CHAPITRE XV
SOUPAPE MArfOHéTRIQCE
Le tube manométrique, dont j'ai parlé plus haut (chap. VII, p- 128), fait aussi l'office de soupape de sûreté; il est môme, sous ee rapport, bien préférable et aux soupapes
ordinaires et aux plaques fusibles. La soupape ordinaire n'indique rien tant qu'elle ne se lève .pas; la plaque fusible, tant qu'elle ne se fond pas. Le chauffeur apprend tout à coup qu'on est arrivé à la pression limite qu'il importe de ne pas dépasser, mais il n'avait point été averti qu'on en approchait. Le manomètre , au contraire , lui donne à chaque instant la mesure de l'élasticité de la vapeur; il parle également bien, si je puis m'exprimer ainsi, sous une faible et sous une forte pression.
La plaque de la soupape ordinaire peut avoir perdu toute mobilité sans qu'on le sache ; tandis que s'il arrivait, par hasard, que des impuretés vinssent à boucher le tube manométrique, la complète immobilité du mercure le montrerait à l'instant : il est clair, en effet , que dans un appareil aussi grand qu'une chaudière, et d'où la vapeur s'échappe par bouffées, l'élasticité ne saurait être parfaitement constante. Or, dès que la chaudière et te manomètre communiquent , toute fluctuation die la vapeur produit une oscillation dans la colonne mercurielle.
Les manomètres à .mercure doivent donc être considérés comme les meilleures soupapes de sûreté qu'on ait inventées jusqu'ici, pourvu que leur diamètre soit suffisamment grand* Toutes les fois qu'une longueur excessive ne les rend pas inapplicables, on pourra donc les regarder comme un préservatif assuré contre les accidents dont les soupapes ordinaires les mieux construites ou les plaques fusibles auraient garanti. Le lecteur connaîtra le motif de cette restriction, lorsque j'aurai montré tout h l'heure qu'il est des cas dans lesquels le soulèvement de la soupape peut être la cause de l'explosion»
4i8 EXPLOSIONS DES MACHINES