‹ Voyages, relations et mémoires originaux pour servir à l'histoire de la découverte de l'Amérique, publiés pour la première fois en françaisChapitre 29 sur 42 · Les canaux découverts, nommés Lurent · texte numérisé non relu

Les canaux découverts, nommés Lurent

dont les voyageurs ont tant parlé, avaient été inventés pour arroser les terres situées sur les côtes du Pérou où les rivières sont rares et où il ne pleut jamais. Ce ne fut point dans le royaume de Quito où il pleut souvent plus qu'il ne faut, excepté à Hatun-Canar, où le manque d'eau se fait sentir, quoique cette ville soit située sur les hautes Cordil Hères : car le vent qui souffle toujours dans la même direction, en écarte les nuages, de sorte qu'il n'y pleut jamais. On essaya d'y amener de l'eau par des canaux pour arroser les champs , mais cela fut la ruine du pays y car, comme la terre est spongieuse et volcanique, les eaux formèrent presque partout des crevasses effroyables.

28. Les aqueducs souterrains, appelés Vir~i eus, n'ont été nulle part plus en usage que dans le royaume de Quito. Les villes et les principaux villages situés au pied des montagnes abondent en sources d'eaux naturelles, et les habitants se servent de ces conduits pour faire

d'autres belles fontaines artificielles. Depuis les temps les plus anciens on en faisait usage, surtout dans la ville de Quito. Huayna-Capac en construisit plusieurs, et celles qui étaient dans l'intérieur et à l'extérieur de son palais étaient ornées de plaques d'or.

29. Une fontaine, soit naturelle, soit artificielle, se nommait Pucfu; celles qui étaient d'eau thermale se désignaient sous le nom de Canuc-pucjru. Dans toutes c'était un oiseau, un animal féroce ou un serpent de marbre ou de métal qui lançaient l'eau par la bouche , soit du gosier ou de la langue. Si le jet était perpendiculaire, on appelait la fontaine Urcn ; s'il allait en courbe, Paccha, nom qui servait aussi à désigner celles dont l'eau sortait simplement par des tuyaux. Les Vircus ou aqueducs découverts, couverts ou souterrains, étaient construits de pierres jointes avec du bitume; les fragments qu'on en trouve aujourd'hui prouvent une grande connaissance dans Thydrotechnie. Quant à l'hydraulique,

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nous voyons qu'ils la connaissaient aussi, puisque, comme plusieurs auteurs Tont remarqué, Atahualpa aimait beaucoup les fontaines portatives, sonores, de métal ou de pierre, et ce furent les premiers présents que Pizarre reçut de lui.

Des enfanu de Huayna-Capac. — Derniers actes de son

règne. — Sa mort.

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