‹ Voyages, relations et mémoires originaux pour servir à l'histoire de la découverte de l'Amérique, publiés pour la première fois en français (volume 4)Chapitre 18 sur 29 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Arrirée du corps de Guayna-Capac à Cazco. — * Injustice de Guascar-lnga envers les exécuteurs testamentaires de son père. — Première découverte du Pérou , par Francisco Pizarro et Diego de Almagro. — Conquête de Poma- Gocha et de Ghachapoyas.

Le grave cortège, qui accompagnait le corps et la veuve de Guayna-Capac , venait lentement de Quito. On y réunissait y pour plus de pompe , tous les gens que l'on trouvait sur son passage y afin d'entrer à Guzco avec une foule plus considérable, tant était grand l'or-

gueil de cette nation. Ils amenèrent entre autres beaucoup de gens des plaines^ qui ne servirent qu'à peupler les tomber dans les montagnes. Il ne survécut que quelques jeunes filles qui y à cause de leur beauté, soufiFrirent moins des fatigues de la route , parce qu'on les avait choisies pour accompagner et servir Mama-Ragua-Oello , et qu'ainsi elles souffrirent moins du manque de vivres et du froid, si terrible pour les gens des plaines.

Ceux qui avaient demandé à Guascar-Inga la permission de se réunir àChuquis-Guaman, pour aller à la rencontre de leur mère et maîtresse, firent le court trajet qu'il y a entre Guzco et Urcos-Colla , où ils trouvèrent un repas abondant. Ils profitèrent de l'hospitalité qu'on leur offrait, et Chuquis-Guaman et Ses compagnons^ à' étant enivrée, formèrent entre eux un complot pour tuer Guascar - Inga , et mettre à sa place son frère Cusi-Âtauehi, qui était plus facile et plus affable que lui.

A)>rês un long débats ils furent tous d'accord qu'on tuerait la veuve qui accompa* gnait le corps du roi son mari, et qu'on retournerait à Cuzco pour assassiner Guas-car-Inga avec tous ceux qui pourraient mettre quelque obstacle à leurs desseins* Les conjurés partirent donc ^ pleins de ces funestes pensées, à la recherche de Mama-Ragua Oello; mais quand ils furent arrivés prés de Siquillabamba, Chuquis-Guaman, premier moteur du complot f se sépara sous un prétexte quelconque du reste de la troupe , retourna à Cuzco et alla tout droit chez Tito - Âtauchi , qui^ conune nous l'avons dit, était un de ceux qui gouvernaient au nom de Guascar-Inga.

Il lui dit, avec des paroles exagérées , ce que ses frères et parents avaient décidé à Urcos-Colla, tant au préjudice de son frère que dé la république tout entière. Tito-Atauchi, ayant compris le danger, le conduisit sans tarder auprès de Guascar; ils l'informèrent avec détail de tout ce qui se passait^

Chuquis-Guaman lui fit croire qu'il était le plus loyal des hommes, tandis que c'était lui qui avait tramé la conspiration. Guascar, sans plus d'examen , envoya aussitôt des gens pour aller à la recherche des conjurés , avec ordre de les tuer tous sur-lechamp, n'importe où ils les trouveraient. Cusi-Atauchi , que les conjurés avaient choisi pour leur roi, était resté à Cuzco et ignorait ce que ses frères et parents avaient décidé ; mais son innocence ne put le sauver. Guascar-Inga ordonna à ses gardes de le tuer, sans retard. Cusi-Atauchi étant venu le matin , selon son habitude , vi-* siter son frère, on le mit en pièces à l'entrée de la maison.

Les messagers qui étaient envoyés au-devant de Mama-Ragua4)ello par ordre de son fils, pour lui dire de devancer sa troupe, rayant rejoint , elle se hâta d'arriver à Cuzco, où elle fut reçue avec une grande pompe. Son fils Guascar-Inga se réjouit de la voir , et tous deux firent des sacrifices solennels et présenté-

rent des ofl^andes à Pachacamac et au Soleil.

