‹ Œvres complètes de François Arago (volume 2)Chapitre 57 sur 61 · DE L'UTILITÉ · texte numérisé non relu

DE L'UTILITÉ

quotidien et à la sueur de leur front, arrivaient à l'aisance la plus modeste ; ils les appelèrent des cumulards. Bientôt on vit les zoïles à la suite, tes envieux de toute espèce, faire imjprimer les.noms les plus honorables avec Pépithète de cumularàs,' dànè des ffictic^airésîoifenslàhViîu site des passants , par les librairies les plus mal famées.

Il était important d'éclairer les députés qui n'avaient pas eu le'tèibpé' d'ifudto ^ ses

faces, afin d'arrêter \in débblrddméntdont on eût trouvé P origine dans des haines personnelles et dans les plus honteuses passions : je me chargeai de ce soin , et peu touché du reproche qu'eussent pu m' adresser ceux de oui j'étais peu connu .f d'agir clans un intérêt privé plutôt crae.dans^cejui de, la science, je me tendis' successive-: ment chez |est orateurs les plds émments delà Chambre ; j'eus, le .honheur pntre autre?, (^intéresser à cette cause Bepjçiroin rCoi}staiit^ qiji me promit de stigmatiser tommè| Û savait le fafye ce plrôjet d'irruption* de la barbarie qans le domaine de Tint^lligençe. Loin dé tabuler devantles att,aaue§ dirigée^ contre }çs cumulards, j'écrivis alote un .petit, article. que j'avais fiiitèntion de lire dbris unddei nos sèancep publiques et f dans lequel* j'essayai :de prouver que, par un retour veri une institution qui daté de Colbert, l'État ' devait accorder des pénkiotts aiui hommes supérieurs sans leur imposer aucune ;fdrittioh. ;

Je reproduis cet écrit,' dont ldës éiitonstaïices patticulièWs, indépendantes de ina volonté, ont retardé ltf publication, comme une sorte ' de ' conclusion de:meà études biographiques. l

Les mauvais penchants, comme les plantes nuisij>lçs,

DBS -tBNSIGNB. JGK*

- sont! trî»Hâifttcilé& èi ^ ^ttir^âH ^ <s<m4>>étemeB):i; ; H àe^gptft doric^pfttfi impossible que iqo0quëi4uh9 dwiita^ochie^ -mérita htetariqdés 'contenu* 4«iSrefet -écnt dévtoésenl t* >jdtir utiles ' - » ; !> <; ••' '■"'*'■ '■ «'••■' ,; ■!»* ■-> ' : *

qui serraient t^rté»1 de croire qotm milieu éà «*• itéclè

; là âciensce est èofffisatnmept protégée/ et !qoe leè savante

Isont tfoplhepreux dé ti^availler^arie Vtntét^^e.te science

' iirtnâieu'tf uhijoetét^cpal véuVbieri ne plus lés pfersëcuteh

Thorhas* hauteur 4e P£*80î*ttr ta^étyé*, s'exprime

-tà»î i * Soit qu'en1 célébrait? leô graiidâ hommes Vote

^rebtor pbur modèle lu gravity de Ptutahpie , bu ! là

sagéseè piquante de FWeàelte', doubliez Jpaô» que Voûte

but est d'étife^itilë;» -- - !• 'i "•- i '•> y i • I - ')

