ACTE V, SCENE II
B A z I L E . se rappelant la journée. Ah I vraiment , je sais ce que c'est. Retirons-nons, si vous m'en, croyez : il est question d'un rendezvous : je vous conterai cela près d'ici. BRiD'oisoXj'à Figaro.
Nou -ous reviendrons. ^
FIGARO
Quand vous m'entendrez appeler, ne manquer pas d'accourir tous , et dites du mal de Figaro , s'il ne vous fait voir ane belle chose.
BARTHOIiO.
Souviens-toi qu'un homme saçje ne se faif point d'affaire avec les grands.
FIGARO
Je m'en souviens.
EARTHOI^O.
Qu'ils ont quinze et bisque sur nous , par leur état.
FIGARO
Sans leur industrie, que vous oubliez. IVÎais souvenez-vous aussi que l'homme qu'on sait timide est dans la dépendance de tous les fripons.
Fort bien !
FIGARO
Et que j'ai nom de Verte-allure , du chef honoré de ma mère.
Il a le diable au corps.
B R 1 d"o 1 s o N. 1 I- il l'a. . ,
B A z I t E , à part.
Xe Comte et sa Su7anne se sont arrangés sans »ioi ? Je ne sois pas fâche de l'algarade.
FIGARO, aux valets.
Pour vons autres , coquins , à qui jai donné l'ordre, illuminez-moi ces entours , ou, par la mort , que je voudrois tenir aux dents , si j'en saisis tin par le bras... ( Il secoue le bras de Gripe-Soleil. ) GRIPE-SOLEIL .s'en va en criant et pleurant. A , a , o , oh ! D.iruné brutal .'
B A z I L E , en s'en allant.
Le ciel vous tienne en joie , monsieur du marié l ( Ils sortent. )
SCErsE IIE^
FIGARO, se promenant dans l'obscurité' , dit du toH; le plus sombre :
O femme ! femme ! femme ! créature foible et décevante... ! nul animal créé ne peut manquer à son instinct; le tien est il donc détromper....-* Après m'avoir obstinément refusé quand je l'en pressois devant sa maîtresse ; à l'instant qu'elle me donne sa parole ; au milieu même de la cérémonie... Il riait en lisant, le perfide! et moi, comme un benêt...! Non, monsieur lo. Comte, vous ne l'aurez pas... vous ne l'aurez. 1/as. Parceque vous êtes un grand seigneur, vous vons croyez un grand génie... ! Noblesse , fortune , nn rang , des places ; tout cela rend si fier ! Qn'avez-vous fait pour tant de biens .^ Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus : du reste homme asjcz ordinaire ; tandis que moi, morbleu ! perdu dans la foule obscure , il m'a fallu déployer plus de science et de calculs pour subsister .seulement, qu'on n'en a rais depuis cent ans à gouverner toutes les Espagne.^ : et vous voulez jouter.. , On vient... c'est elle... ce n'est personne. — La nuit est noire en diable , et me voilà faisant le sot métier