CHAPITRE XXXI
Divers intérêts des puissances de l'Europe dans l’affaire de V Amérique,
Ici c’est une pure question de mariné et de commerce r Jes Etats maritimes et commerçans, d’après les degrés de leur puissance navale et de leur industrie, comme d’après leur position sur l’Océan, doivent prendre place dans cet examen.
' L’Angleterre, première puissance maritime et commerciale, occupe le premier rang dans les in- | térèts créés par la révolution de l’Amérique ; il ; serait naturel de placer après elle l’Espagne, si ! l’Espagne était quelque chose, ou ce qu’ci le de v rait 1 et ce qu’elle pourrait être. En attendant qu’elle reprenne le rôle qu’elle a négligé et perdu, il est juste de classer la France ; le royaume des Pays- Bas vient après, puis les couronnes du Nord, et dégrada tivement les puissances raéditerranées, à mesure qu’elles s’éloignent de l’Océan, et que leurs fleuves ne vont pas y déboucher : telle est, par exemple, la position de l'Autriche. Ce pays est loin
de l'Océan ; et le Danube, qui est le seul véhicule de sou commerce, va se perdre dans la mer Noire; Hambourg a plus d’affinités avec l’Amérique que toute la monarchie autrichienne.
Ce serait une chose étrange, et qui cependant a été sollicitée, et à la veille de se réaliser, qui aurait eu lieu sans la virile opposition de l'Angleterre, que devoir le sort de l’Amérique porté au tribunal de trois puissances qui n’ont aucune relation avec elle, et qui sont celles de l’Europe qui ont le moins d’intérêts directs dans ce qui se passe en Amérique. C’est là que se révèle le défaut de la liaison qui règne entre la France et le système continental : dans cette union,les intérêts théoriques sont seuls semblables; mais les intérêts positifs dillërent : l’alliance n’est donc pas solide, car elle n’est pas complète. Mais que serait-ce, si elle portait la France dans une direction contraire à ses intérêts; par exemple, a l’alliance l’eût entraînée à la guerre contre l’Amérique? ÏI est évident que la part principale du fardeau de la guerre retombait sur la France, comme puissance maritime et riche, et que de plus, en cas de succès ou de revers, elle perdait également ses avantages avec l’Amérique: i" par la restitution de 1 Amérique a l’Espagne, et par la dévastation qui aurait suivi la guerre; a* par le ressentiment do
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FAmérique contre cette attaque, si elle en eût triomphé; car alors toute Faction de celle-ci tournait contre la France, et au profit de l’Angleterre. La France ne peut pas voir les choses comme le fait le continent: la Prusse et l’Autriche ne sont pas les rivales de l’Angleterre sur terre et sur mer, dans les arts et dans la richesse ; au contraire, la France rencontre à chaque pas l’Angleterre dans cette arène; et pour prévenir ou diminuer sa supériorité, elle ne doit consulter que ses intérêts propres, aucun autre État ne pouvant lui rendre ce qu’il peut lui faire perdre. Une horreur universelle et qui se propagera dans le cours des âges, repoussa ces paroles trop fameuses, Périssent nos colonies> plutôt que nos principes : que la France repousse de même toute direction qui la conduirait à faire périr sa fortune, plutôt que des liens qui la condamneraient à subir des sacrifices tels que celui des avantages que lui promet une liaison prompte et intimé avec l’Amérique,
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