SECTION III
Description des Polypiers flexibles.
La plupart des polypiers flexibles recueillis durant notre voyage , l'ont été par les soins de notre collègue M. Gaudichaud, qui, ne s’occupant point de zoologie , nous a remis tous ceux qu'il possédoit ; et nous devons , comme nous l’avons déjà dit , cette partie du travail que nous présentons, ainsi que l’anatomie du tubipore musique , à M. Lamouroux, professeur à l’académie de Caen.
6 o4 VOYAGE AUTOUR DU MONDE.
Genre FLUSTRE. — Flvstra. Lamx.
FLUSTRE A GRANDE OUVERTURE. — Flustra megastoma.
PLANCHE p], fig. 6 et 7.
Flustra incrustons ; ccllulis brevibus , lotis , œqualibus , subimbricatis ; orc maximo , compresso , margine lœvi , superficie tuberculosâ.
Cette flustre forme des plaques sur les coquilles et autres corps marins des îles Malouines. Elle est composée de cellules courtes, larges , d’un diamètre égal , un peu aplaties , comme imbriquées et situées en quinconce peu régulier. Leur surface est couverte de tubercules un peu aigus et sailians ; leur ouverture est comprimée et de la grandeur des cellules.
La couleur de ce polypier est un fauve clair.
FLUSTRE ONDULÉE. — Flustra undulata.
Flustra incrustons ; ccllulis elongatis , supemè undu lotis , orc minimo rotondité ; oyarits globule sis , lœvibus , ore arcuato.
La flustre ondulée forme des plaques roides, grossièrement arrondies, sur la surface des plantes marines. Ses cellules sont alongées , un peu renflées daas leur partie antérieure ; la supérieure présente trois à six ondulations , d’autant plus profondes et larges qu'elles sont plus près de l’ouverture : cette dernière est trèspetite, ovale transversalement. Les ovaires sont globuleux, tant soit peu aiongés : leur surface est parfaitement lisse.
ZOOLOGIE. 6oj
La couleur de ce polypier est blanchâtre. Il se trouve sur les plantes marines des îles Maiouines.
FLUSTRE ÉPINEUSE. — Flustra acanthina.
PLANCHE 89, fîg. 1 et 2.
Flustra, ceUulis pLmis , concavis , line a promin ente ciliatA limitotis ; c ihis s eu aculeis radian tibus , rigidis , gracilibus , fragilissimis.
Les cellules de cette flustre different beaucoup de celles des autres espèces ; elles sont planes ou concaves, et séparées les unes des autres par un bourlet ou ligne saillante garnie de cils ou d’aiguillons longs, grêles, roides et très-fragiles. Les cellules sont rarement irrégulières. Les ovaires sont encore inconnus.
Elle se trouve sur les coquilles des îles Maiouines.
FLUSTRE GRANULEUSE. — Flustra granulosa.
Flustra incrustons; ceUulis ovato-elongatis , ore minuto ; ovariis ovatorotundatis subglobosis , grnnulosis; granulis acutis.
Cette flustre diffère de toutes les autres par la forme des cellules, et sur-tout par la surface des ovaires. Les premières sont alongées , un peu renflées dans leur partie supérieure. Leur surface est unie, et l'ouverture , moyenne, plus arrondie inférieurement que supérieurement. Les ovaires sont presque globuleux, trèssafllans , un peu ovales , et couverts de granulations aiguës , semblables à des aiguillons à large Base.
La flustre granuleuse , d’une couleur blanchâtre un peu luisante, forme des plaques arrondies sur les plantes marines des îles Maiouines et du Cap de Bonne-Espérance.
FLUSTRE MARGARITIFÉRE. — Flustra margaritifera.
PLANCHE 92, fig. 7 et 8.
Flustra , cellulis appraximatis , tuberculosis ; tuberculo prommente obtuso , hyalmo s eu margaritaceo , infemè radiato.
Celle-ci, d’un blanc jaunâtre, présente des cellules très-tassées , saillantes , égales entre elles. Leur ouverture est ovale et transversale. A leur partie inférieure se trouve un tubercule proéminent, obtus, à sommet très-luisant , semblable à du verre ou à de la nacre, de perle ; de son pourtour partent des stries rayonnantes qui diminuent peu-à-peu et se perdent sur la surface de la cellule. Au-dessus de l’ouverture on remarque un renflement plus ou moins considérable et limité , que nous regardons comme l’ovaire. •
Ce polypier se trouve sur les moules des îles Malouines.
FLUSTRE A PETIT VASE. — Flustra vasculata.
PLANCHE 91, fig. 6 et 7.
Flustra, cellulis paululum distant! bu s , simplicibus, vasculiformibus ; superficie tuberculosâ ; ore rotundato , magno.
Cette espèce encroûte les corps marins flottant sur les côtes des îles Malouines. Elle est formée par des cellules un peu écartées , disposées en quinconce, simples, un peu saillantes , en forme de petit vase , c’est-à-dire , globuleuses , avec un léger prolongement dans la partie supérieure, où se trouve l’ouverture, grande et arrondie. La surface des cellules est tuberculeuse; l’intervalle qui les
sépare est lisse ou uni. Au-dessus de chaque cellule se trouve un petit trou alongé dont on ignore la destination.
FLUSTRE A PETIT NID. — Flustra nidulata.
PLANCHE 95, fig. 4 et 5.
F lustra incrustons; ccllulis mdulum rcfcrentibus , distantibus , superficie Icevi.
Cet individu, d’un Liane nacré, offre des cellules en forme de petit nid de pigeon, ou de petite hotte, distantes les unes des autres et disposées en quinconce. Leur ouverture est demi-circulaire , quelquefois fermée par un petit opercule ; leur surface est lisse, tandis que l’intervalle entre les cellules est garni de petits tubercules presque épars.
Cette espèce habite aux Malouines sur les coquilles et autres corps marins.
FLUSTRE A GIBECIÈRE. — Flustra marsupiata.
PLANCHE p5, fig. 1,2 et 3.
Flustra incrustons; ccllulis in qu'tncunccm dispos i tis , eminentibus, /abattis vcl marsupii forma; superficie porosâ , lucidà inter ccUulas ; poris irrcguLiribus , margmatis.
Cette Hustr# n’est pas rare sur les corps qui flottent autour des îles Malouines. Elle est très-roide, très -fragile, plus solide que flexible , et présente des cellules distantes les unes des autres , assez saillantes, à surface lisse, arrondies inférieurement; leur ouverture, très-grande, est fermée par une languette arrondie , garnie de chaque
<So8 VOYAGE AUTOUR DU MONDE.
côté d’un petit appendice. L’espace entre ies cellules est plan.
luisant, percé de trous ou pores irréguliers, épars, un peu saillans.
Sa couleur est un blanc grisâtre.
FLUSTRE GLOBIFÈRE. — Flustra clobifera.
PLANCHE 89, fîg. p et 10.
Flustra incrustons ; cellulis minutis ovato-clongaüs , loevibus; ovarïis spbcericis , promincnûbus.
Les cellules de celle-ci sont petites, très-alongées , lisses, à ouverture moyenne; celles qui sont dépourvues d’ovaires forment une petite zone à la circonférence des plaques. Les autres, semblables aux premières dans leur partie inférieure , portent, à leur sommet, un globe saillant, à surface lisse et à grande ouverture arrondie.
