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dans rétablissement des nouvelles voies de communication, le parti que M. Arago fit adopter eut au moins pour résultat de féconder en France l'esprit d'association, que des résolutions contraires eussent étouffé. J'ajouterai que peut-être on n'a pas tenu assez de compte des recommandations que faisait M. Arago sur la nécessité d'une étude préalable de quelques questions fondamentales, qui engageaient l'avenir et dont les solutions adoptées ont eu pour résultat d'empêcher des progrès qui eussent été excessivement favorables à l'intérêt public. Pour n'en dler qu'un exemple, je dirai qu'une largeur de voie trop étroite, adoptée sur une seule ligne ferrée, a suffi pour forcer toutes les compagnies à prendre un matériel qui ne peut se plier aux perfectionnements dont la pratique indique l'utilité. Les nouveaux systèmes imaginés par MM. Amoux, Clegg et Samuda, Hallette, Pecqueur et tant d'autres inventeurs ingénieux, ne sauraient être non plus désormais employés, à cause de la difficulté et du prix énorme des transformations qu'il faudrait introduire dans l'exploitation des chemins de fer. M. Arago avait donc raison d'insister pour qu'on ne compromît pas l'avenir par trop de hâte, et je crois que la lecture des rapports dont je viens de parler, et des discours qu'il a prononcés les 12 et 1& juin 1836, le 2& juin 1837, les 9 et 10 mai 1838, le 16 juin 18/iO, les 2 et 19 juillet 18/i&, le 20 juin 18&5, laissera dans les esprits la conviction de la justesse de ses idées. Dans tous les cas, il y a dans ces pages les documents les plus intéressants sur lès inventions qui ont dû s'ajouter les unes aux autres pour amener l'exécution de travaux publics qui n'avaient pas
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encore eu d^analogues dans l'histoire de rhumanité, J*ai reproduit tous ces documents tels qu'ils avaient paru, soit dans le Moniteur, soit dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences; seul, le discours prononcé le 2 juillet 18&/i (pages 360 à 393) avait été revu par l'illustre physicien, qui y avait introduit des corrections relatives à la forme de quelques phrases. Ce disoours contient l'histoire des machines à vapeur locomobiles, et vient ainsi tout naturellement iiprès les Notices du tome y des Œuvres sur les machines à feu, qui ont fait une révolution si extraordinaire dans l'industrie des deux mondes.
La télégraphie électrique a admirablement complété l'invention des chemins de fer ; alors que la vitesse des hommes et des choses doublait ou triplait, celle des idées devait se centupler. Les télégraphes électriques ont en outre assuré la facilité de l'exploitation des voies ferrées, et empêché, par la rapidité des signaux» la trop grande fréquence des accidents provenant de la circHlation de masses pesant des centaines de milliers de tonnes avec une vitesse qui multiplie le danger des chocs^ M. Arago a immédiatement compris l'avenir de la télégraphie électrique^ à laquelle d'ailleurs, comme je l'ai dit plus haut, il avait fourni un fait fondamental, l'aimantation instantanée du fer doux. Il s'est attaché à hâter l'adoption en France du nouveau système de communication, et il a insisté pour qu'il ne restât pas un monopole gouvernemental, et qu'il pût être employé dans les correspondances particulières, chose qui en
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France, en 18/16, paraissait une énormité. JTai donc jéuni, à la suite des écrits et des discours de M. Arago sur les chemins de fer, les trois discours qu'il a prononcés les 2 juin i8&2, 29 avril i8/i.5 et 18 juin 18&6, sur les télégraphes. Dès 18/i2 , l'illustre physicien s'opposait & des expériences qu'on voulait faire sur de nouveaux systèmes de télégraphes de nuit, en annonçant que prochainement les télégraphes électriques remplaceraient tous les autres télégraphes. Ses discours rentoment un précis historique de la nouvelle invention.
