CONCLUSION
i!.Ii#;aetfiit 9U8SLjenQuyeux quHautilc de, vouloir relever davantage ie$, terreurs de fait e^ Iqs faux rai^Qnpeme^s desi écrivains politiques qui cherchent à faire cadrer la Constitur tion anglaise! avec leurs théories. Cette .Ç.où^ stitution , la . meilleure , à tout prendre « qui ait jamais existé, n^est. qu'un ensemble d!u*
sages perfectionnés par le temps. Ces usagés ont été harmonisas de;. temps en temps, par des lois positives ; mais les. Aaglais se gardent bien d'en abroger aucun dont ils puissoAt.lirer
Ta^antage le plus léger. La Consiiiulion anglaise n^cst pas écrite sur du papier ; elle est gravée dans le cœur de tous les Anglais. Ce n^est pas une charte faite par des philosophes « qui ne peuvent jamais prévoir Teffet de leurs combinaisons , c'est une langue politique inventée par la raison instinciipe heureusement dirigée, et ensuite polie et perfectionnée par de sages grammairiens. Comme des mots et des. IcK^iition^ 4'uiie.^ngue vivante cessent peu à peu d'être employés , ea continuant toujours de faire partie des dictionnaires , de même plusieurs des usages politiques des Anglais ont subi des modifications graduelles , et quelques uns sont tombes totalement en désuétude, sans que ces changemens aient été marqués dans léurèr Irrres de droit public. Autant vouloir apprendre une langue vivante , par la seule étude de «on vocabulaire , [que de prétendre connaître la Constitution politique des Anglais en lisant ce qu'on peut appeler leurs dictionnaires politiques. La grammaire de leur langue politique 9 si je peux m'exprimer ainsi ^ est res« lée la même depuis quelques siècles ; mais les mots et les tours de cette langue ont varié continueUement dans leurs acceptions.
La Constitution de VAnglcterrc paraît extérieurement la même depuis plus de' qi^âtrè siècles , et cependant elle n'a pas cc^^se, pendant eetle longue jpériodé , d'éprouver dé^ modificatiôhsv La révofufîoh tnéme de t688, qu'on a prétendu Tavoir fttéé pour toujours,^ n'était, quant aux nouveaux prihtipes établis alors, quf'un' ctiailgeméhl dé plus 'amené par les circonstances ; et quoi qu'en dîseiit les partisans outrés de cette révolution 3^ Cbristiiution, dans bien des pdrhts ïniportains , n^est pas réellement la même aujourd'hui qu'à cette époque (49). Ilstetaible qù*eHe^ a atteint , dépui^ quelque temps, le plus haut degré' de perfection dont elle c*st sùisCeptîbW \' et que , comme toqtes tes <ih oses 'humaîheslàrrïvées à lieur point de apletidedi*, "élfë\iepotiri:^â*j)lus'que dégénérer. Il est impossiWè^ Bi prl^Voîi* ni sa durée dans son état actuel , ni les chàngemens nouveaux que le temps lui fera éprouver.
Quant à sa forme extérieure, elle peut durer long-temps après que l'esprit vital qui l'anime aura cessé d'exister; et les Anglais des siècles à venir se vanteront peut-être de la stabilité de leur Constitution , quand elle ne ressemblera que de nom h celle que nous admirons aujourd'hui (5o).
Les imitateurs de cetle Constitution ne feront jamais rien de hon s^îls se contentent d'en copier les traits extérieurs. Pour obtenir une véritable ressemblance, il faut qu^ils par- Tiennent à vivifier leurs froides copies du même esprit qui anime l'original.
Il peut y avoir, il est vrai, d'autres combinaisons que celles qui existent en Angleterre, pour concilier une représentation nationale avec une monarchie héréditaire, et le pouvoir du monarque avec la liberté politique des sujets ; mais l'expérience des siècles ne nous les a pas encore fait connaître ^ et les amis des lumières nouvelles , en morale et en politique , ne peuvent trop savoir gré aux peuples qui veulent bien se prêter à des expériences dont les résultats serviront à Finstruction des races futures.