CHAPITRE VIII
ECRASEMENTS INTiRIEUBS DES CHAUDIÈRES
Les chaudières construites avec des plaques malléablél^ de fer ou de cuivre , celles surtout qu'on a destinées à travailler sous une faible pression, éprouvent dans quelques circonstances des accidents qui sont précisément l'inverse de ceux dont nous venons de nous occuper.
Ces chaudières, quelquefois, s'écrasent complètement
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par une flexion subite de leurs parois, qui s* opère de dehors en dedans. Les villes de Lyon et de Saint-Ëtienne ont été naguère le théâtre de plusieurs accidents de ce genre, contre lesquels il importe de se prémunir, ne fût-ce que pour ne pas voir des ateliers considérables réduits tout à coup à une complète inaction.
Les petits cylindres des chaudières à foyer intérieur, s'écrasent aussi de temps en temps. Leurs parois ne pouvant pas , dans certaines circonstances , résister à la pression de la vapeur contenue dans Tespace annulaire , cèdent et s'aplatissent tout à coup. Or, comme ce mouvement ne saurait avoir lieu sans que le métal se déchire quelque part , Teau bouillante se répand par tonrents dans les ateliers environnants et produit souvent de grands malheurs. M. John Taylor, membre de la Société royale de Londres , me fournira un exemple de ce genre d'accidents.
Dans le Flintshire, aux Mold-Mines, il y a une immense machine à feu , alimentée par trois chaudières à foyer intérieur. Un jour, la machine était arrêtée depuis cinq minutes ; le contre-maître avait déjà levé les portes des foyers des trois chaudières et fermé les registres des cheminées de deux ; il s'occupait à faire la même opération sur la troisième cheminée ; mais à peine la plaque métallique fut- elle en place, qu'il vit une bouffée de flaimne s'élancer du foyer vers l'atelier, et une explosion suivit immédiatement. Deux ouvriers, qui se trouvaient malheureusement placés dans la direction suivant laquelle s'élança l'eau bouillante, périrent sur-le-champ.
Un examen attentif de la chaudière montra que le
cyKûdre extérieur n'avait ni bougé ni éprouvé de dommage. On reconnut même que le poids suspendu au levier de la soupape de sûreté était encore à sa place après Taccident Le petit cylindre n'avait pas éprouvé non plus le mouvement de translation qui , dans ce genre de châuà'ères, est quelquefois la suite des explosions; mais îl s'était tellement aplati , dans une grande partie de sa longueur, par le rapprochement des parois latérales, qn'il restait à peine assez de place pour y introduire la maiiL
Au premier coup d'œîl , on peut trouver étrange que f aie placé un écrasement de chaudière dû à un excès de force de la vapeur, à côté des accidents pour ainsi dire inverses dont il est question au précédent chapitre; mais on verra bientôt que ces deux genres d'effets, suivant toute apparence, ont une semblable origine.