M. FAL
Hors celui-ci. Je vais vous lire la donation que »uonsieur fait... ( cherchant l'endroit. ) M. M. M. Mes- .sire James-Honoré Bégearss... Ah ! (il lit) « et pour « donner à la demoiselle future épouse nue preuve t non équivoque de son attachement pour elle , let dit seigneur futur époux lui fait donation entière < de tous les gnmds biens qu'il possède , consistant '< aujourd'hui (il appuie eu lisant) (ain.si qu'il le dé- « clare ,et lésa exhibés à nous , notaire .'soussigné),
lO.
Ti4 LA MERE COUPABLE.
« en trois millions d'or ici joints, en très bons effets
« au porteur. >> ( Il teiul la maiu en lisant.)
BÉ G E -IRS s.
Les voilà dans ce porle-f'euille. (Il donne le portrfeiiille àM.Fal.)Il manque deux milliers de louis, que je viens d'en ôter pour fournir aux appièts des noces.
FIGARO, montrant le Comte , et vivement. ■Monsieur a décidé qu'il paieroit tout; j'ai l'ordre. BÉGF. ARSS, tirant les eflels de sa poche et les remettant au notaire.
En ce cas , enregistrez-les ; que la donation soit entière! (Figaro, retourne', se tient la Louclie pour ne pas rire. M. Fal ouvre le porte-feuille , y remet les effets.) M. F.vt,, montrant Figaro.
Monsieur va tout additionner, pendant que nous achèverons. (Il donne le porte-feuille ouvert à Figaro, qui voyant les effets , dit : ;
FIGARO, l'air exalte'.
Et moi, j'éprouve qu'un bon repentir est comme toute bonne action, qu'il porte aussi sa récompense.
B ÉGE ARSS.
En quoi ?
FIGARO
J'ai le bonheur de m'assurer qu'il est ioi plus d'un généreux homme. Oh! que le ciel comble les vœux de deux amis aussi pariaits ! Nous n'avons nul besoin d'écrire. (Au Camie.) Ce sont vOs effets «u porteur : oui , luonsieur, je les reconnois. Entre M. Bégearss et vous, c'est un combat de générosité ; l'un dopne ses bitns à i'époux ; l'autre les rend à sa future ! (Aux jeunes gens.) Monsieur, Mademoiselle ! Ah ! quel bienfaiî'ant protecteur, et que voiis allez le chérir.,.! Mais que dis-je .■* renîhousiasme
Al^lJi V, &!..£.> ii vil. il.
m'auroit-il fait commettre nue indiscrétion offensante? (Tout le monde garde le silcuce.) bÉGEARSS , uupeu surpris, se remet ; prend son parti et dit :
Elle ne peut l'être pour personne, si mon ;nni ne 1.1 dés<;A'oue pas : s'il met mon rtme à l'aise , en me permeft;!al d'avouer que je tiens de lui c;s effets. (ielui-Ià n'a pas un bon cœur que la gr.itirnde fatii^ue ; et cet aveu manquoità ma satisfaction. ( Monfrajit le Cuuitc. ) Je lui dois honneur et fortune : et quand je les partage avec sa digne fille , je ne fais que lui rendre ce qui lui appartient de droit. îlerae'tezmoi le porte-feuille ; je ne veux avoir que T honneur de le mettre à ses pieds moi-même; en signant notre heureux contrat. ( Il veut le reprendre. ) FIGARO, sautant de joie.
Messieurs, vous l'avez entendu.'' vous témoignere?. s'il le faut. Mon maître , A'oilà vos effets ; donnez-les à leur détenteur, si votre cœur l'en juge digne. ( 11 lui remet le porte-feuille. )
i-E COMTE, se levant, à Bégearss.
Grand Dieu ! les lui donner! homme cruel , sortez de ma maison; l'enfer n'est pas aussi profond que vous ! grâce à ce bon vieux serviteur, mon imprudence est réparée : sortez à l'instant de chez moi. ç É G E A R s s.
O mon ami ! vous êtes encore trompé I ( Le Comte liors de lui , le bride de sa lettre ouverte. ) • I,E COMTE.
Et cette lettre, monstre ! m'abuse- l-elle aussi .^ BÉGEARSS la voit: furieux, il arrache au Comte la lettre, et se montre tel qu'il est.
Ah... î je suis joué ! mais j'en aurai raison !
Laissez en paix une famille que vous avez remplie d'horreur.
îi6 LA MERE COUPABLE. ;
BKGEARSS, furieux.
Jeune insensé ? c'est tdi qui va payer pour tous ; je t'appelle au combat.
r É o N , vite.
J'y cours.
Léon!
Mon fils !
Mon frère l
L K COMTE- Vite.