Peu de jours après ^ Guascar apprit que ceux qui accompagnaient le corps de son père étaient près de la ville ^ amenant avec eux les prisonniers qu'on devait conduire à Cuzco^ comme c'était la loi et la coutume^ avec le butin pris sur Tennemi. Mais ayant su qu'ils étaient à moins de vingt lieues de Guzco , il envoya l'ordre que personne ne franchît cette distance sans sa permission. Ensuite il fit dire à Golla-Iopa , à Catungui , à Taur i-Machi et à Auqui-Topa-Yupangui , exécuteurs testamentaires de Guayna-Capac , de venir le trouver, séparément et à l'avance , afin de l'informer des afikires de son père. Ces vénérables vieillards , ayant reçu cet ordre , y obéirent en bons et loyaux vassaux. Guascar-Inga ordonna l'arrestation de ces chefs , et leur mise à la question Jusqu'à ce qu'ils eussent avoué la cause qui avait fait rester son frère

Âtahualpa à Tumi-Bamba, et quels étaient ses 15. 14

desseins , ou de les tuer tous s'ils ne voulaient pas déclarer la vérité.

Les envoyés de Guascar^ ayant rencontré Colla-Topa et ses compagnons à la descente de Lima-Tambo , les mirent à la torture ; mais ceux-ci , n'ayant eu rien à déclarer, furent tous massacrés. La nouvelle de ce forfait causa tant de scandale parmi ceux qui formaient le cortège royal , qu'ils furent au moment de se soulever ^ dans ta crainte où ils étaient qu'il ne leur en arrivât autant; beaucoup d'étrangers s'enfuirent dans leur pays , et beaucoup d'habitants deCuzco s'en retournèrent àQuito^ pour annoncer à Âtahualpa toutes ces cruautés.

Nous n'en finirions pas si nous voulions parler de la manière dont fut reçu à Guzco le corps de Guay na - Capac ; nous dirons seulement qu'on n'avait pas vu jusqu'alors une cérémonie plus solennelle et plus majestueuse. Ce fut là le comble de la grandeur péruvienne i en même temps que son dernier triomphe ^i

car on ne put voir depuis rien de plus digne de renom. Après cela , le deuil général commença; d'après les anciennes coutumes du pays on resta plusieurs jours à boire et à s'enivrer en l'honneur du défunt* . Quand les cérémonies funèbres furent tei^ minées , les conseillers du nouveau roi se disposèrent à lui donner une épouse, et il fut décidé qu'il se marierait avec sa propre sœur, appelée M^ma-Chuqui-Uzpai. A cet effet, les principaux prêtres allèrent la demander à sa m^r^ Mama-Ragua-Oello ; mais celle-ci ne voulut pas l'accorder, tantejle était mécontente et a£Qigée des cruautés qu'elle avait vu commettre à son fils.

I^s prêtres n'eurent aucune influence sur le cœur de la mère de Guascar-Inga ; ils ne purent obtenir d'elle qu'elle donnât à son fils sa sœur pour épouse. Alors il se décida à la lui deman-r der lui-même; mais il éprouva le même refus j plus la mère demeurait inflexible , plus le fils

persistait dans sa demande, car le refus qu'on

hiiÊûsaîtde sa sœur augmentait soa désir de la posséder. Les <Jioses en vinrent à un tel point, qu'on fut obligé , pour décider Mama-Ragua- Oello à accorder sa fille à Guascar-Inga , de sortir du temple Fidole de Tlcci-Viracocfaa et celles du Soleil et de la Foudre. Tandis que les prêtres accompagnaient les idoles , les grands du royaume allèrent chez la reine-HSière et lui demandèrent de nouveau sa fille, avec tant de prières et de supplications , qu'elle ne put s'empêcher de céder. On fit alors de grands préparatifs pour célébrer dignement les noces royales. Dès que les fêtes furent terminées et que le printemps fut arrivé, Guascar-Inga songea à envoyer ses capitaines pour achever de soumettre le pays des Chachapoyas ; car il avait su que les habitants des provinces de Honda , Pomacocha , Comacocha et Chupat voulaient conserver leur indépendance, et refusaient de se soumettre à la domination des Ingas, qui leur avaient fait souvent des propositions de paix. L'Inga choisit pour com-

