‹ Œvres complètes de François AragoChapitre 22 sur 72 · DE LA SOUPAPE DE SÛRETÉ · texte numérisé non relu

DE LA SOUPAPE DE SÛRETÉ

Je rappellerai d'abord que l'explosion de la chaudière d'Essonnes pourrait être classée dans ce chapitre, car la soupape venait de s'ouvrir quand elle arriva.

Une chaudière construite pour produire de la vapeur à basse pression, fit explosion, au milieu d'un atelier de Lyon, immédiatement après qu'on eut ouvert un large robinet de décharge par lequel la vapeur commençait à s'échapper avec rapidité. Ouvrir le robinet ou soulever la soupape de sûreté, c'est évidemment tout un : l'explosion, dans ce cas , fut donc déterminée par une manœuvre qui généralement semble devoir la prévenir.

Ce fait, quelque étrange qu'il puisse paraître, sera certainement adopté de confiance, quand je dirai qu^n en doit le récit à M. Gensoul de Lyon, et, de plus, que cet habile ingénieur en a été témoin.

Si, dans un cas extrême, comme celui que je viens de rapporter, l'ouverture d'une soupape peut amener la rupture de la chaudière , il doit arriver fréquemment que cette ouverture , sans occasionner aucun accident , détermine cependant une augmentation sensible et brusque dans la force élastique de la vapeur. Le phénomène , dans ces limites , peut être étudié sans trop de danger. Je sais qu'à Lyon l'expérience a été tentée, et que sur une petite chaudière à haute pression , dès qu'on ouvrait un large robinet de décharge, la soupape de sûreté se levait. Je dois dire qu'à Paris, Dulong et moi, nous avons toujours vu au contraire une diminution de tension accompagner l'ouverture des soupapes ; mais je n'en regarde pas moins l'expérience de Lyon comme certaine, puisqu'elle a pour garants M. Tabareau , directeur de l'École de la Hartinière , et M. Rey, professeur de chimie. Les causes probables de ce désaccord, que je signalerai plus bas, montreront peut-être comment on peut prévenir le genre particulier d'accidents auquel cette Notice est consacrée*

Page 1