‹ vres choisies de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 66 sur 185 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

BEGEARSS, le regardant aller.

Ij ne farde plus ses desseins. Notre homme est (îer , bon signe ; il ne sait rien des miens ; il auroit la mine bien longue s'il étoit instruit qu'à minuit,... ( II cherche dans ses poches vivement. )

Hé bien , qu'ai-je fait du papier ? Le voici. (Il lit.) « Reçu, de M. Fal , notaire, les trois raillions d'or « spécillés dans le bordereau ci-dessus. A Paris, le... « At^ma.viva. » — C'est bon ; je tiens la pupille et l'argent. Mais ce n'tst point assez ; cet borame est foibie , il ne finira rien pour le reste de sa fortune. La comtesse lui impose ; il la craint , il l'aime

encore Elle n'ira point au couvent , si je ne les

mets aux prises , et ne le force à s'expliquer

brutalement. (Il se proniene.) — Diable ! ne risquons pas ce soir un dénouement aussi scabreux. En précipitant trop les choses , on se précipite avec elles. Il sera temps demain , quand j'aurai bien serré le doux lien sacramentel qui va les enchaîner à moi. (Il appuie ses deux mains sur sa poitrine.) Hé bien , maudite joie , qui me gonfles le cœur , ne peux-tu donc te contenir....^ Elle m'étouffera , la fougueuse , ou me livrera comme un sot , si je ne la laisse un peu s'évaporer pendant que je suis seul ici. Sainte et douce crédulité ! l'époux te doit la magnifique dot. Pâle déesse de la nuit ! il te devra bientôt sa froide épouse. ( Il froUc ses mains de joie. ) Bégearss ! heureux Bégearss !... Pourquoi l'appelez - vous Bégearss ? n'est- il donc pas plus d'à moitié le seigneur comte Almaviva .►* ( D'un ton terrible. ) Encore un pas , Bégearss , et tu l'es toat-

à-fait ! — Mais il te faut auparavant Ce Figaro

pesé sur ma poitrine; car c'est lui qui l'a fait venir...

Le moindre trouble me perdoit Ce valet-là me

portera malheur..... c'est le plus clairvoyant coquin Allons , allons , qu'il parte' avec sou

chevalier errant.

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