‹ Œvres complètes de François AragoChapitre 60 sur 72 · V. GONSIDÉRATIOlfS <Q01fOKIQUl · texte numérisé non relu

V. GONSIDÉRATIOlfS <Q01fOKIQUl

Le prix de la chaux entre presque toujours pour une part considérable dans le prix des maçonneries. Les chaux ont des propriétés très-Kliverses qui décident de la durée des constructions et du mode de leur exécution. Dans les contrées où la chaux est abondante et de bonne qualité, les édifices durent des siècles sans avoir cependant exigé des dépenses ruineuses. On peut y construire, môme pour les habitants les plus pauvres, des demeures salubres, peu exposées aux incendies ; d'une solidité à

répreuve des ouragans, des pluies dituviales et des débordements. C'est par de telles applications que Ic^ travaux des ingénieurs, des chimistes, méritent surtout de fixer l'attention des pouvoirs publics et des législateurs. Arrêtons un moment nos regards sur cette phase de la question ; cherchons à évaluer en nombres les services que, sous ce rapport, M. Vicat a rendus à son pays,

C'est à Paris que les procédés de M. Vicat reçurent d'abord une vive impulsion par les soins de M. Bruyère; c'est à Paris que nous trouverons une première évaluation des économies que ces procédés ont amenées.

Avant 1818 , les travaux hydrauliques de la capitale étaient presque tous exécutés en plâtre ou avec de la chaux grasse. De là, de nombreuses et très -coûteuses réparations annuelles. Depuis 1818, date des premières publications de M. Vicat, on a eu recours à la chaux hydraulique. C'est la chaux hydraulique qui donnera aux constructions nouvelles une durée à peu près indéfinie.

La même solidité aurait été obtenue avec de la chaux de Senonches; mais la chaux de Senonches, rendue à Paris, coûte de 80 à 90 francs le mètre cube , tandis que la chaux provenant des carrières à plâtre , cette chaux que, avant les recherches de M. Vicat, on jetait dans les décharges , vaut environ 40 francs. Cette différence de prix , appliquée au volume de 37,000 mètres cubes de chaux que les ingénieurs de Paris ont employés, de 1818 à 1841 , à la construction des égouts, des réservoirs d'eau , des canaux , etc. , correspond à une économie de plus de 1,500,000 francs.

Un des membres de votre commission dirigeait une

partie des travaux de Fenceinte continue de la capitale. Il s'est empressé de mettre sous les yeux de ses collègues des tableaux détaillés, desquels il résulte, avec une entière évidence , que , dans la seule chefferie de Belleville , pendant les années iS&O , &1 , ft2 , AS et && , une économie de plus d'un demi-million a été la conséquence de l'exploitation d'une certaine chaux trouvée sur place, dont on n'aurait certainement fait aucun cas avant les savantes publications de M. Vicat.

Nous passerons maintenant à des tableaux où les économies, résultant inunédiatement des recherches du célèbre ingénieur , se présenteront sur une bien plus grande échelle.

1* Relevé des écluses et barrages construits en France^ en vertu des lois du 5 août 1821 et du ik août 1822.

Noms des canaox.

Du Rhône au Rhin...,

De la Somme

Des Ardennes

De la rivière d'isle. . .

D*Aire à la Bassée....

De Bourgogne

De Nantes à Brest...

D'Isle-et-Rance

DuBlavet

D'Arles à Bouc

Du Nivernais

Du Berry

Latéral à la Loire. . . . De la rivière du Tarn, Deroise

Nombre

Nombre

d'écluses.

des barrages.

ti9

AS

Total 10/^9 83

WQ CHADK ET IfORTIBRS HYDRAULIQUES.

2* Écluses et barrages des canaux entrepris en vertu des lois des & juillet 1838 et S juillet 18&0.

D'autre part. . . iOhQ D'autre part. 83

De la Marne au Rhin i80

Latéral à la Garonne 50

Perfectionnements de navigation en rivière.

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