mander cette expédition Chuquis-Guanian (celui qui avait causé la mort des ses frères et parents en les accusant de trahison^ tandis que c'était lui qui l'avait ourdie le premier, et qui depuis lors avait joui d'une grande faveur auprès de son frère Guascar-Inga) y et Tito-Atauchi. Ils prirent le chemin de Caxamarca; lorsqu'ils arrivèrent à Lavanto, ils apprirent que le chef de Pomacocha avait mis en état de défense une forteresse qu'il possédait, et avait soulevé en sa faveur les Hondas, les Ghupatis et d'autres peuplades; et qu'après avoir étahli des garnisons sur le bord des rivières et des défilés par lesquels les Ingas devaient passer, ils se tenaient dans leur ville, se moquant des Péruviens, et donnant des banquets à leurs alliés.

Nous les laisserons un instant, pour nous occuper des Espagnols, que nous avons laissés sur le point de partir de Panama avec un navire commandé par Francisco Pizarro.

Ce navire, luttant contre des vents con-

traires, fut jeté sur une cote inconnue. Les Espagnols descendirent à terre , où les naturels les reçurent à coups de flèches; Francisco Pizarro fut blessé en sept endroits, et trois de ses compagnons furent tués; ils se décidèrent alors à s'embarquer et à retourner sur la côte de Panama; ils débarquèrent dans une petite anse appelée Chinchama, afin de se reposer des fatigues de la mer et de soigner les blessés»

Diego de Àlmagro, étant parti à la reclierche de son compagnon, fut poussé par le vent vers l'embouchure d'une rivière , qu'il appela San Juan, parce qu'il l'avait découverte ce jour-là, dans l'année 1525. De là il alla jusqu'à l'endroit où les Indiens avaient maltraité Pizarro (lieu qui, suivant les renseignements qui nous sont venus des Indiens eux-mêmes, devait être la rivière de Juani , entre celles de San Juan et Buena- Ventura). Les naturels le reçurent avec une grêle de flèches. La valeur et l'intrépidité d'un soldat, qu'AImagro avait

amené avec lui ce jour-là , le sauva d'une mort inévitable, ainsi que tous ses compagnons; car ceux-ci s'étant mis à la poursuite d'Indiens qui , soit par peur , soit par ruse , s'étaient mis à ftiir , des troupes nombreuses d'autres Indiens sortirent d'une embuscade et les assaillirent à coups de flèches. Âlmagro fut atteint dans ce lieu d'une flèche qui le blessa à l'œil si grièvement, qu'il tomba sans connaissance. Mais Juan Roldan , le soldat dont nous avons parlé, l'ayant pris dans ses bras, le releva et l'emporta dans l'endroit où se trouvaient ses gens ; il lui sortit de l'œil un morceau de bois long d'un palme, et aussitôt l'œil tomba. (Test pour cette raison que Sa Majesté a donné à Roldan et à sa postérité tœil d'Àl-magro pour armoiries.

Non moins fatigué ni moins désappointé que Francisco Pizarro, Diego de Almagro abandonna cette côte dangereuse, et se dirigea vers Ghinchacama, où il rencontra ses compagnons d'infortune. Ils s'occupèrent de la continua-

tion de leur voyage, mais quelques-uns de leurs soldats s'y opposèrent : cependant il fut décidé que Diego de Almagro retournerait à Panaraa pour chercher du monde. Il ne put réunir que quatrevingts hommes et quelques armes ; il se reposa quelques jours , et ses blessures allant beaucoup mieux, il continua sa navigation. Il suivit la côte qui descend vers la ligne équinoxiale , et entra dans une anse ou baie appelée Tacamès, formée par une rivière beaucoup plus considérable par l'eau qui lui vient de la mer que par celle qui descend de sa source ; suivant ce que nous avons remarqué nous-mêmes en 1577. L'aspect du pays qu'ils apercevaient de la mer leur donna envie d^y descendre , pour se reposer de leurs fatigues , si les naturels le leur permettaient; mais ils furent trompés dans leur attente, car lesNéguas, s'étant rassemblés et réunis aux autres peuplades environnantes, ne les laissèrent pas plus de quatre jours en repos, et les forcèrent à se rembarquer.

