‹ Vues d'Amerique, ou, La nouvelle jouvenceChapitre 6 sur 8 · LA TOUH DU TITAN · texte numérisé non relu

LA TOUH DU TITAN

clie; ils expédient de la vapeur détendue pour tiédir l'atmosphère des bureaux; ils ventilent tous les étages ; ils distribuent la force nécessaire aux eleoators. C'est une importante usine vouée aux soins du ménage. Quatorze ouvriers paisibles veillent sur les dynamomètres, huilent les rouages, raccordent les courroies de transmission, manient les leviers, épient les indications du tableau électrique, et le feu dos lampes-témoins.

L'Auditorium de Chicago, est encore un merveilleux « égratigneur de ciol ». Un théâtre^ une chapelle protestante, une salle de concert, des boutiques diverses s'ajoutent, dans ce même hfitiment, à l'hôtel. Il y a une tour pour la vue sur le vaste Michigan gris, sur la cité où se suivent, dans les abîmes des rues, à mi-hauteur des façades, au long du viaduc, les wagons du chemin de fer aérien, tels de fabuleux coléoptères lourds, rapides, obstinés. Vers le sud, la ville s'effile eiî vapeurs. Indéfinie, elle semble, contre les eaux de l'est, ainsi qu'un mirage brumeux et doré par le soleil vague. Les cris imprimés des affiches, leurs imagos géantes paraissent et s'évanouissent, selon le caprice des fumées qui noient aussi le firmament blanc. Une tour fut construite exprès pour que cette

apothéose fat adorée, à l'heure crépusculaire^ par les voyageurs. L'annexe voisine de cette auberge, et non moins considérable, renferme une sorte de salle qu'on croirait pompéienne. Des colonnes trapues et polies soutiennent la mosaïque du plafond que colorent les tons changeants et discrets d'une fontaine lumineuse épanchée dans la piscine. Des poissons rares y frétillent, se pourchassent. C'est une majestueuse pièce, pleine de silence et de fraîcheur. Les parois de marbre sombre reflètent la méditation de robustes messieurs au teint rose et aux membres d'athlètes, coiffés de feutres neufs. Derrière leurs journaux déployés, ils calculent. Byzantin par ses cintres larges et surbaissés, ses pilastre de marbre vert, ses murs luisants, le grand hall de l'hôtel les reçoit vers cinq heures. En de gros ballons de soie pourpre, l'électricité s'irradie vers ces fronts brillants et ces gestes désinvoltes. Les confidents se carrent dans les divans de cuir vert. Les causeurs croisent leurs jambes et lèvent haut le soulier. Nutète, des dames austères jasent sous les tableaux historiques éclairés par des rampes spéciales. A son *corrT)toir, la télégraphiste compte les mots des dépêches. Partout les téléphones vibrent. On écrit debout sur des pupitres circulaires. Des

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