‹ Voyages, relations et mémoires originaux pour servir à l'histoire de la découverte de l'Amérique, publiés pour la première fois en français (volume 3)Chapitre 61 sur 75 · DE L EDITEUR MEXICAIN. XXYII · texte numérisé non relu

DE L EDITEUR MEXICAIN. XXYII

chitl , comme littérateur et historien , il est temps de présenter- celle qu'on doit avoir de son ancêtre , le roi de Tezcoco , qui portait le même nom que lui , et qui contribua si puissamment à ruiner Tempire mexicain et à y établir la tyrannie espagnole.

Son père Netzahualpilli , en mourant , eut rimprudence dé ne pas déclarer lequel de ses fils légitimes devait succéder au trône d'Aculhuacan. Ce prince s'était allié à la famille royale de .Mexico en épousant une nièce du roi Tizoc, nommée Tzotzocatzin : et qui aimait extrêmement sa sœur Xoçotzin , femme d'une beauté rare, c'est pourquoi elle l'emmena à Tezcoco. Les occasions fréquentes de se voir furent causes que Netzahualpilli en devint amoureux et l'épousa, car le mariage n'était pas défendu chez les Mexicains entre beau-frère et belle-sœur. Il eut de la première reine, un fils nommé Cacama-

XXVin PREFACE

tzin , et de Xoeotzin , Huexotzincatzin, jeune homme que son père fit pendre parce qu'il avait viole une loi de police du palais; puis Coanacotzin , Tecoeoltzin et Ixtlilxôchitl.

Comme on était dans le doute sur celui qui devait régner , les grands du royaume se réunirent et décidèrent de prêter serment à Cacamatzin , qui avait vingt -deux ans. Ixtlilxôchitl, se trouvant offensé de la préférence, s'opposa à cette élection, et dit :Que si son père était véritablement mort, il aurait nommé un successeur, mais puisque Von venait de prendre ce parti , c'était une preuve qu'il vivait encore. Les membres de l'assemblée ayant dit à Coanacotzin de voter, il se prononça pour Cacamatzin, donnant pour raison Fàge plus avancé de ce dernier , et les inconvénients qui résulteraient d'un interrègne. Ixtlilxôchitl persista dans son op-

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position /et lui reprocha en face d*être un

homme léger, de soutenir les projets de

Moctheuzoma, qui cherchait à.régner par son

moyen, et à gouverner suivant ses caprices;

puis il leva la séance en disant : « Si cette fois la valeur doit être préférée , la , couronne

m'appartient » Ces circonstances, si difficiles pour Cacamatzin, lui firent quitter Tezcoco, et il alla instruire Moctheuzoma de ce qui se passafit. Ce prince lui offrit d'employer son autorité pour soutenir l'élection, et même de prendre les armes s'il était nécessaire. Cependant il conseilla avant tout à son protégé de s'emparer du trésor de

son père, et de le mettre en lieu de sûreté.

Ixtlilxochitl prévit quels devaient être les résultats de ce voyage ; il marcha sans retard avec tous ses partisans vers les montagnes de Mextitlan, où il réunit une armée nombreuse,

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sous prétexte que rempereur de Mexico se proposait d'usurper le trôné d'Âculhuacan. Aussitôt arrivé à Tepepulco il intima au cacique d'Otompan de le reconnaître pour souverain; celui-ci , ayant refusé de le faire . fut attaqué les armes à la main, et mourut dans Faction victime de sa bravoure.

Cacamatzin reconnut alors qu'il était moins désavantageux de céder une partie de ses états que de s'engager dans une guerre civile ; il traita avec Ixtlilxôchitl , et consentit

à ce que celui-ci prît possessioi;i de la souveraineté du haut pays qu'il occupait; il se contenta pour lui-même de la capitale et du territoire de la plaine. Il supplia Ixtlilxôchitl de ne pas troubler la paix générale du royaume; ce dernier y consentit, et recommanda

à Cacamatzin de bien se méfier de l'astuce de Moctheuzoma. Cet avis était donné avec raison, ainsi que l'expérience l'a démontré,

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puisque, pour se ménager les bonnes grâces de Fernand Cor tes, ce prince fit pendre en trahison Cacamatzin, qui fut poignardé la veille de la Noclie-Triste (la triste Nuit), dans laquelle fut massacrée une . partie de l'armée espagnole (i).

En vertu de la convention dont on vient de parler , Ixtlilxôchitl , suivant Clavijero , maintint continuellement son armée en mouvement, et se montra souvent à la tête de ses troupes dans les environs de Mexico. Il défia Moctheuzoma à un combat corps àcorps, et celui-ci aurait certainement succombé s'il avait accepté le cartel , cai" il était énervé par les délices et le$ plaisirs. Ixtlilxôchitl, au

contraire, se trouvait dans la force de l'âge. Il avait; attiré à lui une grande partie des provinces mexicaines par ses négociations se*

(i) Le lo juin 1620.

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