Cette espèce nous a paru être rare sur les moules des îles Malouines.
FLUSTRE GENTILLE. — Flustra pulchella.
PLANCHE p2, fig. 5 et 6.
Flustra incrustons; cellulis minutis , regularibus, subsparsis, ovatoelongatis , subteretibus ; ort rotundo , margine crasso.
Dans cette espèce, les cellules sont petites, trèf'-régulieres , peu saillantes, presque éparses, ovales, alongées, à ouverture ronde avec un rebord saillant ou épais ; les cellules à ovaires sont mêlées avec les précédentes. Les ovaires sont presque globuleux et saillans, à ouverture arrondie , et plus blancs que les cellules.
ZOOLOGIE. 6o9
La flustre gentille, d’une couleur blanchâtre, forme des plaques assez grandes sur les coquilles des îles Malouines.
FLUSTRE A PETITS SILLONS. — Flustra sulculata.
PLANCHE 92, fig. 3 et 4.
Flustra incrustant ; ccllulis ovato-clongatis , transvase sulcuLitis; ovariis globidosis , inœqualibus , lucidis.
Dans celle-ci, les cellules sans ovaires semblent différer de celles qui en sont pourvues. Les premières, placées à la circonférence et en lignes un peu rayonnantes , sont aplaties ou peu saillantes ; leur forme est un ovale alongé , un peu pointu à l’extrémité inférieure : leur ouverture est ronde et moyenne, leur surface marquée de légers sillons transverses et réguliers. Les cellules à ovaires, situées dans la partie centrale des plaques, sont presque entièrement cachées par les ovaires. Ceux-ci sont globuleux, très-saillans, inégaux: leur ouverture est plus grande que celle des cellules: leur surface est unie, luisante ou nacrée..
L’intervalle entre les cellules sans ovaires est visible et uni, tandis qu’il est caché sur les autres, parties du polypier.
Il se trouve sur les moules des, îTes Malouines.
FLUSTRE A DIADÈME. — Flustra diademata.
PLANCHE 89, fig. 3, 4, 5 et 6.
Flustra incrustons; ccllulis ovalibus orc supemè rolundato, longé ciliato; 7 — 8 ciliis radian tibus , fragdissimis , nigrescentibus , rare mtegris.
Les cellules de cette flustre sont ovales, assez saillantes, renflées vers leur tiers antérieur, offrant, sur un de leurs côtés, un trou
V jyagt dt r Utmu. — Zoologie. y y
6io VOYAGE AUTOUR DU MONDE,
ou un petit tube dirigé en avant; quelquefois il n’existe pas. La bouche est presque ovale ; le bord inférieur est moins arrondi que le supérieur : ce dernier est garni de sept à huit fiiamens rayonnans, très-fragiles, de couleur noirâtre, rarement entiers. Les cellules sont couvertes de très-petites granulations. Les ovaires, lorsqu’ils existent, recouvrent presque la moitié des cellules; leur surface est unie près de la bouche, et sillonnée antérieurement. Les sillons ressemblent par leur position aux cils de la bouche des cellules sans ovaires , qui ont adhéré à la surface de la membrane qui forme ces derniers. Leur ouverture décrit un ovale arrondi aux deux extrémités et courbé en arc. Les cellules à ovaires n’ont jamais ni trous ni appendices tubuleux. *•
Même contrée que les précédentes. Elle se trouve sur des moules.
FLUSTRE A COLLIER. — Flustra torquata.
. PLANCHE 89, fig. 7 et 8.
F lustra orbicularis , radians; cellulit subdistantibus , longe ovalibus , superficie granulosâ ; ore rotundato, margine Icevi.
Cette espèce présente des cellules rayonnantes et disposées en quinconce. Elles sont toutes égales entre elles , parfaitement ovales, à surface finement granuleuse, jusqu’à une petite distance de l’ouverture, où cette surface devient lisse, et forme une espèce de rebord , de collier uni , qui borde l’ouverture ronde et assez grande. L’espace entre les lignes des cellules est très-petit et poreux.
La couleur de ce polypier , qu’on trouve , mais assez rarement , sur le mytilus magctlanicus des îles Malouines, est un violet pâle.
Genre AGLAOPHÉNIE. — Aclaophenia. Lamx.
AGLAOPHÉNIE GA1MARD. — Aclaophenia Gaimardi.
PLANCHE 515, fig. 5? et IO.
Aglaophenia pinnata, articuLun ; pinnulis valide articulalis ; cellulis brevibus , campanulatis ; orc lato ; ovariis elongatis , lævibus , acutis.
Cette singulière aglaophénie a été consacrée à l’un des naturalistes de l'Uranie . par l’auteur de l’Histoire des polypiers. Plusieurs tiges non rameuses s’élèvent du même empâtement ; elles sont pinnées dans presque toute leur longueur , et fortement articulées, ainsi que les pinnules ; de plus elles sont alternes ; par la dessiccation elles sont jetées quelquefois toutes d’un seul côté. Les cellules, trèscourtes et ejtmpanulées , ont une large ouverture ronde, avec un appendice court et aigu à leur base. Les ovaires sont lisses, ovales, alongés , et terminés en pointe.
La couleur de ce polypier est fauve; il s’élève à huit ou neuf lignes tout au plus, et se trouve sur les grandes hydrophytes du Cap de Bonne- Espérance.
AGLAOPHÉNIE CYPRÈS. — Aglaophenia cupre'ssina.
Lamx. Hist. polyp. pag. 169, n.“ î8a.
Plumulaire bipinnée. Lamk. Anim. sans vtrt. t. 2 , p. 1 26 , n.“ 7.
PLANCHE 91, fig. I, 2 et 3.
Aglaophenia erecta, tares, squamata, ramosissima; bipmnata,pinnis pinnulisquc bifarus, brevibus, rigidis, confertis; orariis tercti-ovatis , subscabris.
Cette espèce a l’aspect d’un cyprès ou de certaines fougères; ses tiges sont droites , cylindriques, écailleuses, très-rameuses et presque triquètres. Les rameaux opposés et pinnés sont nombreux, principalement dans la partie supérieure du polypier ; les pinnules , courtes, droites, serrées, portent des cellules peu profondes, dépourvues d’appendice inférieur. Les ovaires sont pédiculés et cerclés en spires échinulées, interrompues par un prolongement du pédicelle. La couleur de cette aglaophénie est un brun olivâtre presque noir. Sa grandeur varie de quatre à sept pouces. Elle n’est pas rare dans la mer des Indes.
6ij
Genre DYN AMÈNE. — Dynamena. Lamx.
DYNAMENE A COURTE CELLULE. — Dïnamena brevicella.
Dynamena parùm nimosa, dichotoma , capillacea, rigida ; cellulis disUmtibus , vix exsertis , oculo nudo invisibilibus , ort bidcntato.
Ce polypier devrait peut-être former un genre particulier, tant il diffère de toutes les sertulariées connues. Comme il se rapproche davantage des dynamènes que des autres groupes , on a cru devoir le placer provisoirement dans ce genre. Ses tiges, réunies en petit nombre sur un empâtement, s’élèvent et se dichotomisent trois ou quatre fois au plus; elles ont le même diamètre que les rameaux. Les cellules sont opposées , très-éloignées les unes des autres , à peine saillantes, et un peu longues. Leur bord est garni de deux dents , l’une supérieure , l’autre inférieure. La couleur et la substance du polypier ressemblent à celles de la corne. Il acquiert environ un pouce de hauteur, et se trouve aux îles Malouines, où il est rare.
