DE L ÉDITEUR MEXICAIN. XLT
j*ai tracé cette esquisse , n*en écartez pas vos r^ards un seul moment; les leçons du passé sont Fécole du prés^t, malheur ià qui n*en profite pas! .
11 ne manque pas de gens qui vantent la conduite dlxtlilxochitl , disant qu'il épargna la vie de Gortès lorsqu'il aurait pu la lui en* lever, dans la crainte queVEvangile, qui avait déjà commencé à s'introduire dans ce pays, ne disparût. Mais Cortès était-il donc le seul woj-en par lequel la Providence pût verser sur les Indiens un si grand bienfait? Jésus - Christ s'est-il servi de canons, de lances pour propager sa loi dans tout le monde? Na-t-il pas détesté la violence ? N'a-t-il pas défendu que jamais on l'employât pour annoncer sa doctrine? N'M-il pas prescrit à ses apôtres d'opposer à la persécution des tyrans la charité , la patience , la résignation ? Ne les a-t-il pas avertis, lorsque l'on résisterait à leurs
XLTI PRÉFAGB
insinuations y ou quand on les persécuterait, de secouer leurs sandales et de prendre une autre route? De tels principes condamnent la barbare conduite des conquérants du Mexique , et de tous temps ils passeront pour de pervers envahisseurs , qui , sous prétexte de nous donner le ciel , nous ont enlevé la terre et qui ont été la cause de toute sorte de maux. Adieu.
Carlos-Maria de BUSTAMANTE.