‹ Œvres complètes de François AragoChapitre 19 sur 72 · CHAPiTRE iV · texte numérisé non relu

CHAPiTRE iV

EXPLOSION SiaULTÂNéB DE PLUSIEURS CHAUDIÈRES

L^b9^bMXï kvêpear le Wiâne, constroit par MM. àiûin etSteel, était destiné à faire Tofiice de reiMrqoeur eistre Ailes et Lyon. Il portait «ne hninense maduoe, pariaite- ■ent (rien exécutée à Paris dans les ateliers de k Gam, et afitnentiée par qaatre ohandières eo fet lamné, de l"*^ daifiamètre dutcune. D^iss f événement, on arecomu que le métal , sur beasooop de poi&te, A'a^ratqae 5 miliraètres d^^Bsenr*

Le h nuLis 1827, p^idbint qu'on se préparait k Texpérience qni, oe four-là, devait avoir toutes les aulhM'ités de la viHe de Lym pour témoins, ie bateau fit explosian. Plnears personnes, M. Steel entre autres , périrait vio- 4le cet accident. Il y eut même des spectatem^ talés le quiidu Rbdne par tpieiques pièces de la darpente 4b iMrteMi. Le pont tout entier fut projeté à xroe grande fislaiice; les tirages et les tuyaux des dieminèes, pesant plus de â,000 Idlogrammes, s'élevèrent presque verticalemeait jusqu'à une hanteor considéndDie ; ie dame de Fune des chaodières alla tomber k 250 mètres du point de départ, et cependant il ne pesait pas moins de 2,000

Cette horrifaie catastrophe fut ime cisaséquenoe inévitable de rimprudence de rîngéirieur. Contrarié de ne pas vmocre ia rapôdibé du courant aussi complètement qu'il Tarait espéré, M« Steel fixa invariablement les soupapes de sâoeié des qaatre chaudières; il leur ôta toute mobe

42i EXPLOSIONS DES MACHINES

lité. Ce fait , quelque incroyable qu'il puisse paraître , a été constaté d'une manière authentique.

Nous avons remarqué qu'il y avait quatre chaudières sur le bateau. Il est certain que deux d'entre elles éclatèrent presque simultanément. Si je suis bien informé, en retirant du Rhône une troisième chaudière qui y était tombée, on a reconnu qu'elle avait aussi éclaté. Cette rupture, dans la même seconde, de deux ou trois chaudières différentes, est un fait très- singulier et dont nous aurons à rendre compte en parlant des diverses explications qu'on a données de ces phénomènes.

Je ne dois pas oublier de dire qu'à Lyon , comme à Lochrin, le dôme, que l'explosion projeta à la distance de 250 mètres, s'était séparé de la chaudière le long d'une ligne à peu près horizontale, quoique, dans l'étendue de cette ligne, le métal présentât des différences d'épaisseur de plus de 2 millimètres. M. Tabareau , à qui j'emprunte ces précieux détails , a calculé que 2 millimètres donnaient aux portions les plus épaisses des parois un excès de résistance de plus de 6 atmosphères sur 20 à 25 qui était leur force totale. Ainsi , il y a eu rupture simultanée dans des parties de la chaudière dont les ténacités différaient de 6 atmosphères au moins.

Je viens de faire remarquer combien l'explosio'h simultanée de plusieurs chaudières placées sur des fourneaux différents était un phénomène digne d'attention. Il pourra donc être utile d'en citer un second exemple.

A l'entrée de la mine d'étain de Polgooth , il existe une immense machine à feu , alimentée par trois chaudières distinctes. Cette machine ayant été arrêtée quelques in-

stants pour donner à Tingénieur les moyens de réparer la pompe foulante d'épuisement , deux des chaudières éclatèrent coup sur coup. Le capitaine Reed , qui se trouvait alors très- près de la mine , rapporte que le bruit de la première explosion avait à peine cessé, quand la seconde se fit entendre.

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