Cette espèce n’a point été figurée , à cause du mauvais état de l’échantillon. Elle semble se rapprocher des cymodocées.
DYNAMENE CRISIOÏDE. — Dynamena crisioïdes.
PLANCHE 90, fig. Il et 12.
Dynamena pumila, comea; ramulis articuiatis , translucentibus ; cellulis ore dentato elongiiùs , ad caulem altemis , suboppositis ad ramos.
Il existe peu de dynamènes aussi petites que la crisioïde; sa
hauteur ne dépasse jamais huit lignes ; la tige est cartilagineuse et jaunâtre; les cellules y sont presque alternes, comme dans les sertulaires ; les ramuscules sont blancs et transparens , articulés d’une manière très-marquée ; chaque articulation est composée de quatre à six cellules, très-alongées et adhérentes presque en entier. Leur ouverture semble labiée. Elle se trouve assez communément sur des corps marins des îles Moluques.
Ce polypier semble lier les crisies aux dynamènes et aux sertulaires, par les caractères qu’il présente.
Genre SERTULAIRE. — Sertularia. Lamx.
SERTULA1RE UNILATÉRALE. — Sertularia unilateralis.
PLANCHE po, fig. 1, 2 et 3.
Sertularia. pumila , flexuosa , incequaliter teres, pariim ramosa ; articu/is loti plus cuits ; cellulis ad eamdem f/iciem convertis ; ovariis ovatis pediccllatis.
Cette petite sertulaire, parasite sur une variété du ceramium scoparium de Roth , offre quelques caractères remarquables. Sa tige est très-petite, un peu flexueuse, très-inégale dans sa largeur; et, quoique cylindrique , toutes les cellules semblent se diriger vers la même face. Elles sont petites, avec une pointe alongée dans la partie inférieure de leur ouverture. Les ovaires sont pédicellés, ovales, remplis de corpuscules visibles, et terminés en pointe tronquée. La grandeur de cette sertulaire varie de quatre à cinq lignes. Sa couleur est un fauve brun foncé. Elle se trouve sur les plantes marines des îles Malouines, mêlée avec des flustres et d’autres polypiers.
SERTULAfRE GAUDICHAUD. — Sertularia Gaudichaudi.
PLANCHE po, fig. 4 et 5.
S trtularia arbusculata ; raniis ramulisque capillactis, gracilibus, altcmis; cellulis distantibus, ore quadridentato ; ovariis ovatis subpedkellatis , transversè rugatis.
Cette élégante sertulaire , consacrée à M. Gaudichaud, est une
te
des plus remarquables par ses caractères. Elle ressemble à un petit arbrisseau à rameaux très-nombreux , capillacés , grêles et flexibles , de la même grosseur dans presque toute leur étendue. Ils offrent quelques ramuscuies et des cellules alternes très-éloignées les unes des autres; elles sont campanulées , à ouverture quadridentée. Les ovaires , presque globuleux et pédicellés , sont marqués de lignes transversales presque spirales, qui ne sont bien sensibles en général que vers le milieu de l’ovaire.
La couleur de ce polypier est un jaune verdâtre et vert bleuâtre dans Ictat de vie; celle des polypes est un bleu clair. Sa hauteur varie d’un pouce et demi à deux pouces. Il se trouve sur le ficus buccinalis , près des îles Malouines.
Genre CLYT1E. — Clytia. Lamx.
CLYTIE À GRANDES CELLULES. — Clitia macrocïttara.
PLANCHE 93, fig. 4 et 5.
Clytia reptans; coule simplici; celhdis magnis , campanulaüs , solitariis, raris ; ore morginoto , quadridaitato ; pedunculo tortili.
Cette clytie est tellement singulière par la grandeur des cellules, et par leur pédoncule tordu, qu’on a cru devoir la figurer, malgré sa petitesse. Elle offre une tige simple, adhérente dans toute son étendue : de cette tige s'élèvent , de distance en distance , des cellules grandes, roides , campanulées, à ouverture quadridentée avec le bord garni d’un petit bourrelet. Le pédoncule qui les supporte est entièrement tordu et de la longueur de la cellule.
Cette clytie a été trouvée sur le caulinia antarctica de l’ile de Doore dans la baie des Chiens-Marins.
CLYTIE ONDULÉE. — Clttia undulata.
PLANCHE 94, fig. 4 et S.
Clytia ramosissima, stolanifcra ; cellulis longe pedunculatis ; pedun culis tindu lotis ; ovoriis ovato-lmceolatis .
Cette espèce , très-voisine de la clytia urnigera de Lamouroux , présente comme elle une tige rampante, stolonifère, très-rameuse, à rameaux flexueux. Les cellules, campanulées, petites, nom-
y o) âge dt l'Urann. — Zoologie.
breuses, à bord entier, sont portées sur des pédoncules longs et grêles, ondulés dans toute leur longueur. Les ovaires sont d’une forme ovale, très-alongés , sans aucune apparence d’ouverture,
La clytie ondulée a été trouvée sur les plantes marines du Port- Jackson.
Genre LAOMÉDÉE. — Lacmedea. l.,amx.
LAOMÉDÉE ARTICULÉE. — Laomedf.a articueata.
PLANCHE 91, fig. 4 et 5.
Laomedca surculosa , pumila , subsimp/ex ; caule articulito ; articulis InlcraUbus ; ce llu lis subpedictllatis.
Cette espèce, par la forme et la grandeur des cellules, ressemble un peu à la laoinédée frutiqueuse; mais elle en diffère par tant de caractères , qu’il est impossible de la confondre avec celle-ci. La racine est rampante; elle supporte quelques tiges simples, hautes d’un à deux pouces , articulées alternativement. Chaque articulation s’attache sur le bord de celle qui précède. Les cellules sont campanulées , un peu alongées , entières , se terminant en pointe aiguë , ou en un pédicelle très-court , se fixant sur un petit plateau , comme dans la laomédée antipathe. La couleur de ce polypier est jaunâtre ; sa substance est cartilagineuse.
Il se trouve sur les corps marins des côtes des îles Moluques.
6io
Genre TUBULAIRE. — Tubularia. Lamx.
TUBULAIRE CLYTIOIDE. — Tubularia clïtioîdes. planche 95, fig. 6, 7 et 8.
Tubularia pu mi la, r (plans , stolon fera; cellulis campanulalis , pedicellis ad basim extremitaUmque annulosis, longissimis, Jhucidis. Polypus, corpore pyriformi , tentaculis granubitis vel nodosis.
Cette tubulaire se rapproche des clyties par la forme des tiges, par celle des cellules et par la longueur du pédicelie qui les supporte ; mais elle s’en éloigne par la forme de ces pédicelles, et sur-tout par celle du polype. La tige est stolonifere ou rampante; les cellules sont nombreuses , campanulées , portées sur de longs pédicelles anneiés à leur origine et à leur extrémité , et non dans leur partie moyenne. L’animal est analogue à celui des autres tubulaires capillacées et rameuses; il olFre un corps pyriforme, à bouche située au sommet, et armée de nombreux tentacules noueux, ou garnis de plusieurs globules assez gros et séparés les uns des autres.