Le 5 juin 1837, à la tribune de la Chambre des dépotés, M. Arago disait que M. Yicat, par ses travaux sur les chaux hydrauliques naturelles et artificielles, avait fait faice à l'art des constructions une révolution totale ; il ajoutait qu'il n'exagérait pas en portant h 50 ou 60 millions l'économie que cette révolution avait procurée aux partkttliers et au gouv^nement, et il déplorait que rillostre ingénieur n'e|!lt pas même reçu dans son corps un avancement auquel son mérite lui donnait des droits incontestables. Huit ans plus tard, en 18/1.5, M. Arago avait le bonheur d'être le rapporteur d'une Commission * chargée de l'examen d'un projet de loi tendant à accorder une pensiiHi annuelle et viagère de 6,000 fr. à M. Yicat. Pour ccxitre-balancer le peu d'importance du chiffre de la pension^ en présence de la grandeur des services rendus, il faisait ajouter, dans le texte du projet de loi, qu'elle était acccxrdée & titre de récompense nationale. hdnpportda M* Arago contient une histoire complète
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de la fabrication des chaux , des ciments, des pouzzolanes, et une appréciation statistique des économies apportées par les recherches de M. Vicat dans les grands travaux publics. Ce rapport avait déjà été inséré dans V Annuaire du Bureau des Long[%tudes pour 1 846 ; je Tai reproduit en y ajoutant seulement le discours prononcé en 1837.
L'amélioration de nos cours d'eau et de nos principaux ports maritimes, ainsi que les inventions qui pouvaient rendre plus sûre et plus rapide la navigation, ont été longtemps le sujet des préoccupations de M. Arago. J'ai cru devoir réunir sous un titre commun, et pour terminer ce volume de ses Œuvres^ les discours, rapports ou notes diverses qu'il a composés à ce sujet en 1833, 1835, 1837, 1839, 1842 et 1846. C'est dans le disours du 2 mars 1846 et dans une note écrite en 1837, que l'illustre savant a exposé ses idées sur l'élévation de l'eau de la Seine au moyen de turbines annexées à un barrage placé sur l'un des bras du fleuve ; il sera bon de rapprocher des indications qu'on y trouve le rapport sur la filtration des eaux et sur l'élévation de l'eau des mines, que j'ai inséré dans le volume suivant (pages 481 à 510). Tous ces documents ont été reproduits tels qu'ils avaient été communiqués à l'Académie des sciences ou à la Chambre des députés. M. Arago est aussi revenu sur l'élévation des eaux de la Seine au moyen des turbines dans son travail sur les fortifications de Paris, à propos des manœuvres d'eau qui pourraient
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beaucoup ajouter à la puissance des moyens de défense de la ville ( tome VI des Œuvres, page 86 ) .
Le troisième volume des Notices sdentifiqaes a été consacré, comme le précédent, aux grandes questions d'intérêt public dont M. Arago s'est occupé.
L'illustre physicien a été nommé membre de la Commission des phares, le 21 juillet 1813, par le comte MoIé, alors directeur général des poiits et chaussées; il était encore considéré comme faisant partie de cette Commission au moment de sa mort. M. Arago rappelle lui-même qu'il eut le bonheur de faire attacher Fresnel au service des phares et d'amener ainsi à Paris cet homme de génie.
L'éclairage de nos côtes, l'établissement des signaux nécessaires pour indiquer aux navigateurs pendant les ténèbres de la nuit les récifs dangereux ou l'entrée des ports, ont été l'objet de ses méditations pendant plus de quarante années. La Notice sur les phares est le résumé des travaux auxquels il a pris part. En plusieurs circonstances, il a publié quelques-unes de ses recherches.
Le 13 novembre 1815, M. Arago lut & l'Académie des sciences un rapport sur un phare à réflecteur parabolique construit par Lenoir ; ce rapport a été inséré dans le tome XGYI des Annales de chimie.
MM. Arago et Fresnel imaginèrent ensemble des becs de lampes à mèches concentriques, dont la description