B A R TH O LO
Rosine , écoutez-moi.
ROSINE;
Demain je vous entendrai.
BARTHOLO
Un moment , de jjrace.
ROSINE, à part.
Sil alloit venir !
BARTHOLO .lui montre sa lettre.
Connoissez-vous cette lettre?
R o s I N E la reconnoît.
Ah, grands dieux...!
BARTHOLO
Mon intention , Rosine , n'est point de vous faire • de reproches : à votre âge on peut s'égarer ; mais je suis votre ami ; écoutez-moi.
ROSINE
Je n'en puis plus.
BARTHOLO
Cette lettre que vous avez écrite au comte Alinaviva...
ROSINE , étonnée.
Au comte Almaviva !
BARTHOLO
Voyez quel homme affreux est ce Comte : aussitôt qu'il l'a reçue , il en a fait trophée ; je la tiens d'une femme à qui il l'a sacrifiée.
Le comte Almaviva... I '
EARTHOLO.
Vous avez peine à vous persuader cette honenr. L'inexpérience , Rosine , rend votre sexe confiant et crédule : niais apprenez dans quel piéïfe on vous attiroit. Cette femme m'a fait donner avis de tout , apparemment pour écarter une rivale aussi dangereuse que vous. J'en frémis ! le plus abominable complot entre Almaviva , Figaro et cet Alonzo , cet élevé supposé de Bazile qui porte un autre nom , et n"est que le vil agent du Comte , alioit vous entraîner dans uu abime , dont rien n'eût pu vous tirer.
R o s I rr E , accaLlée.
Quelle horreur....' quoi, Lindor...! quoi, ce jeune homme...
BARTHOLO, à part.
Ah ! c'est Lindor.
RO s I TT E.
C est pour le comte Almaviva... C'est pour un autre...
BAR T H O LO
"Voilà ce qu'on m'a dit en me remettant votre lettre.
ROSINE, outrée.
Ah ! quelle indignité... ! Il en sera puni. — Monsieur, VOUS avez désiré de m'épouser ?
Tu connois la vivacité de mes sentiments.
p. OSI!«'E.
Sil peut vous en rester encore , je suis à vous.
p. A RTHOL o.
Hé bien ! le notaire viendra cette nuit même.
ROSINE
Ce n'est pas tout; ô ciel! suis-je assez humiliée... ! Apprenez que dans peu le perfide ose entrer