Cette tubulaire a été trouvée sur le fucus nageant et le baccifcre, dans les parages des Açores \
» Une espèce de tubulaire qui approche beaucoup de la rameust , abonde dans la rade de Rio de Janeiro; elle paroil croître constamment sous Peau, et avec une telle rapidité qu’au bout de quinze jours le fond de nos canots en étoit couvert. Après un mois et demi, ces polypiers avoient acquis une longueur de cinq pouces. Les polypes sont trcs-contractiles , et semblent préférer, pour leur prompt développement, une eau légèrement agitée et sans cesse renouvelée; car, plusieurs fois, nous tentâmes de conserver dans des bocaux, dont nous changions fréquemment Peau, quelques-uns de ces animaux : ce fut en vain ; ils ne vivoient que le temps convenable pour les faire dessiner, c’est-à-dire, quelques heures.
Les points noirs et de couleur purpurine que nous aperçûmes entre leurs tentacules, sont,
Genre ACÉTABULAIRE. — Acetabularia. Lamx.
ACÉTABULAIRE A PETIT GODET Acetabularia calicülus.
PLANCHE c?o, fig. 6 et 7.
Acetabularia. pu mi h , peltâ ctiliculiformi , margine crenato .
Cette petite acc tabulaire différé de celles que l’on connoft, par la grandeur, l’habitation, et sur-tout par la forme de l'ombrelle. Elle représente un petit godet, à bords crénelés, porté sur une longue tige filiforme, offrant deux ou trois renfleinens formés par un rang de pores afongés , situés en anneaux autour de la tige. Sa couleur est verdâtre ; sa hauteur , d’environ un pouce.
Elle a été trouvée dans la baie des Chiens-Marins avec le polyphisa australis \
sans doute, les gemmules qui donnent si rapidement de nouveaux individus. Nous vîmes aussi, sur les pédicules qui supportent les polypes, une foule de petites radicules qui semblent être des tubulaires naissantes.
Des millions de chevrolles , de monoques , «Scc. habitent ces petites forets sous-marines.
De nombreux échantillons, conservés dans l'alcool ou dans une solution mercurielle, ont été déposés dans les galeries d'anatomie comparée du Muséum.
• Donati est celui qui a donné la meilleure figure de l'acétabule avec l'animal. Il décrit le tout comme une plante , sous le nom de callopilophore. ( Hist. nat. de V Adriatique t pag. 28, pl. 3. ) D'après lui, le polype sort par l’axe central de l’ombrelle, et étend ses tentacules sur toute la surface. C'est ainsi que nous l’avons pareillement observé dans Feau ; car lorsqu’on l’en retire, il les réunit en un seul bouquet, comme Tindique la figure de Fonis( Voy.en Daim. pag. 225, pi. 7 ), sous le nom d'androsact. L’histoire de ce zoophyte, que ces deux auteurs examinèrent vivant et qu’ils soutinrent être un végétal, contre l’opinion de Linné, qui ne pouvoit qu’en avoir vu l’enveloppe, est encore une des preuves du génie et de la sagacité de ce grand homme pour les plus petites choses.
Le polype ou les polypes qui forment un petit bouquet implanté au centre perforé du disque, nous ont paru, de même qu’à Fortis, d’un brun rougeâtre. Du reste, il y a encore beaucoup à faire pour connoltre parfaitement ce polypier.
Genre NÉSÉE. — Nesea. Larru.
NÉSÉE NODULEUSE. — Nesea nodulosa.
PLANCHE 9 1 , fig. 8 et 9.
Nesea coule brevi, crasso , subconico ; ramis capillaceis , numerosis . dichotomis , ardcuLuis ; arùculis nodule sis incequaliter moniliformibus.
Nous considérions les nésées comme particulières à la mer des Antilles ; celle-ci est la première qu’on ait trouvée dans l’Océan indien. Sa tige simple, courte, grosse et conique, est surmontée d’une tête presque globuleuse formée par une énorme quantité de rameaux capiilacés, dichotomes, articulés et noueux. Les articulations, d’une longueur souvent inégale, présentent des nodules quelquefois globuleux, quelquefois alongés, isolés ou concaténés. .La grandeur totale du polypier est d’environ deux pouces. Sa couleur est blanchâtre. Cette circonstance paraît tenir à faction des fluides atmosphériques.
Il a été trouvé sur les rochers des îles Moluques, où il paraît rare.
6ij
Genre GALAXAURE. — Galaxaura. Lamx.
GALAXAURE ROIDE. — Galaxaura ricioa.
Lamx. Hiit. polyp. pag. ï6 J , pi- S, fig. 4- A. B. Var. B major.
PLANCHE 91 , fig. 10 et 1 I.
. Galaxaura ramis numerosis , rigidis, fragilibus , annulaüs , hispidis.
Cette corallinée offre des articulations invisibles à l’œil nu; ses rameaux sont roides et cassans, avec des anneaux transverses, couverts d’une rangée de poils très-courts et droits. Sa couleur est un vert rougeâtre.
La variété B , rapportée de l’Ile-de-France , ne diffère de la variété A que par sa grandeur plus considérable. Cette dernière se trouve sur les plantes marines de la mer des Indes.
6i 4 VOYAGE AUTOUR DU MONDE.
Genre JANIE. — Jania. Lamx.
JANIE COMPRIMÉE. — Jania compressa.
J aiùa purnila , compressa, ramis ultimis tercùbus.
La janie comprimée est une des plus petites de ce genre »i naturel et dont les espèces et les variétés sont si difficiles à distinguer. Elle offre un caractère particulier que l’on n’observe sur aucune autre; c’est dans la forme des rameaux : ils sont très-comprimés jusqu’aux dernières articulations, les seules qui soient cylindriques. La longueur des articulations augmente à mesure qu elles s’éloignent de la base; ainsi les inférieures sont les plus courtes. Les ovaires sont toujours placés à l’origine des dichotomies.
Cette janie a tout au plus deux ou trois lignes de hauteur. Sa couleur est blanche. Elle se trouve sur les plantes marines du Port- Jackson.
ZOOLOGIE. 6zj
Genki CORALLINE. — Corallina. Linn
CORALLINE SAGITTÉE. — Corallina SAGITTATA.
PLANCHE 95, fig. Il et 12.
Corallina die bot onia; or Leu lis sagiwitis , extremitatibus acutis vtt ovariiferis.
Cette coralline, ainsi que quelques autres espèces de la mer des Indes, est toujours dichotome; ses divisions sont nombreuses, pressées et comprimées ou presque planes. Les articulations ressemblent à des fers de flèche enfilés les uns dans les autres, de manière que les ailes ou les côtés soient en contact. Les extrémités de ces ailes sont très-aigucs ou garnies d’un ovaire ovale, ordinairement simple, rarement surmonté d’un appendice.
La couleur de cette espèce est un brun violet, verdâtre ou rougeâtre dans letat de vie, devenant d’une blancheur éclatante par l’action de l’air et de la lumière. Elle acquiert environ deux pouces, et se trouve sur les rochers de l’Ile-de-France.
Les corallines de la mer des Indes , voisines de la coralline sagittée, ressemblent aux janies par leur ramification dichotome, et aux corallines par la forme des articulations. Nous avons cru que ce caractère devoit être considéré comme plus essentiel que le premier, et déterminer la classification de ces polypiers. On en formera peut-être, par la suite , un genre particulier, intermédiaire entre les corallines et les janies.
t ourge dt l'( ni'i/V. — Zoologie. yg
CORALLINE A PETITES PANICULES. — Corallina paniculata.
