‹ vres choisies de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 77 sur 237 · B A R TH O LO · texte numérisé non relu

B A R TH O LO

Rosine , écoutez-moi.

ROSINE;

Demain je vous entendrai.

BARTHOLO

Un moment , de jjrace.

ROSINE, à part.

Sil alloit venir !

BARTHOLO .lui montre sa lettre.

Connoissez-vous cette lettre?

R o s I N E la reconnoît.

Ah, grands dieux...!

BARTHOLO

Mon intention , Rosine , n'est point de vous faire • de reproches : à votre âge on peut s'égarer ; mais je suis votre ami ; écoutez-moi.

ROSINE

Je n'en puis plus.

BARTHOLO

Cette lettre que vous avez écrite au comte Alinaviva...

ROSINE , étonnée.

Au comte Almaviva !

BARTHOLO

Voyez quel homme affreux est ce Comte : aussitôt qu'il l'a reçue , il en a fait trophée ; je la tiens d'une femme à qui il l'a sacrifiée.

Le comte Almaviva... I '

EARTHOLO.

Vous avez peine à vous persuader cette honenr. L'inexpérience , Rosine , rend votre sexe confiant et crédule : niais apprenez dans quel piéïfe on vous attiroit. Cette femme m'a fait donner avis de tout , apparemment pour écarter une rivale aussi dangereuse que vous. J'en frémis ! le plus abominable complot entre Almaviva , Figaro et cet Alonzo , cet élevé supposé de Bazile qui porte un autre nom , et n"est que le vil agent du Comte , alioit vous entraîner dans uu abime , dont rien n'eût pu vous tirer.

R o s I rr E , accaLlée.

Quelle horreur....' quoi, Lindor...! quoi, ce jeune homme...

BARTHOLO, à part.

Ah ! c'est Lindor.

RO s I TT E.

C est pour le comte Almaviva... C'est pour un autre...

BAR T H O LO

"Voilà ce qu'on m'a dit en me remettant votre lettre.

ROSINE, outrée.

Ah ! quelle indignité... ! Il en sera puni. — Monsieur, VOUS avez désiré de m'épouser ?

Tu connois la vivacité de mes sentiments.

p. OSI!«'E.

Sil peut vous en rester encore , je suis à vous.

p. A RTHOL o.

Hé bien ! le notaire viendra cette nuit même.

ROSINE

Ce n'est pas tout; ô ciel! suis-je assez humiliée... ! Apprenez que dans peu le perfide ose entrer

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