MALU
Je vois, dans une lettre deLancret du 14 Vendémiaire an ix, que Malus s'était occupé théoriquement dfc la question météorologique la plus importante, de la distribution de la chaleur dans les divers climats. Je n'ai pu découvrir ce que ce* travail est devenu.
■fAAITÉ d'optiqttê analytique.
Le 20 avîô 1807, Malus présenta à la première classe de FInstîtut un Traité df optique analytique, dans lequel il considérait la lumière sous trois dimensions.
Le choix des académiciens à l'examen desquels ce travail fut confié, indique assez la réputation que l'auteur avait déjà acquise. Ces commissaires étaient : Lagrange, Laplace, Monge et Lacroix. Le rapport de cette illustre commission présenté par Lacroix , porte la date dur 19 ocjtbbre 1807.
L'aritetrr du Mémoire examine1 la nature et ïa position relative des' sdrfa-ces formées1 par des droites se succédant les» utoes au* autres suivant des* lois connues. Après avoir déduit de ses recherches des théorèmes généra»* très-remarquables, il en fait l'application au mouvement de ta lumière refléohie et réfractée. II généralise, ainsi, la la théorie des caustiques planes anciennement ébauchée par Tschirnaûsen. Parmi les résultats curieux qu'ff déduit de ses formules, nous ne citerons que te suivant :
• La réflexion et ta réfraction fournissent quelquefois des images qui sont droites pour une de leurs dimensions eS renversées pour Fautre* » .
Le rapport, auquel je n'aurai pas la hardiesse <te **"
MALua m
stitaer une opinion personnelle,^ tennine, en ces termes, : c Appliquer ainsi,, sans aucune restriction,, le calcul aux phénomènes, déduire d'une seule considération trètf» générale toutes les solutions qu'on n'avait obtenues que par des considérations particulières, c'est vraiment écrira «traité d'optique analytique qui,, concentrant la science sm» un seul point da vue, ne fait que contribuer à en étendre le domaine. »-
L'Académie» on sait qpe c'est le plus- haut degré dans las approbations qu'elle accorde, décida que te Mémoire de Makis* serait imprimé dan& le Recueil des* Savants étrangère»
■ÉVOIRC SUIT CE puuyuIK fféFKUTGBNT' DES CORPS OPAQUES.
L& 46» novembre? 1807, Hialua présenta à L'Académie un Mémoire dans leqpel il- touchait, à on point d'optique d'une extrême importance; il n'était question, en effet, ferien moins que de prendre une décision motivée; entre les. deu théories rivales de la. lumière.
Le célèbre, physicien Wollaaion „ quelques» années a^mravant, avait propasé, une méthode, k L'aide: de laquelle on déduisait le pouvoir réfringent des, substances éiaphanes. ou opaques. Cette méthode repose sur la connaissance de l'angle sous lequel ces substances, apptir* fiées immédiatement sur l'une; des faces d'un prisme de vsrre à travers lequel on les regarde, commencent â cesser ffétre. visibles* Mais* d'après la théorie de la réflexion «posée daaa le Xe livre de làMétanûjue céteste et fondée « l'hypothèse corpusculaire, les foemules doivent être différentes pour les corps opaques et pour, les corpadi*»
phanes. C'est en ce point, disait-on, que M. Wollaston s'était trompé. Le but que se proposait Malus dans son Mémoire, fut de soumettre le fait à une expérience décisive. Il choisit un corps, la cire d'abeille , dont la réfringence peut être mesurée à l'état diaphane et à l'état opaque par la méthode de Wollaston. 11 appliqua aux angles de disparition correspondants à ces deux états et assez différents l'un de l'autre , les formules de la Mécanique céleste, et il trouva des pouvoirs réfringents parfaitement identiques. Cette identité des pouvoirs réfringents de la cire opaque et de la cire diaphane, qui semblait de vérité nécessaire, parut à l'auteur, à M. Laplace, comme à tous les géomètres et physiciens émissionnistes de l'Europe , la preuve mathématique de la vérité de la théorie newtonienne. C'est assurément une chose singulière que la parfaite identité des pouvoirs réfringents calculés d'après des angles de disparition différents et d'après des formules assez dissemblables entre elles. Mais quelle preuve avait-on que ces pouvoirs dussent être identiques? Le passage de l'état solide d'un corps à l'état fluide doit-il donc être sans influence sur sa réfraction? Ne pburrait-on pas citer des cas où la chaleur modifie le pouvoir réfringent des corps indépendamment de leur densité?
La température de la cire et sa densité au moment de Pexpérience telle que Malus avait été obligé de la faire étaient-elles bien connues? Qu'y aurait-il , d'ailleurs, d'étrange à supposer que dans les limites où s'opère l'action des corps sur la lumière, il n'y a pas de substances vraiment opaques?
Maintenant que le système de rémission est renversé sans retour, je cherche à recueillir les circonstances qui ont pu tromper Malus. Mais il est une chose sur laquelle je suis certain, moi, de ne pas me tromper, c'est en assurant que le Mémoire dont nous parlons offrait une preuve nouvelle de l'esprit mathématique et du talent des expériences que Malus possédait à un si haut degré. Nous devons seulement regretter que les conclusions du rapport aient été si explicites, qu'elles aient présenté la théorie atomique de la lumière comme parfaitement établie, et qu'une telle décision émanant de personnes aussi compétentes que Laplace, Haûy et Gay-Lussac, ait peutêtre contribué à éloigner notre illustre confrère d'une voie expérimentale dont Fresnel, quelques années après, montra l'étonnante fécondité.
■ALI» REMPORTE LE PRIX PROPOSÉ PAR L* ACADÉMIE POUR UKR THÉORIE MATHÉMATIQUE DE LA DOUBLE RÉFRACTION.
Le H janvier 1808, l'Académie proposa pour sujet du prix de physique à décerner, en 1810, la question suivante :
c Donner de la double réfraction que subit la lumière en traversant diverses substances cristallisées, une théorie mathématique vérifiée par l'expérience. » Le Mémoire de Halos fut couronné.
Craignant sans doute d'être devancé par quelqu'un des concurrents dans la découverte des propriétés singulières qu'il avait remarquées dans la lumière, l'illustre physicien communiqua les parties les plus essentielles de son