Conillina ramosa , dichotonui , rare trichotoma ; articula compressa , subuLita , ramulosis ; ramulis p,micuLitis , lcretibus.
Cette coralline offre des caractères remarquables. Scs principales ramifications sont dichotomes , rarement trichotomes. Les rameaux supérieurs ont une forme paniculée produite par la grande quantité de ramusculcs qui partent des articulations et qui se recouvrent : ces dernières sont comprimées, un peu saillantes au centre, beaucoup plus minces sur les côtés; eiles supportent, sur la même facette , deux ou quatre ramuscules composés d’articulations cylindriques et filiformes, simples ou à ovaires. Il existe une tres-grande différence entre les articulations, sous le rapport de la forme et de la grosseur. Celles des principaux rameaux sont énormes, relativement à celles des ramuscules.
La couleur de cette coralline est verdâtre , rouge ou blanche. Sa hauteur varie d’un pouce et demi à deux pouces. Elle a été trouvée sur les côtes de l’Ile-de-France; et M. Labillardiere l’a rapportée des îles Moluques.
Genre AMPHIROÉ. — Amphiroa. Lamx.
AMPHIROÉ ÉPAISSE. — Amphiroa CRASSA.
Amphiroa arùcuhita, dichotoma; arùculis crassissimis , inœqualibus ; superficie verrucosâ.
Cette amphiroé est assez régulièrement dichotome. Ses articulations, peu nombreuses, ont une longueur d’environ tpiatre lignes, sur une ligne et demie à une demi-ligne de largeur , principalement dans la partie inférieure du polypier : celles des extrémités sont plus étroites, et se terminent par deux ou trois appendices inégaux, courts , tronqués , isolés ou réunis. Le disque corné qui sépare les articulations est beaucoup plus petit et très-mince ; quelquefois il est recouvert par la matière crétacée des articulations ; leur surface présente une grande quantité de petits tubercules ronds et épars. La couleur de ce polypier est un violet rougeâtre; il s’élève d’un pouce et demi, et on le trouve sur les côtes de la Nouvelle- Hollande, à la baie des Chiens -Marins.
AMPHIROÉ CYATH1FERE. — Amphiroa ciathifera.
Amphiroa trichotoma, stu verùcilLila , rigida ,fragitis ; arùculis lougis , lereùhus , in apice cyathifcris.
Cette espèce , très-rameuse , présente quelquefois des ramifications dichotomcs, trichotomes ou vcrticillccs, très-roides et trèsfragiles. Les articulations ont environ quatre lignes de longueur; elles sont cylindriques , droites ou courbées , et garnies à leurs extrémités d’un large bourrelet saillant et relevé : ce qui lait ressembler
6i8 VOYAGE AUTOUR DU MONDE,
cette partie , dans une articulation isolée, à un godet porté sur un pied. Lorsque le polypier est entier, il offre une grosse nodosité à la jonction des articulations. La couleur de cette corailinée est un violet rougeâtre, qui présente les nuances de vert, de rouge, de blanc , &c. , suivant l’influence qu'elle a reçue des fluides atmosphériques. Elle s’élève à un ou deux pouces, et se trouve assez abondamment sur les rochers calcaires des îles Moluques.
A.MPHIROÉ. FOLIACÉE. — Amphiroa foliacea.
PLANCHE J» J, fig. 2 et 3.
Amphiroa dicholoma, rigida ; articulis infemè tereùbus , supemè pLinis, subfoliiformièus , marginibus undu lotis , nervo medium percurrente.
L’amphiroé foliacée se ramifie par dichotomies irrégulières. Les articulations sont inégales en longueur, rapprochées les unes des autres, rarement droites, cylindriques dans la partie inférieure du polypier, comprimées quelquefois dans la partie moyenne, et se terminant toujours par une ou deux articulations planes, larges environ d’une ligne, avec les bords ondulés et le milieu saillant, comme s’il étoit partagé par une nervure ; ce qui lui donne le fuies d’une feuille. . . •
Cette corailinée, que la dessiccation a rendue blanchâtre, a été trouvée sur les roches calcaires des îles Mariannes.
Genre ÉPONGE. — Spûncia. Linn.
ÉPONGE SPONGILLOIDE. — Spongia spongillojdes.
Spongia ramosissinia ; mmis subteretibus , inœqualibus , sordide viridibus , varie taxe que coalitis.
Éponge très-rameuse, présentant un large réseau plan, à grandes mailles formées par la réunion des rameaux presque cylindriques , inégaux dans leur largeur, et du diamètre environ d’une plume d’oie ; leur couleur est un vert d’herbe sale.
Cette espèce paroît très-abondante sur les rochers calcaires des Moluques. Elle ressemble, par sa couleur et sa consistance, aux éponges d’eau douce nommées épbyduies dans l’ Histoire des polypiers, et que M. de Lamarck appelle spongiles.
EPONGE GERCÉE. — Spongia rimulosa.
PLANCHE p4, fig. 1 et 3,
Spongui subincrus titns , plana, crassiuscula, rigida, supernè rimulosa , coUiculosa ; colliculis sape sparsis , ad apicem oscubitis.
L’éponge gercée recouvre les corps marins d’une croûte mince, presque plane, peu épaisse, et roide, quoique son tissu soit trèsfin. La surface supérieure offre beaucoup d’inégalités, les unes coniques, les autres alongées comme de petits monticules. Ces diverses éminences sont percées à leur sommet d’un oscule très-petit, d’où partent, en rayonnant, les gerçures très-courtes, éparses et sans ordre , qui se répandent sur les autres parties du polypier. La
6i o VOYAGE AUTOUR DU MONDE,
surface inférieure est beaucoup plus unie ; les fibres longitudinales y sont beaucoup plus fortes que les transversales. Ce polypier, très-commun, d’une couleur verdâtre ou fauve, forme des plaques de deux à trois pouces sur les rochers des îles Moluques.
ÉPONGE ESCH AR1FORME. — Spongia escharifokmis.
Spongia ramosissima, plano-compressa ; ronds tcenuüibus , angustis , varie coiditis , subclathratis.
Cette éponge forme une masse large, plane , épaisse , composée de bandelettes très-nombreuses , très-serrées , anastomosées ou réunies de manière à présenter un réseau épais, serré, à petits intervalles , et inextricable. Sa couleur est un vert sombre, analogue à celui des éponges d’eau douce. Cette espèce, qui vient des Moluques, n’est jamais très-grande.
ÉPONGE VERMOULUE. — Spongia cuniculosa.
PLANCHE j>2, fig. I et 2.
Spongia compressa, subplana, ramosa , in apice pcnicillala ; massa undiquè cuniculosa.
Cette éponge présente une masse informe, comprimée ou presque plane, dont le dessus se divise en quelques rameaux presque planes aussi , terminés par des appendices pénicilliformes. Toute la masse est remplie de trous ou de canaux sinueux, cylindriques, d’une largeur presque égale dans toute leur longueur, aboutissant souvent à la surface du polypier. Sa couleur est verdâtre. Elle s’élève à cinq ou six pouces, et se trouve assez communément dans les mêmes localités que la précédente.
