‹ Voyages [microforme]Chapitre 5 sur 16 · D DU LL · texte numérisé non relu

D DU LL

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Nous débarquons, M. Marlay, et moi, le 19 à (travesend, où nous passons là nuit. J'avais hâte de mettre le pied sur cette vieille terre d'Europe. Gravesend est une jolie ville. entourée de promenades champêtres, à dix lieues de Londres. Nous parcourumes Îles rues et les places publiques jusqu'au soir. Les rues jus étroites que larges et bâties en briqu. . : aient encombrées sur plusieurs ‘points d'une population qui sentait son marin d'une lieue à la ronde. Cette population à quelque chose d'amphibie comme celle des villes maritimes. Les bateliers, comme ceux &e Londres, sont des gaillards courts mais épais, qui conduisent ieurs petites barques fort légères avec une adresse et une souplesse qui font plaisir à voir. Ce sont des flettes à fond plat de quelques pieds de longueur.

qu'un seul homme dirige avec un aviron dans chaque main.

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On ne cessait point de voir passer sur la Tamise des navires, des steamers, et des embarcations de tous genres.

Nous montàmes le lendemain matin, à 9 heures, sur le vapeur le Pearl, pour Londres, où nous arrivâmes à une heure.

La capitale nous fut annoncée plusieurs milles à l’avance par les deux rangées de navires de cinq ou six de profondeur qui se pressent le long des deux rives, ei qui sont couverts de pavillons de toutes les nations. [l ne reste au milieu du fleuve qu'un étroit passage pour les valsseaux qui entrent et qui sortent.

Nous remontâämes ce passage jusque dans le voisinage du Pont de Londres, en. démélant au milieu des mâts de vaisseaux, dans la profondeur, les longues cheminées de brique des usines qui

couvrent le rivage, et à notre droite la

Tour-Blanche avec ses quatre tourelles,

élevée par Guillaume-le-Conquérant, puis la Douane, superbe édifice dont je parlerai plus tard, élevée en face du fleuve. En mettant le pied à terre, nous fûmes assaïllis par une foule de porteurs et de coachmen, qui saisirent, l’un un porte-manteau, l’autre un sac de nuit, et nous fümes plutôt portés que nous ne montâämes dans une voiture, et nous nous dirigeàmes vers le Turks Head Coffee House, hôtel du Strand, où mon compagnon de voyage avait coutume de descendre lorsqu'il visitait la capitale, pendant son cours à l’école militaire de Woolwich.

Nous défilämes je ne sais combien de rues plus où moins longues, plus ou moins étroites, bordées de maisons et de magasins très-élevés en brique brunie par la fumée et par le temps. Une foule pressée de cabriolets, de grosses charrettes

quérant, dont je face du Te, Nous porteurs l'un un nuit, et nous ne et nous ss Head où mon tume de capitale, taire de

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bardées de fer, tirées par quatre énormes chevaux, qui semblaient hors de proportion avec les étroites issues qu’ils fréquentaient, nous obligeaient souvent de ralentir la marche et de serrer les maisons. Dans Fleet Street, quoique la voie s’élargit, les voitures et les passants augmentant sans cesse, ne laissaient guère plus d'espace. Je pus jeter en passant un coup d'œil sur l'Hôtel du Maire, la Banque et l'église St. ranl.

Plus bas, nous passèmes sous une porte.

reste des anciennes fortifications, et nous atteignimes enfin le Sérand,intermédiaire entre la partie est de Londres, ou le quartier des affaires, et la partie ouest, ou le quartier de la noblesse et des rentiers.

Le Strand est une position centrale bien choisie pour l'étranger qui veut voir Londres et qui n’a pas grand temps à perdre.

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Lorsque nous eùmes retenu nos chambres et rajusté notre toilette, nous nous fîimes servir le {unch. Dans les hôtels de Londres, comme dans ceux du reste de l'Angleterre, les sailes à manger sont garnies de petites tables pour une ou plusieurs personnes, que l'on sert à la carte. Nous goutâmes au rosbif froid et au vin de Madère, que nous trouvâmes excellents, puis je m'occupai du prowramme de mes courses dans la grande capitale. Londres était alors une ville d'un million six cent mille âmes à peu près, Cette population, qui atteint aujourd'hui le chiffre de 2,250,000 âmes, occupait un espace, jusqu'aux limites extrêmes des faubourgs, d'environ douze milles carrés; mais la masse solide des maisons n'occupait guère plus de six milles sur quatre. La ville entière pouvait renfermer 250,000 maisons, bâties sur 7 à 8,000 rues, ruelles, cours où jardins

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répandus des deux côtés de la Tamise, mais les deux tiers au moins sur la rive gauche, avec tous les grands monuments.

