LE COMTE, LA COMTESSE, BEGEA.K.SS
LE COMTE, d'un ton sérieux.
Madame, nous sommes seuls.
BÉGEARSS. encore ému.
C'est moi qui parlerai. Je subirai cet interrogatoire. M'avez-vous vu, monsieur, trahir la vérité dans quelque occasion que ce fût?
LE COMT E , sèchement.
Monsieur... .ie ne dis pas cela-
BÉGEARSS, tout-à-fait remis.
Quoique je sois loin d'approuver cette inquisition peit décente, Thonneur m'oblige à répéter ce que je disois à madame , en répondant à sa consultation :
« Tout dépositaire de secrets ne doit jamais cona server de papiers s'ils peuvent compromettre un *« ami qui n'est plus , et qui les mit sous notre garde, o Quelque chagrin qu'on ait à s'en défaire, et quelque « intérêt même qu'on eût à les garder , le saint reso pect des morts doit avoir le pas devant tout. »(I1 montre le Comte.) Un accident inopiné, ne peut-il pas en rendre un adversaiie po.«sessenr? (Le Comte le tire par la manclie pour qu'il ne nuusse pas rexplication plus loin. ) Auriez-vous dit. monsienr, autre chose en ma position.-' Qui cherche des'coDjeils timides , ou le soutien d'une foiblesse honteuse, ne doit point s'adresser à moi.' vous en avez des jireaves l'un et l'autre , et vous surtout , monsieur le Comte I
(Le Comte lui fait un signe. ) Voilà sur la demande que ra"a faite madame , et saos chercher à pénétrer ce que eoùtenoient ces papiers , ce qui m'a fait lui donner un couseil pour la sévère exécution duquel je iai A ne manquer de courage ; je n'ai pas hésité d"y substituer Je mien , en combattant ses délais imprudents. Voilà quels ëtoient nos débats ; mais quelque chosequ'on en pense, je ne regretterai point ce que j'ai dit , ce que j'ai fait. (Il levé les bras.) Sainte amitié! tu n'es rien qu'un vain litre, si l'on ne
remplit point tes austères devoirs Permettez quo
je me retire.
t E COMTE, exalte.
O le meilleur des hommes ! Non , vous ne nous
quitterez pas Mada.me , il va nous appartenir de
plus près ; je lui donne ma Florestine.
LA COMTESSE, avec vivacité'. ^Monsieur, voas ne pouviez pas faire un plus digne emploi da pouvoir que la loi vous donne sur elle. Ce choix a mon assentiment si vous le jugez nécessaire, et le plustôt vaudra le mieux. L E c o MT E , hésitant.
Hébien...îce soir... sans bruit... votre aumônier...
r.A COMTESSE, avec ardeur.
Hé bien ! moi qui lui sers de mère . je vais la préparer à l'anguste cérémonie : mais laisserez-vous votre ami ,seni généreux envers cette digne enfant.** J"ai du plaisir à penser le contraire.