ÉPONGE DACTYLOÏDE. — Spongia dacttloides.
PLANCHE 5?4 , fig. I.
Spongia ramosa, ad bastm lata, subplana, crassissima, supernè in riimos compressas, elongiUos, obtusos, nuirginibus seriatim oscu lotos, divisa; tenuiter lax'cque Jibrosa.
Cette espèce ressemble un peu à ieponge à longs doigts de M. de Lamarck, quoique les caractères quelle présente soient bien diffcrens. Dans I éponge dactyloïde, ainsi nommée à cause de la forme de ses rameaux, la base ou la partie inférieure est en général très-comprimée , très-épaisse et large. La partie supérieure se divise en rameaux ou digitations nombreuses, presque simples, comprimées , arrondies à l’extrémité ; leur surface est parsemée de quelques oscules, beaucoup plus nombreux et formant une ligne droite sur les deux côtés. Le tissu de cette éponge est fin et lâche , ou presque droit , ou peu serré. Sa couleur est verdâtre , et devient fauve par la dessiccation.
Elle atteint jusqu’à huit pouces de hauteur, et se trouve sur les rochers des îles Malouines.
ÉPONGE LAMELL1FÊRE, — Spongia lamellifera.
PLANCHE 93, fig. I.
Spongia frondosa ; frondibus Limcllosis , simplicibus vel pariim divisis, plants , rigidis , erectis , tenuissimi fibrosis , porosis.
Cette espèce a les plus grands rapports avec l’éponge lamellaire de M. de Lamarck; elle en diffère néanmoins par plusieurs
caractères. Ses lames sont droites, sans aucune flexibilité, en forme de feuilles minces , ordinairement simples, plus ou moins ovales, avec le sommet arrondi, quelquefois tronque, et, dans ce cas, entier, ou deux ou trois fois incisé , mais peu profondément. Le tissu de cette éponge est très-fin; les surfaces présentent quelques petits sillons longitudinaux et un grand nombre de petits trous ou de pores épars ou en ligne.
Elle est d’un blanc lavé de jaunâtre, et s’élève d’environ cinq pouces. On la trouve en abondance sur les rochers polypiféres des îles Mariannes , et la mer en rejette beaucoup sur le rivage.
Genre *t)BÉLIE. — Obelia. Lamx.
OBÉLIE RAYONNANTE. — Obeija radians.
PLANCHE 8p, fig. Il, 12 et 13.
Obelia orbicu loris ; celluUs tubulosis , clongatis , erectis , radiantibus , sparsis. vel agglomcratis.
Cette obélie offre des cellules tubuleuses, très-alongées, courbées et ensuite redressées, quelquefois solitaires et éparses, souvent réunies en groupes de deux à six et même plus. Elles se dirigent toujours du centre à la circonférence en rayonnant; leur surface est fortement tuberculeuse; leur ouverture est sifliple et arrondie.
La couleur de ce polypier est un blanc lacté et luisant. Il forme des plaques minces, d’un demi-pouce de largeur, sur les moules des fies Maiouines.
OBÉLIE RAMEUSE. — Obelia ramosa.
Obelia ramosa; cellulis altérais, distinctis. *
Cette obélie diffère, par sa forme, des deux espèces que l’on connoît Elle n’adhère sur les hydrophytes que par la partie inférieure, laquelle, se relevant un peu, pourroit être considérée comme une sorte de tige qui se divise en quelques rameaux, ordinairement simples. Leur surface supérieure offre deux rangs de cellules toujours distinctes et alternes. La couleur de ce polypier est Un blanc nacré brillant. H a à peine une à deux lignes de grandeur, et se trouve sur le ruppia antorctico de la baie des Chiens-Marins.
I eyage dt VU ram», — Zoologie. 0O
Genre TUBIPORE. — Tubipora. Linn.
TUBIPORE MUSIQUE. — Tubipora musica. Linn.
Gmel. Syst. nat. p. 375 3*.n*° *•
Soi. et EHis, p. i44> n.# i, tab. 27.
Lamk. t. II , pag. 209 , n.° 1 .
Cuvier, t. IV, pag. 71.
Lamx. p. 66, t. 27.
Chamisso et Eysenhardt. Act, cur. nat , de Bonn. m %
Tubipora ruberrima , sepùs transversis tubos perpcndiculares connectons. •
Os polyporum lentaculis octo cînctum.
Beaucoup de naturalistes ont parle du tubipore musique. Imperati, Welsch, Petiver, Tournefort, Valentin, B'ütner, l’ont décrit sous le nom de tubulaire. J. Bauhin , Besler, Morison, Mercati ,
Rumphius, l’ont appelé alcyon. Ces auteurs ne disent rien ou presque rien de l'animal de cô brillant polypier, à l’exception de Gmelin, qui se borne à ces deux mots, animal nereis , encore avec un point de doute.
Sir Joseph Banks et le docteur Solander, élève de Linné, dans leur Voyage autour du monde, rapportent qu'ils ont vu plusieurs fois des bancs énormes de tubipores musiques , avec les polypes qui les avoient construits.
Péron , dans la relation du Voyage de Baudin aux Terres australes, dit d’une manière plus poétique qu’exacte : « Ici l’animal du tubi- » pore musique, tout fier de l’éclat de sa demeure, étaloit ses beaux
» tentacules verts et frangés; on eût dit, en voyant au-dessus des flots » les grandes masses globuleuses qu’il forme , d’autant de pelouses » de verdure reposant sur un sol de corail. » Les polypes, lorsqu’ils sont étales , ne doivent-ils pas recouvrir l’ensemble du massif Ce contraste agréable produit par les masses rouges et vertes , n’existe que dans l’imagination ; d’autant qu’un drap marin et une couche limoneuse recouvrent presque toujours le polypier *.
MM. Chamisso et Eyscnliardt sont les seuls naturalistes qui aient indique ce que pouvoit être l’animal du tubipore.
D’après cette analyse rapide de ce qu’ont publié les naturalistes qui nous ont précédés, il est aisé de voir combien sont bornées nos ctKinoissances sur son organisation.
Le polypier présente plusieurs étages de tubes cylindriques , Inarticulés, en général droits , quelquefois flexueux, parallèles entre epx , et un peu rayonnans. Ils sont séparés les uns des autres par des intervalles assez grands, et se soutiennent réciproquement au moyen des cloisons horizontales extérieures qui les réunissent. De chaque tube sort un petit animal membraneux, de couleur vert d’herbe brillant. Sa bouche est au centre d’une petite concavité fermée par une membrane qui doit être relevée en bosse dans l’état de vie. Elle est entourée de huit tentacules parfaitement semblables. Leurs bords présentent deux ou trois rangs de papilles charnues, très-rapprochées, au nombre de soixante à quatre-vingts
» C’est ce qu'on peut vérifier sur le fragment assez considérable contenu dans l’esprit de vin, et déposé dans le* galeries d’anatomie comparée du Muséum de Paris.
Timor est le seul lieu où nous ayons rencôntré ce polypier avec ses animaux. On en trouve beaucoup dans la baie de Coupang, en masses isolées et globuleuses, mais jamais en bancs continus. Lorsqu’ils sont recouverts de quelques pouces d’eau , les polypes qui les habitent étalent leurs tentacules, et offrent véritablement alors une belle pelouse de verdure. Ils les rentrent des que la mer, en se retirant, les laisse exposés à l’ardeur immédiate des rayons du soleil, et l’on ne voit plus que les plis de la membrane extérieure. C’est à-peu-près l’état que le tubipore présente dans l’alcool.
