IV. STATISTIQUE DES CHAUX HYDRAULIQUES
Les moyens de fabrication recommandés par M. Vicat n'eurent pas le sort ordinaire des choses nouvelles. Les avantages étaient d'une évidence palpable, et la routine s'avoua vaincue du premier coup. Quelques mois à peine s'étaient écoulés depuis la publication du Mémoire de M. l'ingénieur en chef du pont de Souillac, et déjà l'on faisait usage à Paris de chaux hydraulique artificielle dans l'exécution des quais, aux abords du pont d'iéna, dans la construction des quatre grands abattoirs , dans les travaux du canal Saint-Martin.
Plus tard, la chaux hydraulique artificielle a été moins employée; on la remplace aujourd'hui par de la chaux naturelle dont le prix est plus bas , et qui est douée des mêmes propriétés ; mais , hâtons-nous de le remarquer, ici encore , on est principalement redevable à M. Vicat de nouvelles richesses que les constructeurs mettent journellement en œuvre sur tous les points du royaume.
Notre ingénieur avait trop de pénétration pour ne pas
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remarquer que si, d'après sa découverte, la chaux devieot hydraulique à Taide d'une simple addition d'argile, il devait y avoir dans la quantité innombrable de formations calcaires argileuses qui existent dans notre pays, beaucoup de gîtes très-propres à fournir par la cuisson , de la chaux hyd raulique naturelle. Cette idée a dominé M. Yicat Depuis douze années, il a exploré, de ce point de vue, presque tous nos départements. Ses publications , sous le nom modeste de Slaiistique des chaxix hydrauliques , ont révélé cette inappréciable richesse dans une foule de localités où elle n'était pas même soupçonnée. Les départements où l'on trouve la chaux hydraulique naturelle en plus grande abondance , sont : les départements du Lot, du Lot-et-Garonne, du Tarn, de la Dordogne, du GFard, dû l'Ardèche, de la Drôme, du Gers, de la Charente, de l'Hérault, du Cher^ de l'Allier, de la Nièvre ^ de l'Yonne, de la Côte-d'Or, de l'Ain, de l'Isère, du Jura, du Doubs , du Haut-Rhin , etc. Sur quatre-vingts départements déjà explorés, il n'en est que six ou sept, à terrains primordiaux , où la chaux hydraulique manque en^èrement.
Nous allons rapporter deux faits qui montreront d'une manière frappante où en étaient les connaissances des hommes de l'art sur les ressources de notre pays ea chaux hydrauliques, au moment où IL Yicat commença ses explorations.
Lorsque cet ingénieur se rendit à MarseiUe, on y creu^ sait un nouveau bassin. Les entr^reneurs se débarras* saient à grands frais d'une immense quantité de déblais calcaires. Toute vérification faite, BL Yicat reconnut que
ces matières auraient pu fournir la chaux hydraulique nécessaire à Tentière construction du bassin.
Voici un fait encore plus remarquable, surtout par les conséquences qu'il a eues :
A répoque de Texécution des canaux de Bretagne, radiuiûistration était très-embarrassée de savoir où elle se procurerait la chaux hydraulique. M. Yicat reçut la mission de visiter les lieux, et, presque inunédia ternit ^ il reconnut, dans les carrières de Pompéan, près de Rennes, entre les couches de pierre à chaux grasse exploitées de temps inunémorial , un banc marneux verdâtre, désigné sous le nom de brûle-mort-^vert^ que les chaufourniers rejetaient avec le plus^rand soin* Ce baux; dédaigné a non - seulement fourni, après Texamen de M. Yicat, à tous les travaux de la Vilaine et du canal d'Isle-et-Rance, mais il est devenu la seule ressource de cette partie du royaume pour toutes les oonfitructiûnB hydrauliques qu'on y exécute,