Voilà aesufôineift une pèo^irréprocftâbte; oskrait-on

affirmer que les biographe* de' tods? tes témjksr en* aient

tété duffitommëntipéuétféd» ©epliie près" f*& deux siècles,

'les1 sotiétéà savantes paient 'règoUèfeiaeiit un juste feibét

de regrfete h foeui de leurs itembres qui* vieftmfcftt dé1 dà£-

* paraître' de» la! soèofe dû tàende ; desélbgèfr académiques

oflfcent daAsJletir ensemble tinè atattetique bt^Hoetwlte et

,morate/très-|nrédeoie^ Chacim1 pteikt îyieuWrerteB dév«h

'loppements!du;càëùr,; de l'esprit iet( du >eiÉm4tèMj die* tes

libttfrfles que la natute a' çofabtés dé aed denk'tOh y twwwe

'ôtavent lé génie aux ptâ*ea atâd lïtnfo'i!ïu»ei» on te volt

c lutter rudement eqntrè dés>indtftutioii& soeidle* <}ui Tar*-

rêterit dans ' son essor, ' qv& le: découragent , * qui ttoqvedt

le ïont.avorter.Uq pfcrël iabtçaà triacé, colorié^ p!ar ifs

maîtres' de Part , a'etapâre dfes .imagination»; Ifes» rdnùatt,

les paasionàei; toaiô est-ce $ipn,H toute W ttcfoe <Jtf bioi-

*4ft *>E l/UTILITÊ

graphe? après avoir tngutié le mal, *a devrait-il pas Percher le remède t Powquoi s'en fier eur ee point à de prétendus législateurs, complètement étrangère à Thâstoire des douleurs, des misères, des angoisses joignantes liai ont été l'apanage de beaucoup cfeeprite supérieurs? Bafefesoœ toutes les occasions de montrer que l'homme de çénie entravé dans sa marche par des institutions sociales rôienseà, n'accomplît pas sa destinée? qu'il descend dans la tomba avant d'avoir pu jeter -sur les milliers de çhéaomfcne* dont noue sommes entourés ©es clartés Mives 4t fécondes qui deviennent pour tout un peuple d'im«iOflels titres de gtèire; qui manquent rarement aussi de gontrihuer au développement de la richesse publique.

Quand on veut parler des savants dont lep facultés commentes ont été mal appliquées, les noms viennent se iplaeer en foute sousla plume.

. Un homme d'État, célèbre par ses spirituelles saillies, disait d'un de ses adversaires politiques : n Sa vacation <e*t de ne pas être ministre des-affaires étrangères. » - Me serait-il difficile de citer, dans la carrière des sciences ♦ des hommes dont jla vocation était de ne point -profesaer, de ne point inspecter, de ne -point examiner, #t qui, pendant une longue vie , ont été quotidiennement wcupés à faire de* leçons, i juger de* processeurs et à ti&ammer des élèves. Cet emploi inintelligent des plus Jtatttes facultés a eu dans tous les temps tes conséquences les plus fâehçuses. le me propose d'établûvdans cet écrit que les hommes dont je viens de parler, lorsque leur mérite est bien reconnu, devraient être abandonnés à 4fttar£Lpendhante naturels , que l'JÉtat ferait teèe-sagement

UESl PENSIONS. . 615

de pourvoir; libéralement à.teur-entaetien, de les soustraire *ux soins vulgaires que des préoccupations de chef de famille leur inspirent m justement, et qui 4rop souvent, hélas J arrêtent le génie dans son essor.

J'entends les objections surgir en foule : le génie ne -se .mesure pas au mètre; il sera jnécoami; dans ses iuttes contre la médiocrité rampante* on le Terra toujours suecomber. Quelle règle appliquer aux productions littéraires? N'a*t-nn pas vu un jnoment les ouvrages des plus grands .écrivains du siècle de Louis XIV honnis et bafoués? ;N'a-t«on pas dit des .historiens, par exemple, en croyait émettre un adage plein de sens: «Ds doivent être sans passions et sans pensions. » Rétribuer sur les fonds de -l'État des hommes qui n' auraient pas des fonctions patentes* obligatoires, de tous les jours, ce serait ofirirmue prime à la paresse; ce serait faire revivre l'odieux abus des sinécures, des bénéfices, etc; - Ces difficultés ont quelque chose dé réel ; elles ne paraissent pas insurmontables. L'institution que je pro- :posé a déjà existé sous Louis XIV, sous4a Bégence, tous Louis XV, sans le contrôle redoutable d'une presse litote, et cependant les abus ne furent ni aussi grands ni aussi nombreux qu'on aurait pu, qu'on aurait dû le craindre. A peine l'Académie des sciences veriaifr-elle de naître, que -Colbert fit un fonds annuel de cent mille livres pour être distribuées aux hommes célèbres de France et de l'étranger. Le tableau des pensionnés n-'est assurément pas à •l'abri de toute critique» Chapelain, le mieux rétribué de tous, y figure «comme le plus grand poète français qui =ait jamais été ; » Leclerc , Boyer, sont qualifiés « d'excel*

;ei6 .-»B!L>OTibn4

î leste poë*e*>; Itostutarest eét Auteur' «dé la plus Mie r Imagination qui mit au moùde^; mais à <cêté de/ ces , arrêts burlesques jdoiit la postérité, foyt coutumiëre Ai

fait, n'a tenu aucun compté, oh trouve dans les liâtes lès ' noms dé Cohrctfle, de Racine f de Fléjchier, de Qmnàult ; } dans les «riénçes, parmi les éeuls. étrangers ; ceux de !

