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SECTION II

Remarques sur les Polypes h polypiers flexibles.

Si nous sommes peu avancés dans la connoissance des polypiers saxigènes , à plus forte raison nous n’avons que bien peu de chose à dire sur les polypiers flexibles, qui, en général, beaucoup plus ténus et plus grêles , souvent moins bien organisés et habitant la mer à une plus grande profondeur , se dérobent ainsi aisément à l’observation.

Si la baie des Chiens-Marins nous a paru dépourvue de madrépores et d’autres polypiers pierreux, nous l’avons trouvée, en revanche, riche en éponges et en ces sortes de masses organisées, perforées, qua tort on nomme des alcyons , puisqu’on ne connoît pas encore les animaux qui les produisent. Les éponges doivent croître assez avant sous l'eau, car dans nos courses nous n’en avons trouvé que rarement d’animées : le plus grand nombre, arraché du fond de la mer, avoit été rejeté sur la plage. Le peu que nous avons vu de leurs polypes albumineux et diffluens, nous les a fait comparer à des méandrines irrégulières , qui auraient perdu tout-à-fait leur forme rayonnée. Mais, nous le répétons, c’est dans une eau paisible et limpide , dans un état de calme propre à l’observation , et quand on est muni d’une foule de moyens qui la facilitent, qu’il faudrait examiner ces productions. Autrement, à peine les a-t-on sorties de l’élément où elles subsistent, # que leurs animaux , pour ainsi dire liquides , et privés de leur

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support accoutumé, se mêlent, se brisent , s’écoulent, et l’on ne

voit plus rien.

Il en est de même pour beaucoup d'autres polypiers flexibles, sur lesquels on distingue très -bien les animaux en masse , sans qu’on puisse exactement déterminer leurs formes autrement qu’avec des instrumens grossissons; tandis qu’il en existe une infinité d’autres, aussi agréablement que parfaitement organisés , sur la substance crétacée desquels on n’aperçoit rien, absolument rien d’animé, à l’œil nu du moins, soit en les touchant ou en les examinant sous l’eau. Beaucoup de corallines , de mélites, d’antipates , de déchotomaires, d’adéones , de fiabellaires sur-tout, sont dans ce cas. Des gorgones, des isis que l’on voit aux galeries du Muséum, conservent le même aspect , sont aussi fraîches , et quelques-unes aussi colorées, que celles que nous avons observées au sortir de la mer, au Port-Jackson, à Timor ou dans les Moluques.

Ordinairement les petites espèces de polypiers flexibles ramifiés ou encroûtés, fixent peu l’attention, parce quelles sont disséminées et comme perdues dans de grands espaces ; et que , pour se les procurer , il faut les rechercher avec soin.

Il n’en est pas de même d’une espèce connue sous le nom de ftusin , que nous vîmes aux Malouines. Ses lames, excessivement minces, recouvrent, enveloppent toutes les substances marines. C’est sur les forêts de fucus qui encombrent les baies de ces îles, que les flustres paroissent se plaire davantage ; on voit quelquefois de longues tiges feuillues de ces végétaux qui en sont entièrement garnies. C’est de là que viennent toutes celles que nous représentons dans notre Atlas zoologiquc. Ainsi , les. températures froides et humides , loin de nuire au développement de ces animaux, paroissent au contraire le favoriser dans ces localités.

Il est à remarquer qu’on trouve assez fréquemment en Europe de ces productions fossiles, dans les marbres, le calcaire et le silex, qui ont de l'analogie avec quelques espèces existantes.

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