SUR LE GUATEMALA
A l'époque de Tarrivée des Espagnols , le Guatemala était possédé par les Toltéques. Ces Indiens avaient quitté la ville de Toula pour venir s'établir dans cette contrée , sous la conduite de Nimaquiche, leur cinquième roi , qui mourut pendant le voyage. Il eut pour successeur son fils Acxopil , fondateur de r«mpire d Otlatlan , nommé Atlatlan par les auteurs du Guatemala. Vers la fin de ses jours, Acxopil divisa son empire en trois royaumes , garda pour lui celui des Quiches , céda celui des Kachiquëles à son fils aîné , Gutemal , qui donna son nom au Guatemala. Acxiquat, son troisième fils, eut celui de Zutugiles. Mais ces deux derniers royaumes se regar-
dèrent toujours comme ressortissant de Tempire des Quiches.
Lors de Texpédition de Cortès , ce pays était gouverné par Kicab V, surnommé Tanub, fils de Kicab lY, et le quinzième roi depuis Acxopil. Dès que ce prince eut appris que les Espagnols approchaient de ses frontières, il s'occupa à rassembler une armée pour leur résister; il demanda du secours à tous ses vassaux , leur représentant que le danger qui le menaçait était commun à tous. Senacam, roi du Guatemala, qui crut Foccasion favorable pour se rendre indépendant , lui fit dire qu'il était rami des Espagnols et qu'il ne pouvait fournir de secours contre eux. Le roi des Zutugiles répondit fièrement qu'il n'avait besoin de personne pour défendre son territoire , et que Kicab n'avait qu'à faire comme lui. Il parvint cependant à réunir une armée considérable, et il allait se mettre en campagne quand la mort le surprit. Son fils Tecumumam lui succéda.
Il marcha en toute hâte contre les Espagnols qui faisaient le siège de Quetzaltenaco , et quoiqu'il eût une armée de trente-deux mille hommes il fut complètement défait dans difl*érentes occasions, comme on le verra plus bas. A la dernière affaire , où les Indiens combattaient avec la plus grande valeur, Tecumumam attaqua le général espagnol et blessa son cheval, mais au même instant ce malheureux prince tomba percé d'un coup de lance. Presque tous les principaux chefs eurent bientôt le même sort. Chignaviucelut , son fils et son successeur, fut
obligé de faire la paix avec les Espagnols , mais Al« varado ordonna de le pendre quelques jours après sous prétexte qu'il songeait à se révolter.
L'histoire de Tancien Guatemala a été écrite par le fils et le petit-fils de ce dernier roi. Le chroniqueur Fuentes, cité par Juarros , avait vu leurs manuscrits. Tous deux s'accordent en général avec Ixtlilxôchitl. Cependant ils ne font aucune mention des deux chefs , qui , suivant ce dernier , auraient été brûlés. Voyez Juarros , Historia de Guatamala. Guatemala^ J. Beteta, 1808-^181», deux vol. in4% tratado iv, cap. i y sig. , et tratado Vi, cap. u j sig. , et la chronique inédite de Fuentes dont je possède un exemplaire manuscrit.
VIIF.