Partie latérale à la Marne iU
Charente 10
Dordogne 9
Tarn 6 6
Lot 30 ft7
Totaux 13/i8 136
Autrefois une écluse ne pouvait être solidement fondée que sur des grillages en charpente avec épuiseoients. On la bâtissait en totalité avec de la pierre de tailte ; encore, après toutes ces précautions, était-elle sujette à de fréquentes dégradations par la détérioration des mortiers de r intérieur des maçonneries. A raison de ce mode de construction , à raison surtout des épuisements , certaines écluses coûtèrent jusqu'à trois cent mille francs. En moyenne, la dépense n'était pas au-dessous de 100,000 francs. Aujourd'hui , grâce à la suppression des épuisements, des bâtardeaux, etc. , grâce à l'emploi de petits matériaux que permet la chaux hydraulique, ce prix varie entre 38,000 et 50,000 francs. L'économie mininum par écluse est donc de 50,000 francs, et sur les 1340 écluses^ de 67 millions.
Un barrage en rivière coûte , à cause de la largeur du lit et de quelques difficultés apédales , autant que plu-
sieurs écluses ; nous admettrons , en moyenne , que chaque barrage vaut deux écluses ; à ce compte , les cent trente-six barrages cités représenteront une économie de 13,600,000 francs.
Nous ne pouvons rien donner d'aussi précis , faute de documents, sur les travaux hydrauliques appliqués au perfectionnement de la navigation des rivières , consistant en barrages isolés, en barrages à pertuis, en épis, etc. ; mais on conçoit sans peine , d'après ce qui précède , que ces constructions ne sauraient figurer dans ce résumé, pour une économie de moins de 20 millions.
Dans les travaux en projet destinés à compléter le système de navigation intérieure, on compte 910 écluses et àl barrages. En appliquant ici les chiffres précédemment établis , on arrive pour ces futurs travaux à une économie de &9 millions.
â* Grands ponts en pierre de taille; ponts moyens
et autres.
Pour établir une comparaison suffisamment exacte entre ce que coûtaient les ponts fondés par caissons et pilotis, et ce qu'ils coûtent aujourd'hui par la fondation en bétonnement, il faut prendre une unité de comparaison mdépendante du nombre et des dimensions des arches et de leur largeur. Ce sera le mètre carré de surface comprise entre les parapets que nous choisirons.
En procédant ainsi , on a trouvé pour les ponts à caissons et pilotis dans lesquels la substitution de la nouvelle méthode à l'ancienne eût été possible, que le mètre carré a coûté en moyenne 1 ,ftl2 francs.
Or, pour les ponts placés dans des circonstances toutes pareilles sur des fleuves ou rivières à grands débouchés, mais fondés par bétonnement, le mètre carré a coûté en moyenne 625 francs. Le rapport de la dépense ancienne à la dépense nouvelle est de 100 à &7. A ce compte, un pont fondé comme celui d'Iéna ou de Sèvres, coûtant moyennement 2,600,000 fr. , un pont semblable, fondé suivant la nouvelle méthode , ne coûtera que 1,222,000 francs. Partant, Téconomie par pont sera de 1,378,000 francs. Depuis 1818, il y a eu dix>neuf grands ponts semblables fondés par bétonnement, ce qui représente une économie de 26,182,000 francs.
Si des grands ponts nous passons aux ponts moyens de 15 à 20 mètres d'ouverture pour chaque arche , nous trouvons qu'il faut en porter le nombre à trente. Chacun, toute proportion gardée, offre une économie de 235^000 francs, ce qui fait pour les trente, 7,050,000 francs.
Quant aux ponts d'une seule arche de 15 à 20 mètres d'ouverture, il en a été construit plus de mille, dans l'intervalle de vingt-cinq ans, tant sur les routes royales que sur les routes départementales. Pour chacun de ces ponts, l'économie moyenue résultant de la suppression des épuisements et du remplacement de la pierre de taille par le béton dans la fondation, s'élève à 25,000 francs. Le total est de 25 millions.
V Ponts suspendus.
A la date du 1'' juillet 18&â, il avait été concédé 327 ponts suspendus, ayant une, deux, trois et quatre travées. Afin de rester au-dessous de la vérité dans nos
calculs, nous ne compterons que 927 travées de 100 mètres chacune, coûtant 100,000 fr. Déduisant de cette somme 30,000 francs, prix du tablier et des moyens de suspension , il reste 70,000 francs pour les fondations et la maçonnerie. L'expérience ayant montré que, pour les ponts comme pour les écluses, la dépense a baissé de plus de moitié, il y aurait lieu de faire ici une réduction encore plus considérable. Toutefois , nous ne compterons que moitié, ce qui donne pour économie le montant de la dépense actuelle , ou 22,890,000 francs.
5* Récapitulation. — Économies faites sur
la construction :
Des écluses 67,350,000 fr.
Des barrages adjacents 13,600,000
Des barrages isolés, épis, etc. . . . 20,000,000
Des grands ponts 26,182,000
Des ponts moyens. 7,050,000
Des ponts d'une seule arche 25,000,000
Des ponts suspendus 22,890,000
Total.... 182,072,000 fr.
Les économies qu'on n*a pu apprécier faute de documents suffisants, portent:
P Sur les ponts en bois ou en fer soutenus sur piles en maçonnerie ;
2* Sur les ponts d'une seule arche de 6 à 10 mètres d'ouverture ;
&" Sur les quais, digues et bassins, etc., à la mer ;
4* Sur les fondations des édifices particuliers et publics des villes ;
5*" Sur les travaux militaires.