Viviani, d'Heinsias,' d'Héyéliup, de Buy gens. De pareils * fchoix ne doiVent-ite pas. faire p^rdotoèr quekftf es errenre, ; «Quelques bévues, imputables à des rçlatiobs de cour, à '.l'aveuglement de l'amitié, surtout à des sentiments de

camaraderie? car si tœ. dernier mot est neqf* la chose 5 qu'il désigne fett bibn ancienne* : Pas ptoa qu'un a titre, je. ne voudrais accorder nqa

- confiance à' ceux qui acceptent iep fonction^ d'historib- \ graphes privés , ou la position de poètes lauréats. Je sais, ; comme tout. le monde, qu'ils sont chaque jour! dans l'alternative de perdre leur peqsiont ou leur Juppra estime ; Je

;sais qu'i}$ n'écrivent pas une seule ligne tons se demander si elle ne leur setf&ipas reprochée parles portè-ctefs ; des cassettes princièsep, b& p*r les distributeurs! de fonds f secret J'ai parjé, înoi, d* rémunérations Codâtes; ior, àjmoins tte js'abaftdanner à la pensée cruelle, et 4e .plus uom*>ti&T& i que de talept et des semtiinente de déKî oatçsw; et d'honneur ne marchent jamais réunis, qui ; pourrait douter que tous ceux dont^le pays Munit pi$-

- clamé la préémUreoce, sentissent se.:fprtifier m eux l' amour du beau et dq bien? Quant à moi, jef croia qu'ils

i deviendraient les <ap0tre$ ardente de te vérité; les; «ntar-

igpnistes décidés; du menscpge. Ils aarateirt; ^^ te

Champ des sciences et <fc )a:ii^tératwâ^ ^mndatetoss

BBS'PJEWaiftHS. «ra

.<ta , PBYP- Toute ce qui pourrait . Ittor îj^Martefi ptosifortejopeafc qç noble esrgçifcre, me, serobjerait rfoac utilefet déë- .rable, Peutïêijre :daflg te eh«x des j^raûnoe&Jattdraitâl # exiger riptsrvmtioa 4e» Cbw&peç législative*; Uqe ptft sen talion c|e candidats >paj; ]$ç académies* de IIn$t»Ui|f ; deviendra ft wsçi tups fa**? < gflr&ntie* P'aiifcre*' mesure*, <4>gtre0 préwwtipnBn? laqueraient JW tfêtr* sujp-

: 1$ « f 4 dû yie borner à l'idée première. Si j'en jqfte

par l^pfuKé* cette ;idée pe pflwrwt manqueras devoir .féconde en çr*pd» réspttete. lorsque, wr 4%yitation de ^Çolbert,. fluygeps, Çaesim et Jtanet yiarent s' établis à .Paips* ils n'eiujwitjW Jeçoi» èr ifaiue, nicollégçb JtinifpecteB.

Lea étudiant» dp réjppque qq épatent peuMtae ^tetwdfrjruent égayés aux, dépens de la j>rpuana*ti.Dn plu* ou

moins correcte du professeur hollandais; danois ou ttir lUçsvJLes^çlwses furçEft 9pvjw«ée» d* plus feaufc, Far la >ouc£e du; ; gifwd î Wflfsteei, j ^ Frapcç dH . aux illustwp .étrapgpï»? *Jp^aJ*n8>l^^

Ud}t&q|a$ jeyous offh»-, pi lesjtravflw au*qaë!p vousaH» . vous livrer d*Qs le silepçe, dq cabinet éclwrent.deç pcfotp

encore obscurs de la sçiçpçe, 89ils fopt f*im d&vnouyepjiii . pas à i'çsprit bupaiQ» * -À. ce noble langage ^répondirent , les plus beaux travaux. Qui oserait regrattpr tes pensions .de quelques votera de f râpes accordée» par jqos ancéttfes taux auieiqs de la Théorie 4* la doubla liéftaotiofks de lp

Détermination, de h vifa$*e lie faLwmhrt? de, lfl Décou^

verte des Satellites de { Saturne* de cejlp de> la Hkrôtion <d$ la Lune? , \ , • , , ■ , j-fj

t Glairaut jpu|t durant- s* vie, dq pensions .^wiémiq^ws

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