Ainsi, au premier aspect du ces polypes conilueus, à celui de leur masse pierreuse souillée par le limon de la mer, on ne pourroit vraiment pas dire qu’ils appartiennent aux brillans échantillons de la même espèce qui ornent les collections.
6j6 VOYAGE AUTOUR DU MONDE,
de chaque côté. Ces papilles ont leur surface granuleuse ; elles sont égales entre elles.se réunissent, s’épanouissent, s’imbriquent ou se couchent les unes sur les autres, comme les folioles des feuilles. des papilionacées, au gré de l'animal, qui semble également avoir la puissance de faire varier la forme de la surface inférieure de ses tentacules, en la rendant plane, concave, convexe, &c. La surface supérieure est parcourue dans sa longueur par un léger sillon correspondant au point de séparation de deux filamens oviféres; organes dont nous parlerons bientôt.
Sous la bouche , se trouve un sac ovale , trop peu apparent et en trop mauvais état pour être décrit. L’alcool dans lequel l'animai étoit conservé a presque détruit cette membrane, dont nous «fie faisons mention que pour attirer sur elle l’attention des naturalistes.
Autour de ce sac, et presque immédiatement sous les tentacules, sont huit filamens presque triangulaires situés alternativement avfc les tentacules. Libres dès leur origine , ils sont d’abord fiottans ; mais bientôt ils s’écartent, se portent vers la circonférence et s’attachent à une membrane qui tapisse l’intérieur du tube. Ils l’accompagnent dans toute son étendue , en diminuant graduellement de grosseur. Dans les jeunes individus, ces filamens forment une ligne droite; dans ceux qui sont plus âgés, ils offrent des ondulations et des flexuosités intestiniformes , semblables à celles qu’on remarque dans les lobulaires et les luccmaires. Ces filamens, dans leur partie supérieure libre et flottante principalement, semblent remplacer les ovaires. Leur surface interne est garnie d’œufs de différentes grosseurs attachés par de courts pédicelles. Ces œufs ou germes ne se voient jamais sur les filamens des jeunes individus.
Au point où les tentacules se réunissent aux filamens , on observe une membrane s’évasant en forme d’entonnoir, lorsque l’animal est rentré dans son tube. A l’ouverture de cet entonnoir , cette membrane se renverse en arrière et vient se confondre avec le tube calcaire. Sa surface interne se prolonge sous forme de pel-
ZOOLOGIE. 6 j 7
licule mince, dans toute la partie du tube habitée par le polype, et se termine à un diaphragme solide, en forme de godet, ou bien à une petite sphère creuse de même nature que le tube, quoique plus mince.
On Retrouve les débris de ces diaphragmes dans l’intérieur des vieux tuyaux, à une distance variable les uns des autres. On ne peut les considérer comme des cloisons ; mais il semble que , dans ces polypiers, la nature s’essaie déjà à en former, pour leur donner par la suite et plus de régularité et plus de consistance.
La membrane en forme d’entonnoir ne se termine point d’une manière subite ou tranchée sur le tube calcaire ; ce dernier en est le prolongement et le produit. La substance calcaire se dépose dans cette membrane gélatineuse , de la même manière que la chaux phosphatée dans les os des très-jeunes mammifères. C’est un véritable changement de matière molle en matière dure et solide.
La manière dont ce tube se forme ne peut donc se comparer en rien, ni à ce qu’on observe dans les serpules, ni à la co #»e des mollusques. Dans ces dernières , c’est une sécrétion de la peau, c’est presque un produit épidermoïque. Dans les polypiers, au contraire, il y a changement de substance molle en substance solide , qui s’opère graduellement et non par couche. Nous ne doutons point qu’il n’en soit de même dans les polypiers, soit flexibles, soit sarcoïdes. La matière cornée des uns, l’axe et l’écorce des autres, doivent être entièrement produits par un changement de substance molle et gélatineuse en substance cornée , à l’aide de la membrane qui enveloppe toujours les polypes. Au reste j cet organe doit offrir mille modifications de formes , suivant les familles , les genres et même les espèces. Quelquefois elle est très-étendue, très-développéc • et très-irritable : d’autres fois , adhérant aux parois des cellules dans toute leur longueur, Je polype ne jouit d’aucun mouvement et reste toujours à l’ouverture de son tube. Nous considérons cet organe comme un des plus essentiels pour la composition des polypiers.
comme celui qui élabore constamment les matériaux de leur accroissement. Cette opinion , quelque hypothétique quelle paroisse, est fondée sur ce que nous avons observé dans les flustrées et dans les sertulariées , ainsi que sur le peu que nous savons de l’organisation des polypes madréporigènes. #
L’enveloppe membraneuse du polype du tubipore musique est beaucoup plus épaisse que le tube, sur-tout au point où elle se plie. Elle devient plus mince graduellement, jusqu’à son point d’attache autour de la base des tentacules.
Près du tube, elle semble unie; mais bientôt on remarque sur sa surface huit sillons avec huit renfiemens longitudinaux , beaucoup plus sensibles vers le milieu de la membrane, c’est-à-dire, au pli quelle fait lorsque l’animal est rentré dans sa cellule, que dans les autres parties. Les uns et les autres diminuent insensiblement et deviennent à peine visibles. Les huit sillons correspondent à un nombre égal de bandelettes fibreuses bien apparentes sur la surface extériejfc: de la membrane. Elles semblent destinées à élever ou à abaisser le polype lorsqu’il veut sortir de son tube ou y rentrer. L’organisation de cette enveloppe rappelle encore celle du polype de ia lobulaire digitée et de quelques autres animaux de la même classe.
Lorsque le tube a acquis une certaine hauteur, l’animal , par un instinct particulier , ferme sa cloison extérieure ; sa membrane s’étend horizontalement autour de l’ouverture ; elle se double et forme un pli circulaire en revenant jusqu’à l’ouverture du tube. Cette partie de la membrane n’est plus irritable. Sa surface interne sé réunit de manière à ne pas interrompre la continuité du tube.
' La chaux carbonatée se dépose , et bientôt une cloison saillante , composée de deux lames soudées dans presque toute leur étendue, environne la cellule tubuleuse.
En général, plusieurs polypes du même polypier forment souvent leurs cloisons en meme temps et sur le même plari. Dans ce cas,
Zoologie. ' * . ' 6J9
tous réunissent leur membrane gélatineuse. Point de vide : la soudure s’opère de la manière la plus intime; il en résulte une surface unie , solide et presque de niveau , d’où s’élèvent les tubes. Si l’animal établit sa cloison contre un tuyau déjà formé et solide , il la soude sans qu’on puisse apercevoir le point de réunion.
Quelquefois l’intérieur du tube offre quelques petits trous à la même hauteur que la cloison ; c’est le résultat d’un défaut de soudure dans la partie interne de la membrane.
Lorsque le tube est isolé, la cloison extérieure que forme l'animal environne ce tube comme un collier horizontal, saillant et très-mince , obscurément octogone.
Nous n’avons pu reconnoître aucune organisaüon dans le tissu de la membrane.