Puis l'auteur fait une description assez détaillée de Londres, de ses rues, de ses monuments, et en particulier de Wlutehall et de Westminster.

C'est un peu plus bas sur la même rue, que se trouve la magnifique église de Westminster. J’y suis allé plusieurs fois pendant mon séjour à Londres.

Quoique je n’en aie visité l'intérieur, pour la première fois, que trois ou quatre jours après mon arrivée, je vais r'unir ici tout ce que j'en ai à dire.

L'église de Westminster est une église gothique en forme de croix, bâtie, pour la première fois, par saint Edouurd-le-Confesseur, et consacrée au culte catholique en 1065. Cruillaume-le-Conquérant voulut y être couronné l'année suivante, et son

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exemple à été suivi depuis par ses successeurs. Elle a subi bien des vicissitudes. Détériorée par le temps, en partie incendiée, elle fut reconstruite presqu'entièrement à diverses époques telle que nous la voyons aujourd’hui.

Les Normands trouvant l'architecture des Saxons trop simple, l'embellirent et lui donnèrent la magnificence et la richesse qui distinguent les monuments de cette nation. Henri VII fit bâtir, au bout du chœur, en dehors, la chapelle qui porte son nom et qui fut dédiée à la Vierge. C’est l’un des plus beaux morceaux d'architecture gothique de l'Europe, achevé dans le style le plus fleuri, le plus léger et le plus élégant.

Cruillaume et Marie firent réparer l’église de Westminster par le célèbre architecte sir Christopher Wren, et achever les tours alors d’inégale hauteur.

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Les contreforts, les clochetons, les

. vitraux et les sculptures multipliées } nu et fantastiques tant intérieures qu'exté- 4 rieures de la chapelle de Henri VII, donnent une haute idée de l'esprit À inventif et original des architectes du : moyen-àge. Ni le style gothique n’a - point la simplicité et l'élégance classique

du style grec, on ne peut lui refuser

la grandeur et la richesse. ‘“ C’est, dit un auteur, sous le règne de Philippe-

Auguste, que s'introduisit en Europe le style sarrasin, improprement appelé

gothique, lequel fit oublier le style grec

introduit par les Romains. Son caractère

consiste dans les formes sveltes d’une . extrême légèreté des colonnes groupées - avec chapitaux mesquins, d'où partent . des nervures qui, comme les branches

… d’un arbre, se déployent en dessinant les … arêtes des voûtes angulaires ou ogivales.”

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L'église de Cantorbéry, dont je parlerai ailleurs, .est aussi spacieuse que l’église de Westminster, mais celle-ci l'emporte par l'intérêt qui se rattache à son histoire. L'église de West:ainster a 360 pieds de longueur, la chapelle de Henri VII n comprise, et 200 pieds de largeur, dans le transept. Les tours ont 225 pieds d'élévation. La nef, très-haute, puisque la voûte est à 101 pieds du pavé, est supportée par d'immenses piliers de pierre qui s'élèvent dans les airs en faisceaux de colonnsites, se joignent pour soutenir les galeries suspendues vers leur somm se divisent une seconde fois au-dessus de ces galeries, et atteignent enfin la voûte, où elles se perdent en belles nervures blanches. L'édifice à trois rangées de fenêtres, deux de forme ogivale, et celle du milieu de forme circulaire. À l’extérieur les contreforts massifs qui s'élèvent jusqu'au toit, les pinacles élancés qui les

je parlerai ne l’église l'emporte n histoire.

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surmontent, les arches aigües, les fenêtres chargées, dans leurs divisions, d’orne-

. ments de pierre taillés en dentelle, les 54 . ’ … rosaces de verre teint représentant les

personnages de l’Ecriture, tout contribue

à la grandeur et à l'infinie variété des

“détails de la basilique. A l'intérieur, rien

de plus imposant et de plus majestueux.

Lorsque, du derrière de l’église, on jette la vue dans la nef bordée de ses hauts piliers, sur la voûte qui semble s'élever

vers le ciel, dans l’abside, au fond du

chœur, voilé d'une demi-obscurité, l’on éprouve je ne sais quoi qui rappelle l'immensité. Les arcades ogivales, les

galeries de pierre brodées à jour, les

riches sculptures des chapelles, les sou-

venirs qui assaillent à chaque pas la

mémoire dans ces vieilles basiliques,

tout avait pour moi le charme à la

fois de la nouveauté et de l'antique,

nouveauté par l'impression, ce style

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n’existant pas encore en Canada, antique par le souvenir. L'effet de l’ensemble était encore augmenté par les belles peintures des fenêtres, qui revêtaient pour ainsi dire la lumière du langage de l'Ecriture.

