‹ vres choisies de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 184 sur 237 · ACTE III, SCENE XVI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE XVI

rnre des femmes : on y laisse former mille ouvriers

de l'autre sexe, lu ■ ».-...-

FIGARO, en colère. ' ■ x ■

Ils fantbroder jusqu'aux soldats! :• r-

iiARCELiNE, exalte'e.

Daus les rangs mêmes plus élevés , les femmes n'obtiennent de vous qu'uue considération dérisoire ; leurrées de respects apparents , dans une servitude réelle ; traitées en mineures pour nos biens, punies eu majeures pour nos fautes ! Ah ! sous tous les aspects , votre conduite avec nous fait horreur, ou pitié !

FIGARO. T lioil»: - -

Elle a raison .

LE c o M.-ÇE ^ à part.. . , -

Que trop raison ! «..« .->•>< f iniii . ;

E R I n' o I s o X. r-nr r . 1

Elle a , mo - on Dieu , raison. ::•. i; "

M A K CELINE.

Mais que nous fout, mon fils, les refus d'un homme injuste? Ne regarde pas d'où tu viens, vois où tu vas ; cela seul importe à chacun. Dans quelques mois, ta fiancée ne dépendra plus que d'ellemême ; elle t'acceptera , j'en réponds : vis entre une épouse , une mère , tendres , qui te chériront à qui mieux mieux. Sois indulgent pour elles , heureux pour toi , mon fils ; gai , libre, et bon pour tout le monde : il ne manquera rien à ta mère.

FIGARO

Tu parles d'or, maman , et je me tiens à ton avis. Qu'on est sot, en effet ! il y a des mille mille ans que le monde roule , et dans cet océan de durée où j'ai par hasard attrapé quelque ehélifs trente ans qui ne reviendiont plus , j'irois me tourmenter pour savoir à qui je les dois ! Tant pis pour qui s'en

294 LE !\L4RIAGE DE IIGARO.

inquiète. Passer ainsi la vit? à chamailler, c'est peser sur le collier, sans relâche , comme les malhenreax chevanx de la remonte des flenves . qui ne reposent pas même quand ils s'arrêtent , et qui tirent toujours quoiqu'iis cesseat- «ie marcher. ISous attendrons, j ' .. (.

LE COMTE

Sot événement qui me dérange !

brid'oisow, à Figaro.

Et la noblesse et ie château ? Yous impo - osez à la justice. " •

FIGARO

Elle alloit me faire faire une belle sottise , la jnslice , après que j'ai mrtuqné . puuj- ces maudits cent écus, d'assommer vingt fols monsieur, qui se trouve aujourd'hui mon père I Mais, puisque le ciel a sauvé ma vertu de ces dangers , mon père, agrée?; mes excuses... Et vous, ma mère , embrassez-moi... le plus maternellement que vons pourrez. (Marceline lui saute au cou. )

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