témoigner à lui-même lorsqu'il était à Nantes. Nous parlämes de la France, de l'Angleterre, de Napoléon, du duc de Wellington, de leurs campagnes ; nous limes raconter au colonel quelques uns des épisodes de sa vie militaire : nous causâmes ensuite du Canada et de l'Ecosse, sa patrie, et puis nous nous retirâmes vers minuit iort contents de notre soirée. Quelque temps après nous l'invitâämes à notre tour. Le colonel
était un bel homme, qui touchait à peine à la vieillesse. Il parlait assez bien le français, et avait perdu sur le continent cet air exclusif et local qui déplaît tant aux étrangers en Angleterre.
Quelque temps après mon retour au Canada, M. Derivas m'écrivait * “Le colonel Home s’informe toujours de vous, el m'a chargé maintes et maintes fois de le rappeler à votre souvenir.’ J'aime à revenir sur les réminiscences d’un temps déjà loin de moi et qui sont toujours agréables à mon cœur.
Je trouvais la société la plus délicieuse dans les hommes de lettres ow les horimes qui, comme le colonel Home, AVaAent vu beaucoup de choses, et j'étais heurer.: de les entendre et d’être témoins des égards dont ils me paraissaient entourés. Cette espèce de culte venant
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de toutes les classes, surtout des classes les plus élevées, semblait élever à son tour le domaine de l'esprit, et marquer la place qu'occupent les hautes intelli-
æences chez une grande nation.
Je voyais dans ces réunions littéraires et scientifiques les hommes des rangs les plus dive : ‘: réunir comme des frères pour discuier les secrets de la nature, ou apprécier les œuvres du génie.
Une noble ambition étouffait les atteintes de la jalousie, que l’opinion publique, du reste, savait bientôt désarmer par sa toute puissance, lorsque cette justice se manifestait avec trop peu de réserve.
Il me semblait que chaque nation en Europe, craignant d'être dépassée par une autre dans les armes, dans les lettres, dans les arts, dans les sciences, n'avait pas assez de paroles d'encouragement
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Pour ceux qui marchaient les premiers dans toutes ces carrières de la gloire et du génie.
Les agréables réunions dont Je viens de parler m’amènent naturellement à dire quelque chose des mdfurs sociales de l'Angleterre.
Si la société politique est bruyante et tumultueuse dans cette libre Albion, si l'aristocratie est fière et somptueuse à la ville, la société domestique est en revanche fort paisible dans la classe moyenne.
Mes loisirs étaient alors remplis par les affaires de la Pologne, dont la situation avait quelqu’analogie avec la nôtre.
La Pologne luttait pour sa nationalité comme nous ; mais les circonstances
étaient aussi différentes dans les deux pays que l’organisation de la société l’est dans les deux hémisphères.
J'étais lié d'amitié depuis quelque temps avec le Dr. Schirma, naguère professeur de philosophie morale à l’université de Varsovie, et ancien élève de l’université d'Edimbourg. Ayant pris part à la dernière révolution de Pologne, il avait éié obligé de s’expatrier à la suite des s'iccès des Russes, et vivait à Londres où 1l avait plusieurs connaissances parmi les hommes de lettres. Il m'initia aux affaires de son pays et à la politique de Russie.
Quoiqu'il en soit, les Anglais qui s'intéressaient au sort de la Pologne, formèrent une association qui prit le
nom de ‘ Société Littéraire des Amis de
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la Pologne,” et qui élut pour son président l’auteur des ‘“ Pleasures of Hope,” Thomas Campbell, et pour vice-présidents le comte de Camperdown, lord Panmure, et MM. Beaumont et Wyse, deux membres de la chambre des communes. Cette association qui s’étendit ensuite à plusieurs villes d'Angleterre et d’Ecosse, comme Hull, Bristol, Birmingham, Manchester, etc., adressa des pétitions au parlement pour appeler son attention sur les affaires de la Pologne, publia divers mémoires pour faire connaître à l'Angleterre la situation des choses à Varsovie. Les débats se renouvelèrent plusieurs fois dans les deux chambres, et surtout aux communes où lord Palmerston et lord John Russell repoussèrent, au nom du gouvernement, toute intervention, persuadés probablement que l'Angleterre seule était incapable de faire exécuter sa volonté sur les bords de la Vistule.
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Dans l'intervalle j'avais été agrégé à l’association, et le secrétaire honoraire, M. Adolphus Bach, m'écrivait la lettre suivante :