La nef et les murs de la chapelle de Henri VII sont ornés d’un grand nombre de statues d’'anges, de saints, de martyrs, de patriarches. Des stalles et des pupitres de chêne richement sculptés et portant les armes des chevaliers du Bain, règnent de chaque côté. C’est dans cette chapelle que ces chevaliers reçoivent l'investiture, et qu'au-dessus des dais de chaque stalle sont rangés l'épée et le casque du chevalier avec sa bannière déployée.

C'est dans la chapelle d’Edouard-le- Confesseur que l'on conserve le fauteuil de chêne qui servait, car j'ignore s’il sert encore, aux rois d'Angleterre le jour

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… de leur couronnement. Il fut apporté - d'Ecosse par le roi Edouard en 1297. On disait autrefois que ce fauteuil renfermait

la pierre sur laquelle Jacob reposait sa

.… tête dans la nuit qu'il lutta avec l'ange.

Ne pas croire à cela, c'était se rendre

… coupable de trahison et d’incrédulité religieuse. Aujourd’hui, l’on est moins exigeant.

L'église de Westminster est remplie

* de monuments élevés aux princes et aux

+ grands hommes de l'Angleterre,

Les tombeaux des princes sont dans la

: chapelle de saint Edouard ou dans celle « de Henri VII. Dans la chapelle de saint . Edouard reposent les restes de ce saint,

mort en 1066 et canonisé en 1269 ; ceux de Henri III, Edouard I, Henri V,

… Edouard III, Richard II, Edouard V et .. son frère, assassinés à la Tour par ordre

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de leur oncle Richard II, Edouard VI et plusieurs autres princes et princesses, Sur une des tombes on lit en vieux normand : Ici gist Aleonor, Jadis Reyne d'Angleterre, femme à Rex Edward Fiz.

Dans la chapelle de Henri VII dorment, dans leurs magnifiques mausolées ce prince lui-même, Charles II, Guillaume III, la reine Anne, George II, ” .zabeth, Jacques I. Je remarquai au milieu de ces cendres royales le tombeau du duc de Montpensier, mort à Londres en 1807, à l’âge de 31 ans. Il était frère du duc d'Orléans, depuis roi des Français. On trouve encore dans Westminster les effigies en cire de la reine Elizabeth, du roi Guillaume, des reines Marie et Anue, couvertes des habits portés par ces souverains le jour de leur couronnement.

L’efligie de lord Chatham et surtout celle de Nelson, couverte de ses décorations et de l'uniforme qu'il portait,

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excepté l'habit, le jour de la bataille de

uard VI

rIncesses, Trafalgar, brillent au milieu de cet

n vieux aréopage de rois.

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ard Fiz. C’est avec des sentiments de profonde ! dorment, vénération que je parcourais à pas lents |

solées ce cette cité funèbre de rois et de héros, Je

ibeth, du #* de ma patrie, et que si je tenais à

uillaume : venais de troubler des cendres quiavaient .zabeth, : fait honneur à la race de nos pères, à la | ailieu de race de ces normands dont les inscrip- ] du due tions françaises ou latines ornent les sen 1807, ! tombeaux d’un autre âge dans tant de > du duc - cathédrales anglaises ; quand je passais À icais. On .… près de leurs cendres, il me semblait que | aster les à jerrais au milieu des grands hommes | 4 | et Anne, d l'Angleterre par des événements dou- | ces sou- … loureux, je trouvais une espèce de comnement. ‘ pensation dans ces princes et ces chesurtout # valiers normands, cuirassés et couchés

s décoraportait,

sur leurs tombes. au milieu des sou- Ê

| venirs glorieux qui resteront toujours | je AL l'héritage de leur nation.

| Des souvenirs d’un genre non moins | glorieux pour l’homme im'attendaient dans une autre partie de l'édifice. J’arrivais à ce qu'on appelle le ‘ Coin des || \ Poètes,” qui se trouve dans le transept | du sud-ouest, Quelle réunion de génies R de tous les wenres! $i leurs cendres {! occupent à peine un espace de quelques | pas, leur renommée remplit le monde.

| [ci c'est Shakespeare, Dryden, Cowley, | | Chaucer, Ben Johnson, Butler; là Milton, = [| | le sublime Milton, Gray, Prior, Thomp- | || son, l’auteur des Saisons, Goldsmith, L LL ' Handel, Casaubon, Garrick et tant | d’autres poètes, historièns philosophes.

| tragédiens. Plus loin, c'est Newton, | } Isaac Watts, Paoli, Fox, tombant dans | | les bras de la liberté, Londonderry, | | Grattan, Canning, “ wo, dit Byron, ts | |

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