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de la nuit, sent, dès le matin, les rayons du soleil qui viennent l’embellir ; elle croît, elle ouvre ses tengres boutons, elle étend ses feuilles vertes, elle épanouit ses fleurs odoriférantes avec mille cou-
leurs nouvelles ; à chaque moment qu’on
la voit, on y trouve un nouvel éclat.
Ainsi florissait la nouvelle ville d’Idoménée sur le rivage de la mer ; chaque jour, chaque heure, elle croissait en magnificence, et elle montrait de loin aux étrangers, qui étaient sur la mer, de nouveaux ornements d'architecture qui s’élevaient jusqu'au ciel. Toute la côte retentissait des cris des ouvriers et des coups de marteaux ; les pierres étaient suspendues en l'air par des grues avec des cordes. Tous les chefs animaient le peuple au travail, dès que l'aurore
paraissait...
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“ Dans ce port on voit comme une forêt de mâts de navires, et ces navires sont si nombreux qu'à peine peut-on découvrir la mer qui les porte. Tous les citoyens s'appliquent au commerce et leurs grandes richesses ne les dégoûtent jamais du travail nécessaire pour les
augmenter.”
C’est au milieu de tout ce bruit que retentit sans cesse la hache du défricheur.
Tout marche avec tant de rapidité, que les villes et les villages s'élèvent et chansent d'aspect d’une heure à l’autre. Après avoir parcouru ainsi quelques parcelles de l'Amérique, le désir de voir l'Europe, à laquelle l'Amérique doit tout ce qu’elle est, augmentait chez moi
à mesure que j'en voyais la réalisation
plus probable. Enfin,cet heureux moment
arriva, et c'est le résumé de mes courses et de mes observations en France et en Angleterre, que j'ose présenter au lecteur dans l'ouvrage qui va suivre. Je ne puis prétendre enseigner rien de nouveau sur des peuples et des contrées dont les auteurs, cent fois plus habiles et plus instruits que moi, ont fait des peintures qui ne périront pas. Mais on pourra prendre quelqu’intérêt à suivre, dans ces faibles esquisses, les impressions d’un voyageur sorti d’une société où l’uniformité et l'égalité sont à peine troublées, où les traits de la civilisation ne se montrent encore que sous les formes de l'utilité, si je puis m'exprimer ainsi, et qui se trouve jeté tout à coup au milieu d’une civilisation très-avancée, trèsartificielle, et où l’uniformité et l’égalitc
n'existent pour ainsi dire nulle part.
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