Histoire du pérou. 217

Les Espagnols , fatigués de la mer , chassés de la terre , et voyant qu'ils perdaient beaucoup de monde par les maladies^ se révoltèrent contre leurs chefs , qui les traitaient sévère^ ment. Almagro retourna à Panama pour cher-^ cher des renforts , et laissa Pizarro dans l'ile du Coq (del Gallo) avec ses compagnons. Mais Anton Quadrado et Saravia écrivirent une lettre au gouverneur, par laquelle ils se plaignaient de la sévérité et des vexations qu'ils avaient eu à soufiFrir pendant ce voyage, et au pied de laquelle ils avaient ajouté un couplet où Di^o de Almagro était appelé le pourvoyeur^ et Pizarro boucher (i). Cette lettre fut aussitôt

(i) Garcilasso {Commeniariot reaies ^ part, ii, liv. 1 , chap. 8), noDs a consenré ce coaplet :

Pnes senor gobemador, Mirelo bien por entero Que all^ Ta el recogedor Y acà qaeda el camicero.

que Beandoin traduit ainsi :

Monsieur le gonrernenr , on s*en va tous chercher Pour emmener des gens de la ville où vous estes. Envoyez-nous-en donc , car voicy le boucher Qui leé ei^rgera comme de pauvres bestes.

publiée à Panama , et le gouverneur Pedro de Lo8 Rios envoya Juan Tafur à l'ile du Coq avec l'ordre de ramener à Panama tous ceux qui le désireraient. Tous les compagnons de Pizarro profitèrent de cette permission , à l'exception de treize, dont je n'ai pu avoir tous les noms. Je sais cependant que parmi eux se trouvaient Pedro de Gandia, Juan Roldan, le pilote Bartholomé Ruyz de Moguer, Blas de Atienca , Nicolas de Ribera et Juan de Torre Briceno.

Francisco Pizarro, se voyant presque abandonné, se réfugia dans l'ile de la Gorgone, prés de l'embouchure de la rivière de San Juan , où ses compagnons et lui souffrirent tellement de la faim qu'ils furent réduits à vivre de crabes et de coquillages crus; rencontrer un serpent, loin d'être un sujet de crainte, était pour eux une bonne fortune. Cette position dura jusqu'à l'arrivée de Diego de Almagi*o qui vint avec un vaisseau et beaucoup moins de. monde qu'il ne l'aurait voulu , car

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il en ayait à peine assez pour la manœuvre.

Manquant à la fois de monde et de vivres , les deux vaisseaux se dirigèrent vers le sud. Favorisés par les vents, ils atteignirent en une bordée la côte sablonneuse qui se trouve entre Payta et Sechura. La joie des chefs et des soldats fut extrême en apercevant une côte qui n'était pas couverte de forêts de mangliers, et on résolut de s'en approcher pour savoir ce que contenait un pays d'aussi belle apparence. Les Espagnols longèrent la côte , en s'approchant de terre autant que possible. Candia, Juan Roldan et six autres de leurs compagnons descendirent à terre à l'embouchure du Rio Lachira. Us se saisirent de six Indiens et de quelques moutons du pays. Chargés de ces provisions, ils s'en retournèrent à bord de leur navire et continuèrent leur voyage.

Ils arrivèrent en vue de Tumbez, et les mêmes personnes dont nous avons parlé plus haut débarquèrent une seconde fois» Ils furent frappés de la grandeur incroyable d'un temple

et d'une forteresse qu'ils y trouvèrent , ainsi que de l'ordre et de la bonne harmonie qui y régnait en toutes choses. Tout ce qu'ils purent comprendre des signes que leur faisaient les Indiens fut qu'un seul empereur possédait et gouvernait tout le pays. Cette nouvelle, quoique confuse , leur donna tant de courage et tant d'espérance que, sans plus tarder, ils prirent la résolution de retourner à Panama, afin d'y prendre assez de monde pour pouvoir imposer à un peuple qui gouvernait et défendait un pays aussi riche.