Lorsque l’animal est rentre dans sa cellule, ses tentacules forment un faisceau cylindrique*, alongé , tenniné en pointe mousse. Les papilles qui le couvrent en partie , sont couchées les unes sur les autres comme les folioles de certaines mimoses dans l’état de sommeil.
Si l'animal sort de sa cellule, il contracte la membrane qui l’enveloppe et s’élève au-dessus de l'ouverture du tube. Etalant ses tentacules frangés, d’une couleur brillante, et recouvrant le polypier d’une enveloppe animée, il empêche d’en voir la couleur rouge, en général plus vive et plus intense que celle du corail.
Les filamens ovifères ne correspondent point aux tentacules ; ils sont situés alternativement. Cette disposition particulière, réunie à la facilité avec laquelle les tentacules paroissent se diviser en deux parties dans le sens de leur longueur, doit produire quelquefois des individus dont le nombre des tentacules et des filamens varie de huit à seize.
Par où sortent les qpufs qui tapissent l’intérieur des filamens! est-ce par la bouche! Nous en doutons, vu leur grosseur. Nous croyons plutôt que lorsqu’un polype vient à périr , les œufs sortent
64 O VOYAGE AUTOUR Dl* MONDE,
tous du tube; un seul se développe dans l’intérieur de cette longue cellule , tandis que quelques autres s’établissent sur les cloisons voisines et ÿ forment un nouvel étage de tuyaux : c’est une jeune famille qui bâtit ses demeures parmi celles de ses pères, et qui les élève au même niveau que ces dernières.
Cet œuf ou ce germe, à la première époque de son développement, n’a aucun des organes qui le caractérisent, pas même un commencement de tube. C’est une simple membrane gélatineuse, repliée sur elle-même, et formant sur la cloison un tubercule en forme de turban ; facile à confondre dans cet état avec des zoanthes ou d’autres zoophytes. Ce tubercule s’alonge par sa partiè supérieure. Il s’élève, et, se développant de dedans en dehors, il offre bientôt un polype pourvu de tous ses organes ; le sac qui le renferme est encore gélatineux dans sa partie supérieure et membraneux à sa base; peu à peu il diminue d’épaisseur, se solidifie et devient calcaire. Par le petit diamètre de cette base, il indique que le volume de l’animal a augmenté dans toutes les dimensions, avant de devenir parfait. Tant qu’il est jeune, ses filaraens intestinaux n’offrent ni plis, ni courbures, ni germes.
L’intérieur du tube, quel que soit son âge, n’est jamais sillonné; il est semblable à l’extérieur, c’est-à-dire, légèrement granulé.
D’après cette description du polype du tubipore musique, on doit le considérer comme un animal très-voisin de celui de la lobulaire digitée ; rapprochement très-singulier, vu la grande différence qui existe entre les deux polypiers, soit vivans, soit desséchés et privés de leurs habitans , mais qui étonnera moins si l’on adopte I hypothèse que nous proposons , celle d’un rapport constant d’organisation dans tous les polypes des polypiers. Nous osons encore avancer que plus on observera les animaux qui les construisent, peu importe les classes ou les ordres , plus on trouvera des preuves de ces rapports , d’abord entre eux , ensuite avec les ascidies agrégées, et enfin avec les mollusques.
Le genre tubiporc renferme-t-il plusieurs espèces! nous en doutons. Le plus ou moins de grosseur des tubes , leur direction plus ou moins droite, leur couleur plus ou moins vive, ne sont pas des caractères assez tranchés, assez essentiels, pour constituer des espèces.
L’Océan indien est encore le seul pays d’où l’on ait rapporté le tubipore musique. Cependant un des auteurs de la Statistique du département des Bouches-du-Rhône , M. Polydore Roux , le range parmi les productions naturelles de la Méditerranée.
ViQ'Ag* Ji F l! rouie , — Zoologie.
Genre RÊNILLE. — Renifla. Lamk.
RÉNILLE VIOLETTE. — Renilla violacea.
Renilla American*. Lamk. Anim. sans vert. loin. a. p 4*9-
Pennatula reniformis. Solandtr et E!lis , p. 65.
Pallas , Zoophyt. p. 374.
Shaw, M'nctll. 4 . ub. 1 31p.
Ellis, Act. angt. v| f. 53, p. 4*7 , tab. 19, fig. 6 et 10.
Alctonium acaricum. G me!. Syst. nat. p. 3811, n.- 4-
' PLANCHE 86, fig. 5 , 6 et 7.
Renilla violacea; corpore reniformi peduncuLito ; polypis lumbriciformibus , tentaculis octonis radiatis.
Ce zoophyte , tel qu’il est représenté dans le cinquante-troisième volume des Transactions philosophiques , et qu’a copié et défiguré Shaw, paroit évidemment être le même que celui que nous donnons ici , quoique l’un soit rougeâtre et l’autre violet. Cela tient sans doute à ce que les naturalistes anglais auront eu des individus altérés , tandis que notre zoophyte a été dessiné vivant. Les calices qui supportent les polypes de la figure de Shaw , n’existent point dans la nôtre, et ils ont huit tentacules au lieu de six.
Si I espèce que nous présentons n’est pas nouvelle , au moins sera-t-elle rendue avec toute l’exactitude que nous avons pu y apporter. Les rénilles ont des rapports naturels avec les anthélies, les xénies, les tubipores et une foule d’autres zoophytes àltuit tentacules rayonnés , sur lesquels on pourvoit faire un assez beau travail. Les matériaux en sont épars , et plusieurs auroient besoin d’être vérifiés de nouveau.
L individu qui nous occupe vient de Rio de Janeiro ; il a été
amené du fond de la mer dans un filet de pêcheur. Le polypier est réniforme, aplati, avec un pédoncule assez court, renflé à son extrémité, et qui ne nous a pas paru susceptible d’adhérer aux corps marins; si la masse entière se fixe quelquefois, c’est en se fronçant dans son contour. Le dessous est un peu rugueux , mais sans" stries rayonnantes. La face supérieure est légèrement convexe, percée dune multitude d’ouvertures par lesquelles sortent des polypes longs d’un pouce, vermiculaires , blanchâtres, transparens, et dans I intérieur desquels on distingue deux canaux. Leur extrémité s’épanouit en huit tentacules jaunes, assez larges et très-légèrement, frangés sur leurs bords; la bouche, placée au milieu, est ronde. La partie implantée dans le polypier nous a paru divisée en trois branches remplies de petits grumeaux qui sont peut être des gemmules.
Chaque pôlype est logé dans une cellule particulière , comme le montre la coupe de la figure 6. Cependant ils paroissent avoir entre eux des moyens de communication et agir de concert; car quand on en force un à rentrer , tous les autres en font subitement autant. Ce n’est point par le contact de leurs tentacules que cela s'opère, comme dans certains lithophytes; ils sont trop éloignés entre eux; c’est* plutôt par la base de leur polypier irritable, de même nature que celui des vrais alcyons , que se transmet la sensation qu’un seul éprouve.
La figtïre 7 représente un polype très-grossi. Pour ces détails, nous avons été aidés de toute l’intelligence du pinceau de M. Prévost.
Plusieurs rénilles , conservées d’abord dans une solution mer-» curieile , puis dans l’alcool , ont été déposées dans les galeries d’anatomie comparée. • . .
64 i VOYAGE AUTOUR DU MONDE.