Il V avait sur le vaisseau deux criminels , condamnés à mort, et qu'on avait donnés aux deux capitaines, afin que, s'il se présentait quelque danger dans le voyage, on pût les y exposer. Un de ces criminels s'appelait Rodrigo Sanchez, natif d'Olvera, dans la province de Ronda, et l'autre Juan Martin, dont on ignore la patrie et la profession. On les fit donc descendre à terre, les livrant ainsi à leur bonne ou mauvaise fortune, afin que, s'ils y

conservaient la vie, ils leur servissent un jour d'interprètes et de guides. Ces malheureux ayant été mis à terre, le vaisseau continua sa route et se hâta d'arriver à Panama, d'où Francisco Pizarro passa en Espagne qu'il trouva livrée à l'allégresse, à cause de la naissance du roi Don Philippe , second du nom , mais sans second dans la chrétienté.

Revenons aux deux capitaines Chuquis- Guaman et Tito-Atauchi qui, comme nous avons dit, avaient pénétré dans le pays des Chachapoyas. Ceux-ci s'étaient réunis aux habitants des provinces alliées avec Pomacocha pour combattre l'ennemi commun de leur liberté; ilsavaient décidé que, sous l'apparence de paix, on ferait la guerre aux capitaines de l'Inga. Us envoyèrent donc des messagers à Lavanto pour leur dire que l'armée et le pays de Pomacocha se soumettaient à l'Inga Guascar , à la condition que rien de ce que les habitants possédaient ne leur serait été, ajoutant que, s'ils voulaient leur jurer d'observer ces conditions, ils les

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engageaient à venir se reposer dans leur pays et dans leur forteresse. Tout ce que les Pomacochas demandèrent aux Ingas leur fut accordé sans délai , et le serment leur fut prêté avec la pompe et les cérémonies accoutumées.

Chuquis-Guaman prit ensuite avec lui trois raille soldats seulement^ et se rendit à la forteresse dePomacocha, où il fut bien reçu et où l'on commença une fête magnifique pour célébrer la fin d'une guerre aussi terrible. Les Orejones et autres soldats, confiants dans leurs nouveaux alliés , s'étaïit laissés aller à l'ivresse et au sommeil 5 furent massacrés avec une cruauté sans exemple par une multitude de sauvages armés que l'on introduisit dans la forteresse. Chuquis-Guaman fut la première victime, et l'on rapporte que les Chachapoyas se baignaient avec délices dans son sang. A cet afireux carnage , sur les trois mille soldats qu'avait amenés cet imprudent capitaine , il n'y en eut qiîe huit ou neuf cents qui échap-^ pêrent à la mort et qui vinrent annoncer ce

désastre à TitoAtauchi qui le suivait avec le i^este des troupes ; celui-ci n'eut d'autre ressource que de retourner à Lavanto, d'où il envoya un messager à Guascar pour lui annoncer la mort de son frère Chuquis-Guaman et des soldats qu'il avait amenés avec lui ; il lui envoya en même temps une description du pays et de la situation du fort ou pucara.

Guascar-Inga fut très-affligé en apprenant la mort de son frère : il nomma ^ pour le remplacer, Mayta-Yupangui ; et Ton rapporte qu'il voulut lui-même se mettre à la tête de son armée , mais que les prêtres s'y opposèrent. Cette nouvelle armée assiégea et prit Pomacocha, dont les habitants furent sévèrement punis de leur trahison.

Chargés de dépouilles et suivis d'une foule de prisonniers , les généraux retournèrent , avec leur armée , à Cuzco , après avoir laissé une garnison suffisante pour contenir les Cha-* chapoyas. Guascar -Inga vint à leur rencontre, à quelque dislance de Cuzco, non

pour honorer les capitaines qui revenaient de la guerre , mais pour rentrer en personne en triomphe dans la ville , comme s'il eut été lui-même le vainqueur. Ce fut ainsi qu'il arriva à Cuzco plus glorieux qu'il ne le fut jamais , comme nous le verrons bientôt.

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